Lundi 4 mai 2015
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Et si tout ça s’arrêtait, que ferions-nous, mon Dieu ?

Par Hakim Laâlam  
Email : [email protected]
Au fait ! Comment s’appelle l’intervention française en Centrafrique ?

Pédo-Sangaris !

Un procès qui touche à sa fin, celui de l’autoroute Est-Ouest. Un autre qui s’ouvre aujourd’hui, celui de l’affaire dite «Khalifa Bank». Une banque qui chevauche une autoroute ! Que serait notre vie sans procès, hein, je vous le demande ? Heureusement que les services d’animation et d’activité ludiques rattachés au Palais s’emploient à meubler notre ennui mortel avec tous ces procès. Cet enchaînement d’affaires jugées, c’est bon pour notre moral, c’est bon pour combattre notre stress et c’est surtout excellent pour nos zygomatiques. Un homme qui rit, c’est déjà une baisse de son taux de triglycérides notable, donc la diminution certaine des risques cardiovasculaires qu’il encourt à cause des excès de graisse et de spleen accumulés. Alors, rions ! Rions ! Rions ! Il y a motif à rire puisque les affaires se succèdent à un rythme «festivalier». Ailleurs, partout dans le monde va s’ouvrir la saison des festivals d’été. Ici s’est déjà ouverte celle des procès de la saison judiciaire prêt-à-porter Printemps-Eté. Avec des constantes à la mesure du talent et du génie des grands couturiers qui grenouillent dans les ateliers du Palais : au procès Khalifa Bank, comme au procès de l’autoroute Est-Ouest et comme lors de tous les autres «retentissants» procès que l’on nous a servis, des noms de pointures, de ministres vont être criés à satiété, lancés à la volée dans les prétoires, mais jamais concernés, pas du tout inquiétés. On peut s’en étonner. Les étrangers s’en étonnent. Nous, non ! ça fait partie de notre patrimoine. N’oublions pas qu’un pan important de nos traditions de communication vient du «Berrah» et de son dérivatif naturel, le «Teb’rih». Amis touristes qui visiterez notre beau pays, appréciez à sa juste valeur la capacité que nous avons ici, soudain, sans raison apparente, sans avertir vraiment de nous mettre en transe en gueulant de toutes nos gorges des noms et prénoms de personnalités localement célèbres. Le spectacle vaut le déplacement. Mais il a beau être unique et captivant, ce spectacle n’arrive cependant pas à masquer ma crainte. Demain, ce régime finissant va enfin finir d’en finir. Comme le prédit mon ami Saïd, la vie va redevenir normale, c’est-à-dire non jalonnée de scandales interminables. Comment allons-nous faire sans procès ? A quoi allons-nous occuper nos si longues journées sans juges, sans demi-sel, sans fusibles et sans stars citées à la criée. Rien qu’à cette perspective mortelle, je m’ennuie déjà et mes triglycérides s’affolent à nouveau. Et je ne trouve d’autre palliatif à ma peur panique que de fumer du thé pour rester éveillé à ce cauchemar qui continue. H. L.

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