Mercredi 10 juin 2015
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Contribution : Ne serions-nous plus que des lâches ?

Nour-Eddine Boukrouh
[email protected]/fr
Si Gaïd Salah n’avait été qu’un maréchal- ferrant veillant au bon état des sabots des mulets de son douar, personne ne se serait intéressé au message d’allégeance qu’il vient d’envoyer à Amar Saâdani qui est le dernier bounadem en Algérie à mériter d’être placé à la tête d’un FLN même avili et traîné dans la boue par des décennies de servilité car ce sigle reste quand même celui sous lequel sont tombés un million et demi de chouhada. Mais il se trouve que Gaïd Salah est général de corps d’armée, chef d’état-major de l’ANP et vice-ministre de la Défense nationale et qu’à ce triple titre, il n’avait pas le droit d’adresser ce message au chef imposé du FLN ou de tout autre parti. Le droit n’étant pas de son côté, il ne reste que le mépris du droit pour expliquer cet acte sans pareil depuis 1989, année où l’armée s’est retirée officiellement de la vie partisane. Auprès de qui peut-on se plaindre de cet attentat contre la morale publique, le droit, la démocratie et l’intérêt du pays ? Auprès de Dieu ? Il faudra attendre la fin du monde pour connaître sa décision. Auprès de l’armée ? C’est lui l’armée et elle est très disciplinée, assure-t-il. Auprès du «premier magistrat du pays» ? Il est, depuis le viol de la Constitution en 2008, le maître d’œuvre de tous les complots contre la morale publique, le droit, la démocratie et l’intérêt du pays, sans dire que le général en question est son adjoint préposé à la répression. S’il n’y a rien à attendre de Dieu dans l’immédiat, si l’armée reste muette devant les atteintes à la morale publique, au droit, à la démocratie et à l’intérêt du pays, si le «premier magistrat » n’est pas un recours mais la source de tous les problèmes, il reste l’ultime solution qui est nous-mêmes, le peuple qui, selon les termes mêmes de la Constitution en vigueur, est le détenteur de la souveraineté nationale et du droit constituant. On lit en effet à l’article 6 : «Le peuple est la source de tout pouvoir. La souveraineté nationale appartient exclusivement au peuple» et à l’article 7 : «Le pouvoir constituant appartient au peuple. Le peuple exerce sa souveraineté par l’intermédiaire des institutions qu’il se donne…» Le peuple, c’est l’ensemble des Algériens des deux sexes, de tout âge, de toute opinion et de toute appartenance professionnelle, y compris les militaires et les membres des services de sécurité. Lorsque les hommes investis des principales responsabilités constitutionnelles dans un pays sont défaillants, ont été neutralisés ou corrompus, le peuple souverain et constituant a le droit, a le devoir de les récuser et de les remplacer. Mais si cet ultime recours s’avère inopérant, si nous ne sommes plus que des lâches, alors il faut se préparer à faire comme l’émir Boadil après la perte de son royaume en Espagne, Grenade, en 1492 : «Pleurer comme une femme ce qu’il n’a pas défendu comme un homme.» Et les mots sont d’une femme, sa mère. Nous serons inconsolables mais les torrents de larmes de lâches que nous pourrions verser ne rendront pas aux générations qui nous suivront le coin de paradis terrestre que nous avons transformé en fourbi en à peine un demi-siècle de «souveraineté» sous la direction de dirigeants ignares ou sataniques. Exit la vantardise et la cocarde : «Vivre un seul jour en coq plutôt que mille ans en poule !» C’est le contraire que nous avons été, c’est l’inverse que nous avons fait tout au long de notre histoire : mille ans sous diverses colonisations et des décennies d’avilissement sous le règne de «frères» plus nuisibles à l’intérêt national et à la morale humaine qu’aucune occupation étrangère avant eux. Un historien, Salluste, qui fut aussi gouverneur de la Numidie à l’époque où notre pays était occupé par les Romains, a écrit il y a deux mille ans : «Les Numides ne peuvent être