Dimanche 10 mai 2015
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Contribution : L’art de détruire

Par Nour-Eddine Boukrouh
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L’histoire que je vais vous raconter (pas celle de la grenouille, laissée à la fin) est authentique. Même si vous ne me croyez pas, vous ne sauriez ni ne pourriez récuser sa véracité, car une fois que vous l’aurez entendue, elle se diffusera en vous comme une lumière répandant ses photons dans tous les recoins de votre être ; réveillera en vous une histoire approchante ou éclairera sous un jour nouveau quelque chose de déjà vu, entendu, pensé ou fait à un moment ou un autre de votre existence.

Si vous tentez de la chasser de votre esprit, elle reviendra vers vous tel un boomerang, transpercera vos défenses et ira déposer au plus profond de vous-même sa vérité, car vous conviendrez qu’elle relève au moins du vraisemblable. Même si elle n’était pas arrivée, elle pouvait ou devait arriver comme quelque chose d’inscrit dans l’ordre naturel des choses. Et si vous poussez la dénégation jusqu’à l’autisme, c’est que vous la connaissiez et aviez tout simplement peur de la voir remonter à la surface. L’effet de surprise sera néanmoins amorti si vous avez lu Ferhat Abbas et que vous vous êtes arrêté aux témoignages de héros de la Révolution rapportés dans ses livres comme ces paroles de Larbi Ben Mhidi quelques semaines avant sa mort : «Lorsque nous serons libres, il se passera des choses terribles. On oubliera toutes les souffrances de notre peuple pour se disputer les places. Ce sera la lutte pour le pouvoir. Nous sommes en pleine guerre et certains y pensent déjà… Oui, j’aimerais mourir au combat avant la fin. »
Ou ces propos de Abane Ramdane à propos des chefs de l’armée des frontières : «Ce sont de futurs potentats orientaux. Ils s’imaginent avoir droit de vie et de mort sur les populations. Ils constituent un danger pour l’avenir de l’Algérie. Ce sont tous des assassins. Ils mèneront une politique personnelle contraire à l’unité de la nation. L’autorité qu’ils ont exercée ou qu’ils exerceront les rend arrogants et méprisants. Par leur attitude, ils sont la négation de la liberté et de la démocratie. Je ne marche pas pour un tel avenir…»
Le vœu de ces héros auxquels on aurait pu ajouter le nom du colonel Lotfi et de dizaines d’autres a été exaucé, puisque la Providence leur a épargné de connaître une deuxième colonisation, plus insupportable que la première, par le fait d’Algériens soi-disant patriotes mais dans la réalité plus cruels et immoraux que les pires ennemis de l’Algérie à travers l’Histoire.
Pour la paix de leur âme, ces héros n’ont pas connu ce que beaucoup d’Algériens ont subi sans même la possibilité de gémir car l’argument-massue a constamment été là, prêt à être utilisé comme une arme fatale ou un couperet de guillotine : «Ah bon ? Tu regrettes le colonialisme ?» Toujours le choix entre le mauvais et le pire, jamais entre le mauvais et le meilleur : colonialisme étranger ou despotisme criminel ; régime mafieux ou islamisme terroriste ; stabilité avec un Etat malade ou saut dans l’inconnu… Venons-en à l’histoire : un vieux pied-noir du nom de Célarié, mécanicien de son état et sur le point d’embarquer pour la France en juin 1962, avait voulu, dans un élan d’affection pour un apprenti algérien qu’il employait dans son garage, Rachid, l’emmener avec lui. Mais Rachid, songeant à sa mère et à ses sœurs qui vivaient de son labeur, déclina l’offre malgré l’insistance de son patron qui lui dit dans une ultime tentative : «Ecoute-moi, Rachid, il faut que tu viennes avec moi sinon tu vas le regretter toute ta vie. Tu veux que je te dise ce que va devenir ton pays ? L’Algérie va être une grande prison ; dehors ça va être la cour et chez toi ça va être la cellule ; mais à la différence de la prison, tu t’enfermeras tout seul…Tu sais, tes frères arabes quand ils font le bien, ils le font très mal ; mais quand ils font le mal, ils le font très bien.»
Propos racistes ? Ce serait trop facile et la ficelle a bien vieilli. A en croire l’ami qui m’a rapporté l’histoire, M. Célarié, militant communiste connu, vivait en symbiose avec la population algérienne locale. Il a prédit l’ère du parti unique, notre style urbain — nous nous enfermons bel et bien derrière des portes blindées, des fenêtres barreaudées ou des clôtures électrifiées — et dépeint notre comportement public, porté davantage à la malfaisance qu’à la bienfaisance publique. Ce dernier trait, il ne l’a pas prédit ; il l’avait vu. N’y est-on pas ? Dans la même veine, un proche de la famille de Malek Bennabi qui a assisté à la discussion m’a raconté que le penseur algérien, sur son lit d’hôpital à Paris, a reçu en juillet 1973, quelques mois avant sa mort, la visite d’un haut fonctionnaire algérien qui, faussement inquiet et hautain à souhait, lui a demandé : «De quoi souffrez-vous, Si Bennabi ?» Le penseur, dont l’Algérie du parti unique n’a édité que le tome 1 de ses Mémoires (L’Enfant), lui répondit : «De tes semblables» !
