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Culture : Musique algérienne traditionnelle
Chers instruments !


La musique algérienne, dans toute sa diversité, possède ses spécificités, donc ses instruments propres, comme l’imzad ou le guembri. Les musiciens chaâbi ont «nationalisé» le banjo américain. Les troupes de musique andalouse utilisent différents instruments de musique à cordes comme la kouitra, le violon ou le qanoune. Tout cela aurait dû encourager les petits métiers liés aux différents genres musicaux algériens traditionnels.

La lutherie est la fabrication d'instruments de musique à cordes. En Algérie, la lutherie est, selon les professionnels, un métier en voie de disparition. Hassan Boukli, musicologue algérien et l’un des derniers luthiers en Algérie, déplore :«la lutherie est un métier qui tend à disparaître en Algérie». Il insiste sur l’importance de sauvegarder cette profession, car, explique-t-il, «la lutherie est un métier qui en renferme sept autres». Il regrette, en outre, qu’en Algérie on importe le luth, car sa fabrication est coûteuse. La matière première nécessaire à la fabrication des instruments de musique manque, d’où la nécessité d’importer les bois. Il y a également des difficultés à trouver des cordes et des accessoires de qualité. Les instruments de musique, importés le plus souvent de pays asiatiques, ne sont pas soumis à une réglementation appropriée qui assurerait la protection du produit artisanal algérien.
Le mandole est un instrument de musique qui n’est plus utilisé qu’en Algérie. Ailleurs, c’est «un instrument de musée», selon le musicien et compositeur Mohamed Rouane. Apparenté à la mandore, ancêtre européenne de la mandoline, cet instrument est apparu dans les années 1930 à Alger. En 1935, El Hadj M'hamed El Anka dessine le plan de l'instrument et en confie la fabrication à Jean Bélido, professeur de musique et artisan luthier italien de Bab-El-Oued. Le musicien et chef d’orchestre chaâbi Boudjemaâ Fergane, un enfant de Bab-El-Oued, lui aussi, a déclaré un jour qu’il a été présent à la rencontre. Bélido, après avoir bien regardé El Anka, lui avait dit : «je vais vous fabriquer un instrument de musique grand comme vous». L’histoire de l'invention de la mandole est également rapportée par El Anka lui-même dans un entretien avec l'écrivain Kateb Yacine, vraisemblablement réalisé dans les années 1960.
Pour Kamel Ferdjallah, professeur de musique et élève d'El Anka, le «Cardinal» voulait d'un instrument dont «le son résonnerait, autant que sa propre voix, pour être entendu au-delà des maisons de La Casbah». El Anka avait eu l'idée, affirme-t-il, de dessiner un instrument plus grand que la demi-mandole (version agrandie de la mandoline) au son «trop aigu et peu amplifié», utilisée, jusqu'à alors, dans les orchestres andalous. Le Cheikh voulait aussi «se démarquer» de l'orchestration de l'andalou, mais surtout «affirmer sa personnalité algérienne» à l'époque coloniale en s'accompagnant d'un instrument unique en son genre, estime M. Ferdjellah. Le mandole va gagner d'autres genres comme la musique kabyle, avec notamment Cheikh El Hasnaoui et plus tard, Matoub Lounès. Fabriquée par Rachid Chafaâ pour Takfarinas, la mandole électrique à double manche reste la version la «plus spectaculaire».
Le mandole a donc le vent en poupe grâce à des musiciens comme Mohamed Abdennour, dit «P'tit Moh», Mohamed Rouane, l’ex-guitariste du groupe de flamenco Mediterraneo, devenu le pionnier du Casbah Jazz.
Les pratiques et savoirs liés à l'imzad, le violon monocorde du Sahara, ont été inscrits à la liste représentative du patrimoine culturel immatériel de l'humanité par l'Organisation des Nations-Unies pour l'éducation, la science et la culture (Unesco) le 4 décembre 2013. En attendant d’autres !
Kader B.

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