enchaînés ni par la crainte ni par les bienfaits.» Cet hommage rendu au sens de la dignité chez les Algériens se justifie-t-il de nos jours alors que la lâcheté (la crainte) et l’encanaillement (les bienfaits) nous submergent comme le déluge a englouti Sumer au temps de Noé ? Ces pensées maussades et démoralisantes me sont revenues cette semaine en lisant les «Mémoires» de Mohamed Saïd Mazouzi qui viennent de sortir. Je ne connaissais du personnage que son nom et l’image qu’il a laissée en quittant la scène politique au milieu des années 1980, celle d’un responsable politique discret. J’ai découvert l’homme qui se tenait derrière cette image d’Epinal et cette découverte m’a ému. Si de nos jours on ne sait plus ce qu’est l’Algérien dont parlait Salluste, si on ne sait plus en ces temps de pourrissement général à quoi il ressemblerait s’il existait, je crois que la réponse est dans les pages, les souvenirs et l’âme de ce patriote. Né en 1926, Mazouzi est dans les années 1940 un militant du PPA que la police coloniale arrête en 1945 pour son implication dans une affaire d’attentat contre un caïd de la région de Dellys. Il ne sera libéré qu’à l’indépendance. Si Mohamed n’a pas été à la Révolution, la Révolution est venue à Mohamed là où il était entre 1945 et 1962, c’est-à-dire en prison. Déplacé d’une prison à l’autre du pays et même de France, il relate dans ses «Mémoires» sa vie carcérale et témoigne depuis cet observatoire sinon du déroulement de la Révolution, du moins de son esprit, de ce qu’elle représentait pour les Algériens morts, torturés ou emprisonnés pour que l’Algérie vive un jour libre et digne. Elle est encore libre, en apparence du moins et pour on ne sait combien de temps encore, mais elle n’est d’ores et déjà plus digne. Il entendait parler des grands noms du mouvement, il fait leur connaissance en prison et relate les évènements auxquels il a été mêlé avec eux ou les paroles entendues de l’un ou de l’autre, nous présentant des personnages au nom connu mais qui n’ont pas eu les faveurs des projecteurs et rapportant ce que les historiens ou les autres mémorialistes n’ont pas rapporté. A certains moments de la lecture on oublie l’auteur pour se laisser bercer par une sorte de voix «off» comme dans les films où le réalisateur fait résonner la voix d’un patriarche ou de l’Histoire en accompagnement de certaines séquences. On a ainsi l’impression que ce n’est pas un homme qui parle mais une entité surnaturelle, en l’occurrence l’âme algérienne. Le livre, surtout dans sa première partie, déborde de candeur comme ce serment fait un jour par lui et un autre compatriote : quand ils seront indépendants, les Algériens ne construiront jamais de prison ! A elle seule cette pensée résume l’innocence des Algériens en même temps que leur irréalisme. Beaucoup en effet croyaient dur comme fer qu’à l’indépendance l’Algérie serait un paradis sur terre et ses dirigeants des anges, et que par conséquent il n’y aurait nul besoin de prisons. Malheureusement pour elle, des diables et des «aghiouls» sortis de ses entrailles ou venus de pays limitrophes en ont fait un camp de concentration puis une cour de miracles puis carrément la propriété d’une mafia ignare et impudente. Tous les Algériens connaissent la vieille incantation «Ah ! si les martyrs revenaient !», une litanie souvent répétée pour exprimer son dégoût devant le spectacle de ce que des dirigeants cyniques et immoraux ont volontairement fait de ce pays. M. Mazouzi ressuscite les martyrs, les fait penser et parler. Ces martyrs, d’une certaine façon, c’est lui ; il les incarne par sa double particularité : celle d’être mort avant eux et celle d’être revenu à la vie à l’indépendance pour témoigner en leur nom. Mohamed Saïd Mazouzi a réussi à témoigner de ce qu’il a vécu en prison, de ce qu’il n’a pas vu parce qu’il était en prison et de ce qu’il a vu une fois sorti de prison. Nous sommes justement au jour de sa sortie de «Maison-Carrée» (El- Harrach). Des