Le 1er décembre 1972, j’ai publié dans le quotidien El Moudjahid un article intitulé «L’art de détruire». L’Algérie indépendante avait dix ans et pourtant, je parlais déjà de son autodestruction sans que quiconque protestât. Est-ce à dire que la liberté d’expression était encouragée sous Boumediene et que le régime tolérait les critiques écrites contre les «responsables» ou les reproches d’«abus de pouvoir»? Du tout ! Un an plus tôt était sorti dans le même journal un article intitulé «Le bon, la presse et le truand» (24 novembre 1971), plus inoffensif, mais qui m’avait valu d’être convoqué chez le chef de la police d’Alger en personne, le très craint Salah «Vespa». Pourquoi alors ? Je crois, avec le recul, que personne ne comprenait de quoi je parlais, que tout le monde était persuadé que la montgolfière algérienne s’élevait irrésistiblement dans les sphères célestes vers le trône divin où elle allait prendre la place de Dieu et se reposer des œuvres et miracles réalisés sur la terre. Même aujourd’hui, je ne suis pas sûr qu’on le comprenne. (Début de citation de l’article) «Machiavel a écrit : “Un homme qui ne voudrait faire en toute circonstance que le bien serait anéanti parmi tant de gens qui ne sont pas bons. C’est pourquoi un prince qui veut se maintenir doit apprendre également à ne pas agir selon le bien.” En remplaçant ‘’prince’’ par ‘’homme’’, on parvient à la conclusion que dans un entourage où le mal est pratiqué, la conduite qui ne se réfère qu’à la droiture, l’honnêteté et la justice peut valoir inconvénients et mauvaise fortune à qui les fait siennes.
Si dans un pays, le nôtre par exemple, il se trouve que certains ne reculent pas devant les exactions pour parvenir à leurs fins, si d’autres desservent les intérêts de la nation par leur attitude, si un responsable dilapide ou sabote par son inconscience, s’il est des gens qui, pour préserver leurs avantages, vont à contre-courant de la marche révolutionnaire, alors chaque citoyen, chaque témoin, chaque observateur que de tels agissements révoltent doit, pour ne pas rester en laisse dans une course d’arrivisme, se préparer à faire autant à la faveur de l’occasion qui lui en offrira les possibilités et l’aubaine. Sans quoi il serait anéanti au milieu de tant de prévaricateurs… Au lieu de claironner au bien parmi tant de sourds, mieux vaut donner tête basse dans la mêlée des actes indélicats peut-être, mais payants. Mieux vaut inclure dans son arc l’idée du mal (celui-ci pouvant être synonyme de mauvaise foi, d’égoïsme, d’abus de pouvoir, de népotisme, d’inconscience professionnelle, d’absence de sens civique…), puisque celui-ci peut laisser entrevoir d’heureuses positions... Ainsi prend forme la méthode de détruire, se parfait l’art de se tirer d’affaire lorsque la mode est au ‘’savoir-faire’’ pour réussir socialement ou économiquement, et ainsi se développe l’esprit de faillite quand il est encouragé par une conception tournée vers le profit personnel et légitimée par des exemples concrets. Dans l’ordre du normal, le mal s’installe souverainement et se réclame de l’efficacité : ‘’De chacun selon ses capacités, à chacun selon ses besoins”.» (Fin de citation de l’article).
Ces extraits suffisent pour établir un parallèle avec la situation actuelle où la corruption, l’incompétence et le cynisme, autrement dit les formes que peut prendre l’art de détruire, sont déployés telles les voiles d’une caravelle majestueuse sur une mer étale. Cet art a pris des proportions sans précédent avec la montée du prix du pétrole qui n’était, au moment où j’écrivais, que de 2 dollars le baril ou moins.
