Dimanche 5 avril 2015
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Culture : Thème d'une conférence de Maâmar Farah à Chlef
«Apulée et Saint augustin, des berbères illustres au rayonnement universel»


C'est la deuxième fois que le fondateur des quotidiens Le Soir d'Algérie et Horizons se produit au café littéraire du centre de loisirs Mohamed-Nasri présidé par Mohamed Boudia inlassable militant de la culture. Maâmar Farah a choisi de parler de ces personnages «pour réparer une injustice vis-à-vis de l'histoire de notre peuple qui restera tronquée tant que nous continuons à ignorer le fondement de cette civilisation, les traits essentiels de son génie à travers la vie de ces grands hommes, fils légitimes de la Numidie reconnus mondialement et qui ont façonné la pensée universelle».

Le conférencier se désole de constater que ces hommes sont l'objet de recherches et leurs œuvres décortiquées dans les plus prestigieuses Facultés de tous les continents alors que dans leur pays, c'est l'ostracisme total. Ce mépris révoltant et perceptible lorsque n'importe quel élève de collège ou de lycée interrogé ignore tout de ces génies. Ils ne connaissent que l'histoire de notre Révolution enseignée d'une manière maladroite et approximative. Même les gens de la région ne savent rien de Madaure, d’Apulée premier romancier de l'histoire avec son ouvrage L'âne d'or (qu'on appelle actuellement M’daourouche issu du mot latin Madoros).
Aucune sortie vers ces ruines n'est organisée alors que ce fut la deuxième Université après Carthage où ont étudié de grands penseurs, philosophes, mathématiciens, astronomes parmi lesquels on peut citer Maximilien, illustre grammairien qui a eu une correspondance soutenue à propos de la religion avec Saint Augustin. On peut citer aussi Martianus Capella qui a donné son nom à un cratère sur la lune. Pour faire revivre ces hommes de Numidie, salués par Voltaire, il serait judicieux d'inclure leur enseignement dans les programmes scolaires, donner des facilités aux cinéastes, hommes de culture pour immortaliser ces parcours lumineux et montrer aux générations montantes des exemples de réussite universelle.
Maâmar Farah cite cet exemple du lycée de Madaure auquel les autorités refusent de donner le nom d'Apulée au motif qu'il n’était pas musulman.
Le conférencier nous apprend que les ruines de Madaure sont livrées au pillage et à la dégradation dans l’indifférence totale, alors que des milliers de pèlerins les visitent. Aucune infrastructure hôtelière n'est érigée dans cette région alors que la présence fréquente de touristes venus de Tunisie avec des tours opérators ne rapportera rien à la ville. On constate ainsi une volonté délibérée de confiner notre histoire dans une période bien déterminée, privant ainsi «les générations montantes de saisir toute sa profondeur qui plonge ses racines dans les temps les plus reculés. L'islam et l'arabe sont, certes, deux éléments fondamentaux de la culture nationale. Ils ont façonné notre identité et il serait inopportun de les renier car ce serait renier l'histoire de ce peuple. Mais cela ne doit pas se faire au détriment de l'amazighité qui est l'origine, la base, le fondement, l'identité authentique de ce que sont Apulée et Saint Augustin qui sont les représentants affirmés de cette culture et de cette civilisation». L’intervenant fera part à l'assistance que la colonisation voulait faire croire qu'Apulée et Saint Augustin n'étaient pas les fils de la Numidie mais des enfants de la colonisation romaine. «Saint Augustin et Apulée ont écrit en latin.
Ce fut le meilleur moyen d'exprimer l'âme berbère, ses tourments, ses luttes, ses espoirs et de les faire connaître. C'était aussi le meilleur moyen d’accéder à l'universalité.» L’invité ne tarira pas d'éloges pour «les organisateurs de ces rencontres hebdomadaires qui sont de véritables oasis de fraîcheur intellectuelle. Les idées semées ça et là par M. Boudia et ses amis comme des germes prometteurs donneront à coup sûr leurs fruits».
Medjdoub Ali

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