combattants du FLN sont venus l’attendre pour le conduire à une maison de Clos-Salembier (El-Madania). Il écrit : «Ce que j’ai vu, ce que j’ai vécu et ressenti ce jour-là à Alger, je ne pourrai jamais le décrire. C’est tellement fort que tous les mots de toutes les langues de la terre ne seront jamais en mesure de le rendre… Quelque chose que l’on ne peut imaginer aujourd’hui dans cette Algérie désarticulée, délabrée… La joie partagée, le bonheur commun, la fraternité spontanée et naturelle de tout un peuple. La lumière dans les yeux de tous les Algériens pour clore le cauchemar ; malgré le terrorisme de l’OAS et la mort qui rôdait encore çà et là. Ce bonheur-là, aucun Algérien d’aujourd’hui en cette Algérie de mensonge, d’imposture et de rapine ne peut l’imaginer ou le comprendre… » (p. 231). Le livre ne m’a rien appris sur l’histoire de la Révolution ou du mouvement national, l’auteur ayant d’entrée de jeu prévenu que tel n’était pas son but. Des centaines de livres ont été déjà été publiés sur le sujet que j’ai normalement tous lus, mais j’ai trouvé dans ces pages ce que je n’ai pas trouvé ailleurs : l’angle de vue unique et les accents simples, sincères et véridiques d’un patriote qui écrit : «Je ne fais que témoigner timidement de ma vie et un petit peu de l’Algérie» (p. 370). Ce qui m’a captivé, c’est l’homme lui-même, son ressenti des choses, sa manière de voir, sa droiture, qualités qui ont toujours été associées dans mon imaginaire à l’Algérien tel que je m’en suis toujours fait une idée. Comme lui je croyais en ces choses, en ce qu’a dit de nous Salluste, en la formule cocardière citée plus haut, mais j’ai perdu ces illusions alors que l’Algérie indépendante n’avait pas encore bouclé ses dix ans comme en témoignent mes écrits du début des années 1970. Bien avant M. Mazouzi qui me dépasse d’une génération et vibrait de foi en la politique algérienne jusqu’aux premières années du règne de Chadli.
En rendant ici hommage à ce grand patriote, je veux rendre hommage à l’Algérien d’hier qu’il incarne et à l’Algérien de demain qu’il aura peut-être contribué à inspirer car je souhaite de tout cœur que les nouvelles générations lisent ses «Mémoires» et prennent exemple sur lui, sur les valeurs qu’il a incarnées, portées et défendues au détriment de l’intérêt personnel, plutôt que sur la racaille qui nous a souvent dirigés. Reste un regret. J’aurais aimé que ces «Mémoires» aillent au-delà des années 1990 et que leur auteur nous parle de ce qu’il a vu, pensé et ressenti sous le règne de Bouteflika. Il décoche quelques piques à son régime mais on dirait qu’il ne veut même plus voir ou commenter, qu’après avoir été le témoin qui a vu sans être là, il veut devenir le «chahed ma chafch haga» du célèbre film égyptien. Ce n’est pas pour cette Algérie qu’il s’est sacrifié, ce n’est pas pour elle que sont tombés ses frères d’armes et ce n’est pas elle qu’il veut montrer même comme contre-exemple. Que peut-on tirer de ces «Mémoires» ? Leur lecture m’a remué mais elle a aussi stimulé ma réflexion sur nous-mêmes, mon sujet de toujours. Elle me pousse à aller plus en avant dans l’explication autour de laquelle je tourne depuis quarante ans sans vouloir la saisir en entier, sans vouloir me concentrer sur son visage qu’elle s’évertuait à dérober à ma vue pendant tout ce temps pour que je ne la regarde pas et lise sur ses traits la vérité que je devinais, que je soupçonnais. Il fallait juste que j’envisage une hypothèse que j’ai toujours refoulée. Au lieu de me demander pourquoi le peuple algérien, après une glorieuse lutte de libération, s’est laissé encanailler, j’aurais dû me demander : pourquoi en fait il s’est insurgé contre le colonialisme au prix de sacrifices illimités ? Autrement dit, notre libération du colonialisme s’explique-t-elle par une règle ou par une exception : celle d’être dirigés par des étrangers ou des aventuriers issus de nos rangs ? Etait-elle une exigence de l’âme