La prophétie de M. Célarié en 1962, mon article de 1972 et ce que vous voyez de vos propres yeux en 2015 sont trois manières de résumer l’art de détruire appliqué à l’Algérie des Larbi Ben Mhidi, Abane Ramdane et Bennabi, du million et demi de martyrs, des deux cent mille morts de la décennie noire et des millions de pauvres et de chômeurs qui enragent devant l’étalage éhonté de prévarications et de provocations. Si la pensée de Machiavel repose sur le présupposition que le «prince» est crédité du bien et le «peuple» du mal, c’est le contraire que je soutenais dans mon
article : le peuple suit la religion de son roi. Notre pays a passé plus de temps dans son histoire occupé et colonisé que libre et souverain, principalement par la faute de ses dirigeants ; sa terre a plus souvent été arrosée par le sang de ses enfants que par les systèmes d’irrigation qu’il n’a pas construits ; sa révolution libératrice a été entachée de crimes fratricides, de mensonges et de faux et usage de faux ; l’ignorance, l’incompétence et la corruption ont, à de rares exceptions près, présidé à ses destinées ; il vit encore à ce jour sur une rente volatile, tout le monde le sachant mais continuant quand même à différer le jour où il faudra enfin commencer à construire sur du vrai, du solide et du durable ; toute éthique sociale, toute échelle des valeurs a été détruite ; personne ne croit qu’en ses intérêts ; presque tout le monde va à la mosquée la carpette de prière à la main, symbole du morceau de terre où se prosterner et du bout de ciel convoité.
Un pays sans vision globale de la marche du monde et de l’Histoire, sans pensée éclairant l’horizon, sans projet de société compatible avec le destin de l’humanité dans son ensemble, sans politique économique productive et compétitive, sans élite engagée dans la nécessaire réforme de l’esprit public pour le ramener sur la voie de la rationalité et du progrès, ne peut pas prétendre à un avenir mais doit s’attendre à un effondrement sanglant. Un pays qui n’est pas géré mais juste tenu, une économie concédée à la mafia, une société livrée au charlatanisme, sont condamnés au désordre et à la guerre civile. Que de fois n’a-ton vu cela à travers l’Histoire ? Si l’art de s’autodétruire nous est familier, que savons-nous de celui d’être détruit ? Notre pays, c’est une évidence, est très atteint en termes psychologiques et moraux et il sera très difficile de lui faire remonter la pente, mais ce n’est pas tout : il y a aussi le risque de destruction extérieur auquel il peut être confronté comme c’est arrivé à des pays de son niveau qui, même dans leurs pires cauchemars, n’ont pas imaginé se retrouver dans la situation où ils sont. Selon le fameux mot de Clausewitz : «La guerre est la poursuite de la politique par d’autres moyens.»
Mais comme il n’y a pas de politique qui ne comporte un substrat de pensée, on peut dire que la politique a toujours été et restera la continuation de la pensée par d’autres moyens. Ce qui nous conduit à la question : «Y a-t-il une pensée derrière la politique étrangère de l’Algérie ou n’est-elle, comme la politique intérieure, qu’un mélange d’arrière-pensées irresponsables du genre : ‘’Après moi le déluge’’, ‘’Hannini, nhannik’’ et ‘’Takhti râssi’’ ?» D’autant que nos dirigeants ont toujours fièrement soutenu que la première est le reflet de la seconde. Ce qui n’augure rien de bon.
Si nous ne connaissons pas nos vulnérabilités ou les dissimulons à l’opinion publique, les autres, concurrents et adversaires en puissance, les connaissent très bien et savent quoi faire le jour où notre tour viendra d’être déstabilisé ou dépecé. Je gage que les plans d’attaque sont dans les tiroirs de plusieurs états-majors militaires proches et lointains.
La spirale infernale qui est en train d’aspirer les pays arabo-musulmans l’un après l’autre pourrait nous happer si le pétrole devait nous lâcher brusquement ou en cas de troubles intérieurs graves. Sans parler des impondérables, terme sous lequel on peut ranger beaucoup de choses allant des émeutes aux catastrophes naturelles. N’oublions pas que nous sommes assis sur une faille géologique. Ceux des pays autour de nous que nous regardons comme petits le sont peut-être en termes de superficie géographique, de démographie ou de puissance économique, mais ils pourraient devenir des points de départ ou d’appui pour des opérations de déstabilisation contre nous.
Il n’y a que la Tunisie dont nous n’ayons vraisemblablement rien à craindre. Par contre, nous avons des problèmes notoires avec notre voisin de l’Ouest depuis l’époque de l’Emir Abdelkader et il ne faudrait pas s’étonner, en cas d’aggravation de nos différends à l’avenir ou de vulnérabilité intérieure subite, de voir la coalition arabo-musulmane à laquelle vient de se joindre le Sénégal s’installer à nos frontières en solidarité avec le Maroc qui a été solidaire avec elle contre les Houtis et le sera demain contre l’Iran. N’a-t-elle pas été conçue pour sous-traiter l’interventionnisme occidental, plus humiliant aux yeux des masses musulmanes ? Peut-on croire un seul instant que les Etats-Unis, la France, l’Union européenne, l’Union africaine, la Ligue arabe, l’Organisation de la conférence islamique et l’ONU pencheraient en faveur de nos thèses, indépendamment du problème et de l’adversaire ? Nous aurions des bases militaires contre nous dans au moins cinq pays frontaliers !
