Samedi 21 février 2015
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La saison du courage est ouverte !
Bonne chasse !

Par Hakim Laâlam  
Email : [email protected]
Remaniement ministériel. Malgré son imminence, rien n’a
encore filtré du bureau du président…

… du FCE !

Hum ! Hum ! S’apprêterait-on à ranger le fauteuil roulant dans la remise et à mettre enfin au repos son occupant ? Pourquoi je me pose cette question ? Parce que, coup sur coup, je découvre les confessions de l’ancien patron de Sonatrach, en passe de pointer devant la barre pour le scandale de ce que vous savez, et qui charge sabre au clair Chakib Khelil, agitant son épée encore plus violemment vers une cible qu’il qualifie pudiquement de située «plus haut». Je n’ai pas encore terminé la lecture de sa bordée puissante que je découvre cette autre charge tout aussi vigoureuse, sinon plus de Tata Louisa contre le châtelain chéri avec cette sentence terrible dans sa belle bouche : «Bouteflika n’a pas tenu ses engagements.» Je n’ai pas encore complètement apprécié la saillie de Hanoune que voilà mes oreilles happées par un journal d’un média public qui fait le point sur l’instruction de l’affaire Saipem en Italie, citant à plusieurs reprises, sans aucun complexe, le nom de Chakib Khelil comme acteur pas très net dans cette nasse à crabes aux pinces dorées. Ma télé que je viens à peine d’éteindre est encore chaude que je tombe sur un aveu de taille. Celui de l’ancien patron de l’APN, le respectable professeur Ziari, qui reconnaît que le retrait de la loi criminalisant le colonialisme français est le résultat direct d’une injonction encore plus directe de… Bouteflika ! Jusqu’au ministre des Moudjahidine qui, après avoir canardé l’ancien leader du RCD à la radio, fait marche arrière et jure qu’il «n’a pas accusé Saïd Sadi». Historique ! ça commence à faire un peu, beaucoup, passionnément, à la folie… En gros, j’entendrais presque les grincements du fauteuil poussé dans le dos vers le placard. Comme un mouvement d’ensemble. Comme un ballet réglé à la note près. Comme une course au «courage spontanément suggéré» et dont le top départ aurait été donné ces dernières heures. La curée, quoi ! Fondamentalement, sur le résultat attendu, je n’ai pas de gros regrets à voir ainsi le fauteuil remisé. Reste tout de même ce petit pincement au fond de mon cœur. Comme à chaque fois que je constate que le «courage» en Algérie se siffle aussi, se commande, se télécommande et se planifie. Enfant, je pensais le courage esprit chevaleresque, accroché à la queue du cheval de l’Emir et frémissant à la pointe de la barbe. Celle de l’Emir, bien sûr. Depuis, j’ai grandi, pas très loin d’ailleurs de cette statue, sur une avenue baptisée du nom d’un autre grand courageux, Larbi Ben M’Hidi et, en grandissant, j’ai hélas appris que le courage contemporain en Algérie obéissait à un agenda, un planning des alcôves. Snif ! Snif ! Allez ! Pour me consoler devant mes rêves et croyances d’enfant qui foutent le camp, je fume du thé et je reste éveillé, le cauchemar continue.
H. L.

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