algérienne ou une péripétie de l’Histoire internationale ? Cinquante-trois ans d’indépendance, c’est moins de la moitié de la durée de la colonisation française et sept fois la durée de la Révolution du 1er Novembre : 132+53 = 185 ans d’humiliation et d’encanaillement contre sept ans et demi de bravoure. Où se trouve notre vérité : dans la règle représentée par le chiffre 158 ou dans l’exception représentée par le chiffre 7? Dans notre comportement durant des millénaires ou dans notre comportement pendant les brèves périodes de soulèvement ? L’écart serait là encore plus frappant. Si on creuse davantage on tombe sur d’autres questions, des questions jamais posées parce qu’on croyait connaître la réponse depuis belle lurette alors que l’expérience montre que ce n’est pas le cas : les Algériens ont-ils fait la guerre contre le colonialisme pour leur pays ou pour l’Islam, car ce n’est pas la même chose ? Ils ont nommé leur guerre de libération «djihad», les combattants «moudjahidin » et leur mort «fi sabil Allah» (pour Dieu), la patrie ne venant qu’accessoirement. Ceux qui ont fait cette guerre l’ont-ils faite pour l’Algérie ou pour Dieu, car il y a une nuance ? Etaient-ils la majorité ou la minorité ceux qui sont morts pour le pays, la terre, le drapeau, l’hymne, l’Etat national ? Les soulèvements menés au XIXe siècle par l’émir Abdelkader, les cheikhs Al-Mokrani, Ahadad et Bouamama n’avaient-ils pas les mêmes mots d’ordre ? Ceci expliquant cela, on comprendrait mieux pourquoi trente ans après le cessez-le-feu avec les Français une autre guerre s’ouvrait entre Algériens non pas pour une Algérie meilleure mais au nom de l’Etat islamique. Il faut rouvrir l’enquête classée, s’interroger de nouveau sur notre passé, retourner à la scène de crime pour chercher d’autres indices et réinterpréter ceux qu’on avait déjà. On nous a éduqués dans l’idée qu’il n’y a pas pire que le colonialisme et qu’une fois indépendants, il fallait s’estimer heureux même si on n’a que de l’herbe à manger. En fait, on nous préparait au despotisme, on installait en nous le mythe des héros-libérateurs pour nous soumettre aux desiderata et aux lubies des planqués, des faux moudjahidine, des usurpateurs, des assassins, des assoiffés de pouvoir et de richesses matérielles qui sont encore à l’œuvre aujourd’hui pour achever de vider le pays de sa moelle. Le colonialisme n’a pas encanaillé l’Algérien. Il l’a certes opprimé, exploité, spolié, confiné dans un statut de paria, mais il ne lui a pas appris le mal, le satanisme, le mythe de la chèvre qui vole. Il a soutenu le maraboutisme mais il ne l’a pas inventé, il l’a trouvé sur place. Tout ce qu’il a fait c’était d’approfondir la tendance, d’enfoncer le clou, d’y maintenir les Algériens pour qu’ils demeurent des «msalmin m’kettfin», des êtres résignés au «mektoub», au fatalisme. Au temps du colonialisme, l’Algérie était dirigée par une puissance coloniale. Aujourd’hui elle l’est par une puissance satanique œuvrant par la corruption et le banditisme à vider le pays de ses valeurs morales, de ses ressources humaines et de ses richesses naturelles. Le satanisme a fait plus de mal au pays que le colonialisme car ce dernier n’a pas détruit moralement l’Algérien et était voué à partir un jour ou l’autre ; il a dépouillé le peuple algérien de ses richesses économiques mais pas de ses richesses morales, celles qui ont trouvé Ben Badis, Ferhat Abbas, Ali Al-Hammamy, Moufdi Zakaria, Bennabi et d’autres pour les incarner, les inculquer et les défendre. Aujourd’hui, il n’y a personne pour défendre le pays des pillards et des dispensateurs de mauvais exemples et de précédents mortels. C’est l’encanaillement, la soumission et la lâcheté dans tous les compartiments et à tous les étages de la vie nationale. L’encanaillement, c’est lorsqu’on ne croit pas en quelque chose mais qu’on fait semblant d’y croire par lâcheté ; lorsqu’on sait une chose anormale et que l’on se comporte avec elle comme