Samedi 28 février 2015
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The Voice ! La Voix !

Par Hakim Laâlam  
Email : [email protected]
Abdekka : «Le gaz de schiste est un don de Dieu». Avec toi…

… Dieu ne nous a pas fait que des
cadeaux !

Il s’appelle Mohamed Ali Boughazi. Il est conseiller de Abdekka. Et il est surtout sa… voix. C’est ce monsieur qui lit tous les discours que le châtelain daigne nous adresser, mais pas au point sonore de nous les lire lui-même. En gros, et pour faire court, nous avons un Président. Mais il est sans voix. Donc, il a recours à un conseiller. Qui lui a une voix. Qu’il prête «bien volontiers qu’il peut pas faire autrement» à Boutef’. Avec ce dispositif unique au monde, que personne d’autre sur terre ne peut se targuer d’avoir, et dont nous devrions vite déposer le brevet avant qu’on nous pique l’invention, nous avons appris un truc inouï : écouter un mec lire un texte, en essayant de toutes nos forces mentales d’imaginer, de nous représenter les traits d’un autre mec, derrière, celui qui lui a ordonné de lire ce texte. ça peut sembler extraordinaire, voire vachement ardu pour un étranger. Mais nous, ici, avons appris à le faire. Et il est devenu banal dans nos foyers d’entendre ce genre d’échanges : «Messaoud ! Viens voir ! Y a le président de la République qui s’adresse à nous.» Et Messaoud déboule dans le salon illico presto, parce qu’il l’aime sa Messaouda et qu’il ne peut rien lui refuser, jette un œil sur l’écran, voit Mohamed Ali Boughazi en train de lire un discours et lâche en pleine extase : «Purée ! Qu’est-ce qu’il parle bien notre raïs !» Vous vous dites, le divan ne doit plus être très loin. Le papillon aux ailes déployées, dessiné à l’encre de Chine sur une feuille 21/27 non plus ! Ben non ! Pas de divan. Encore moins besoin de psy. Les choses continuent ainsi sans que la rosée du matin ne s’en émeuve au point de s’en épancher aux géraniums ! «Nourmal khouya !». Pourquoi d’ailleurs s’émouvoir ou vouloir chercher l’anomalie ? Ne sommes-nous pas allés en masse – selon les chiffres officiels – voter la dernière fois pour un président flirtant avec les 80 ans, juché sur un fauteuil poussé par un réanimateur, et que les affiches de campagne représentaient pourtant à l’âge de 30 ans ? On l’a fait, n’est-ce pas ? Bon ! Donc, il faut aussi admettre comme naturel qu’un homme, Mohamed Ali Boughazi, brillant monsieur au demeurant, ait ainsi sacrifié le timbre de sa voix, et l’enveloppe avec, au profit exclusif d’un autre homme. Y a qu’un machin qui pourrait être gênant. A la maison, lorsque Mohamed Ali Boughazi rentre le soir et demande un café, que lui répond la maisonnée ? Naâm Sidi Erraïs ? Je fume du thé et je reste éveillé, le cauchemar continue.
H. L.

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