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Actualités : ELLE A MARCHÉ MALGRÉ UN DISPOSITIF SÉCURITAIRE SANS PRÉCÉDENT À ALGER
Opposition : pari réussi


On la savait pays des paradoxes, mais hier mardi, l’Algérie offrait une autre image surréaliste, à travers le dispositif sécuritaire sans précédent déployé dans la capitale, juste pour empêcher l’opposition de tenir son sit-in en signe de solidarité avec le mouvement anti-gaz de schiste né au sud du pays.

M. Kebci - Alger (Le Soir)
Surréaliste parce qu’à travers cet impressionnant déploiement des hommes à l’uniforme bleu tout autour de la Grande-Poste et même au-delà, l’on a voulu faire croire officiellement qu’il s’agissait d’encadrer des festivités commémoratives du double anniversaire du 24 Février, celui de la création de l’UGTA et celui de la nationalisation des hydrocarbures. Car dans les faits, il s’agissait de voiler l’opposition qui projetait de tenir un simple sit-in de solidarité avec le mouvement anti-gaz de schiste né dans le sud du pays au début de l’année en cours.
«Piège» que les membres de l’Instance de concertation et de suivi de l’opposition (ICSO) ont vite fait de «flairer» et décident tôt d’une réunion d’urgence, selon le président de Jil Jadid qui nous a fait part, vers 9h30, d’un conclave d’urgence de l’ICSO au siège du mouvement Nahda, au Télemly.
Ceci quoique quelques minutes avant, le président du RCD avouait, d’ores et déjà, sa «satisfaction» que l’opposition ait «contraint» le pouvoir à mobiliser autant de policiers pour un simple rassemblement, lui qui affirmait ne pas avoir été étonné par cette attitude musclée. Et il a fallu quelques minutes seulement pour que les Mohcine Belabbas, Abderrazak Mokri, Soufiane Djillali, Ahmed Benbitour, Mohamed Dhouibi, Salah Dabouz, Karim Tabbou et autres Ali Benflis, Noureddine Bahbouh, Mostéfa Bouchachi, décident de marcher sur la Grande-Poste.
Ils ne l’atteindront certes pas comme ils l’auraient souhaité mais ils réussiront, admirablement, à «gâcher» cette fête qui sentait le faux, car, comme le laissait entendre le commentaire d’une dame qui s’apprêtait à sortir de la cage d’escalier de son bâtiment. «C’est la première fois que le 24 Février est célébré de cette manière, pourquoi tous ces policiers ?»
C’est ainsi que les présidents du RCD, du MSP et le secrétaire général du mouvement Islah et leurs collaborateurs seront sérieusement malmenés, au moment où Me Salah Dabouz, de la LADDH, dénonçait un agent en civil qui le suivait de près depuis un bon moment. Et à l’ancien premier secrétaire national du FFS, Karim Tabbou, en attente d’agrément pour son nouveau parti, de commenter ces scènes : «Ainsi, le pouvoir donne la preuve qu’il est en fin de règne». «C’est un jour historique sur tous les plans. On a détruit le mur de la peur. On a réussi à faire sortir des dizaines de milliers de policiers», renchérira, pour sa part, Mokri que les policiers ont tenté de détourner de sa direction, le siège du bureau régional du RCD situé à la rue Didouche-Mourad.
A ce moment-là, un homme d’un certain âge, visiblement un habitué des manifestations de rue, ironisera : «C’est un bon signe puisque le président du MSP se fait malmener de la sorte, lui dont le parti a de tout temps évolué au cœur du pouvoir».
Et de poursuivre pour tranquilliser une femme, la soixantaine, qui exprimait son immense déception quant à la non-implication citoyenne suffisante dans cette manifestation : «Ce n’est qu’un début. Qui a cru que l’opposition des divers bords se retrouve autour de l’essentiel, le recouvrement des libertés, toutes les libertés ?» soutiendra-t-il d’un ton déterminé.
Quelques instants après, l’ex-chef du gouvernement Ali Benflis, entouré de ses proches collaborateurs, dont l’ancien ministre des Affaires étrangères, Ahmed Attaf, rejoindra ses pairs de l’ICSO sur le balcon du siège du bureau régional du RCD qui donne sur la rue Didouche-Mourad, grouillante de monde. Il était question, dans un premier temps, d’une prise de parole avant que l’on se ravise et opte pour un point de presse.
C’est ainsi que l’on saura de Belabbas qu’une cinquantaine d’arrestations ont été enregistrées dont une quinzaine à Boumerdès ayant touché même des membres des directions des partis de l’ICSO.
Cette dernière devra tenir un sommet aujourd’hui, pour faire le bilan des actions de cette journée.
M. K.

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