si elle était tout à fait normale par calcul ; lorsque tout va de travers et qu’on persiste à soutenir que tout baigne dans l’huile parce qu’on y trouve son compte ; lorsqu’on cache la vérité parce qu’on a été soudoyé ou intimidé ; lorsqu’on piétine les lois sans redouter une sanction ; lorsqu’on falsifie les résultats des urnes pour favoriser ses partisans ; lorsqu’on met des personnes à des places qu’elles ne méritent pas ; lorsqu’on préfère les fripouilles aux hommes honnêtes ; lorsqu’on achète pour quatre sous les consciences et les allégeances des civils, des militaires et des assimilés. L’encanaillement a perdu les nations qui se sont laissé envahir par lui. Un peuple ne peut pas espérer devenir grand quand il est tombé aussi bas ; un Etat perd son honneur quand il couvre des pratiques irrégulières, quand sa justice est partiale, quand ses représentants abusent de leur position pour s’enrichir ; une administration perd sa raison d’être lorsqu’elle renonce à sa vocation de service public pour devenir un instrument entre les mains des intérêts économiques et politiques des puissants du moment. L’Algérie n’a jamais manqué de moyens, de bras ou de cerveaux. C’est de bons dirigeants et d’une morale publique qu’elle a toujours manqué. Tant de morts depuis Octobre 1988 pour rien ? Pour que des individus s’infiltrent dans les rouages de l’Etat pour piller ses richesses ? Pour qu’une bande de gangsters confisque les symboles de la Révolution à son profit ? Pour imposer de mauvaises lois et bafouer les bonnes ? Pour sacrifier tout un peuple afin d’épargner quelques individus pervers ?
Le pays est en train de se laisser prendre dans une immense toile d’araignée tissée par le clanisme et les intérêts personnels. Il faut la déchirer, s’en dépêtrer, proclamer son refus, son rejet, sa condamnation absolue de l’encanaillement et se libérer de la peur et de la lâcheté comme l’ont fait ceux qui ont libéré le pays entre 1954 et 1962 et dont ne peuvent absolument pas avoir fait partie ceux qui sont en train de couler l’Algérie, de préparer sa recolonisation. Pourquoi l’écrasante majorité d’entre nous sont pauvres alors que le pays regorge de richesses naturelles ? Pourquoi nous taisons-nous devant l’impunité dont bénéficient ceux qui ont pillé les dinars et les devises de la communauté et continuent de le faire en plein jour à partir de positions officielles ? Pourquoi sommes-nous dirigés par un homme cloué à un fauteuil roulant en nous faisant croire qu’il recèle des pouvoirs divins qu’aucun autre parmi les vivants ne possède ? Pourquoi lui et son entourage ont-ils le droit de violer toutes les lois à commencer par la Constitution, et nous l’obligation de respecter tout ce qui vient d’eux au nom du respect de la loi ? La loi de la ruse, de l’intérêt personnel, de l’humiliation, de l’indignité, de la destruction morale, politique et économique de cette nation. Pourquoi acceptons-nous que le sigle du FLN sous l’égide duquel la Révolution du million et demi de martyrs a été menée soit piétiné à ce point, foulé aux pieds d’individus ne méritant même pas le titre d’Algériens, que des ignorants, des corrompus et des valets soient mis à notre tête et que nous en ayons peur plus que de Dieu ? Réponse : parce que nous ne sommes plus que des lâches, tous tant que nous sommes ! A moins que tout ce que je dis soit pure invention de ma part.
N. B.

P. S. : Mme veuve Bennabi, née Khadidja Haouès, est décédée mardi 9 juin 2015 à 11h30 en son domicile à Alger des suites d’une longue maladie et a été mise en terre le jour même dans la discrétion selon les vœux de la famille. La défunte rejoint ainsi son éminent mari, mort le 31 octobre 1973, et achève une longue vie durant laquelle elle a veillé sur Malek Bennabi de son vivant et sur sa mémoire après. Que sa famille, qui est aussi la mienne, reçoive ici mes hommages attristés et ma reconnaissance éternelle.
N. B.

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