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Culture : Le coup de bill’art du Soir
Décadence


Par Kader Bakou
Ciel, un arc-en-ciel ! Mardi, il était bien visible au-dessus du port d’Alger, à partir du square Port-Saïd. Comme d’habitude, les gens passent l’air maussade, sans s’arrêter pour admirer ce merveilleux cadeau de Dame Nature. Seuls deux hommes apprécient ce beau, rare et éphémère spectacle naturel. Ils sont de type asiatique, certainement des Japonais. Les deux Asiatiques, à l’aide de tablettes, filment et prennent des tas de photos de l’arc-en-ciel au-dessus de la baie d’Alger. Les Algérois semblent trop occupés par «la chasse à la femme» pour apprécier la beauté de ce spectacle air, mer et arc-en-ciel. Justement, l’un d’eux traverse précipitamment la chaussée à la poursuite d’une belle fille aux longs cheveux d’ébène qui passe de l’autre côté du trottoir, près du square Port-Saïd. Bon, pourquoi parler de lui ? Parlons plutôt du square.
Les photos d’Alger avant 1962 ont détrôné les tableaux d’Alger avant 1830. Aujourd’hui, on voit partout, dans les cafés, les restaurants, les magasins, etc., les agrandissements de photos d’Alger «durant la période coloniale» ou de «l’Algérie française», une définition qui diffère selon la vision politique de chacun. Certaines montrent le square Bresson, l’actuel square Port-Saïd. Des Européennes aux longues robes et chapeaux sur la tête s’y promènent accompagnées de leurs enfants. Au milieu du square se trouve un kiosque à musique. La végétation est tellement dense que l’endroit ressemble plutôt à un bois.
Dans les années 1970, le square devenu Port-Saïd était encore beau et fréquentable. Au crépuscule, des milliers d’oiseaux viennent pour passer la nuit sur les arbres (palmiers, mûriers, lataniers…) tellement nombreux que leurs hautes branches s’entrelacent. De loin, le passager entend leurs gazouillements, semblables à un doux murmure céleste.
Aujourd’hui, le square Port-Said a perdu sa beauté, son enceinte métallique, ses statues en bronze, ses bambous et même l’eau de sa fontaine semble tarie. Sa verdure a presque complètement disparu et le nombre de ses arbres a considérablement diminué. Le square, situé à quelques mètres du TNA et du Sénat, est devenu infréquentable.
C’est cette mentalité qui empêche les gens d’apprécier la beauté d’un arc- en-ciel et qui les pousse à harceler continuellement les femmes dans la rue, qui est responsable de la décadence et de la déchéance du square Port-Saïd, autrefois un lieu de promenade, de repos et de détente.
K.  B. 
[email protected]

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