Connaissons-nous le véritable enjeu de la guerre mondiale intra-islamique dont je parle depuis novembre dernier, donc bien avant la formation de la coalition arabo-musulmane ? N’est-il pas question que cette coalition intervienne en Syrie quand elle en aura fini avec le Yémen? Avons-nous défini une stratégie à l’égard de cette guerre qui ne fait que commencer et qui est appelée à durer et à s’étendre car encouragée en sous-main par Israël et ses soutiens américains et européens? A-t-elle pour objectifs l’occupation de territoires et l’accaparement de richesses comme c’était le cas pendant la Première et la Seconde Guerre mondiale entre l’Allemagne et la France ? Est-elle une guerre idéologique comme au temps de la guerre froide entre l’Est et l’Ouest ? Ou une guerre de religion comme au temps du schisme protestant ? Ce qu’on constate sur le terrain c’est que le Congres américain vient d’entériner implicitement la division de l’Irak en trois entités, que le Liban, la Libye, la Syrie, le Yémen et le Nigeria peuvent connaître le même destin, que le Soudan et la cause palestinienne l’ont déjà connu et que le Pakistan et l’Afghanistan ne sont pas près de retrouver leur stabilité d’antan. Pouvons-nous rester éternellement en dehors de tout regroupement économique et de toute alliance militaire? Ne pourrions-nous pas devenir par nos propres moyens un Etat-phare et une économie en mesure de pourvoir à ses besoins en cas de «sanctions économiques» comme celles qui ont mis à genoux l’Irak de Saddam, affaibli la Russie de Poutine et amené l’Iran à renoncer à l’usage militaire de l’uranium ? N’y-a-t-il vraiment aucune solution tripartite au problème du Sahara occidental ? L’UMA est-elle l’unique projet d’ensemble économique homogène et viable voué à rester dans les cartons ? Ce sont là des questions en rapport direct avec la sécurité et l’avenir de notre pays qui doit repenser ses politiques intérieure et extérieure pour enrayer le processus d’autodestruction et se donner une place parmi les nations respectables, toutes choses à notre portée pour peu que nous changions les conceptions qui président à nos actes d’Etat et à nos comportements sociaux. Voici, comme promis et en raison de la concordance de sa morale avec celle de cette contribution, l’histoire de la grenouille d’Olivier Clerc telle que je l’ai reçue sur ma boîte email : (début de l’histoire) : «Imaginez une marmite remplie d’eau froide dans laquelle nage tranquillement une grenouille. Le feu est allumé sous la marmite, l’eau chauffe doucement. Elle est bientôt tiède. La grenouille trouve cela plutôt agréable et continue à nager.
La température continue à grimper. L’eau est maintenant chaude. C’est un peu plus que n’apprécie la grenouille, ça la fatigue un peu, mais elle ne s’affole pas pour autant. L’eau est cette fois vraiment chaude. La grenouille commence à trouver cela désagréable mais elle s’est affaiblie, alors elle supporte et ne fait rien. La température continue à monter jusqu’au moment où la grenouille va tout simplement finir par cuire et mourir. Si la même grenouille avait été plongée directement dans l’eau à 50 degrés, elle aurait immédiatement donné le coup de patte adéquat qui l’aurait éjectée aussitôt de la marmite…
Cette expérience montre que lorsqu’un changement s’effectue d’une manière suffisamment lente, il échappe à la conscience et ne suscite la plupart du temps aucune réaction, aucune opposition, aucune révolte. Si nous regardons ce qui se passe dans notre société depuis quelques décennies, nous constatons que nous subissons une lente dérive à laquelle nous nous habituons. Des tas de choses qui nous auraient horrifiés il y 20, 30 ou 40 ans ont été peu à peu banalisées et nous dérangent mollement à ce jour, ou laissent carrément indifférents la plupart des gens… Alors si vous n’êtes pas, comme la grenouille, déjà à moitié cuits, donnez le coup de patte salutaire avant qu’il ne soit trop tard.» (Fin de l’histoire).
De mon point de vue, c’est la première fois qu’un principe moral, psychologique ou politique, peu importe, est soumis à une expérience de laboratoire qui démontre sa validité. On peut l’appliquer à l’art de détruire dont il a été question, tout autant qu’au bain-marie du salafisme dans lequel nous barbotons depuis deux décennies en attendant la cuisson finale. L’un et l’autre se sont donné la patte sur le plan politique, suscitant en un certain nombre d’entre nous la sensation que nous sommes doublement cuits. Ne pouvons-nous vraiment rien contre le choix imposé depuis l’indépendance entre le mauvais et le pire ?
N. B.

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