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Actualités : LES VERDICTS ATTENDUS AUJOURD’HUI
Procès Khalifa : l’inquiétude de la défense


C’est, aujourd’hui mardi, que les verdicts dans l’affaire Khalifa Bank seront rendus au bout de 40 jours de procès et d’une semaine de délibérés.
M. Kebci - Alger (Le Soir)
Et la veille, soit hier lundi, deux des avocats de Abdelmoumène Khalifa se sont exprimés dans les médias pour faire le plaidoyer pour leur client.
Et l’un d’eux Me Merouane Medjhouda est allé jusqu’à démentir tout deal entre son client et les autorités comme le défendent des avocats et de nombreux politiques. «C’est une histoire montée. Il n’y a aucun deal. Aujourd’hui (hier lundi, ndlr), je suis passé à la prison d’El Harrach pour voir mon client qui était aussi inquiet que nous (ses avocats). On ne serait pas inquiet si on avait des assurances», a-t-il soutenu dans un entretien au journal électronique TSA (Tout Sur l’Algérie).
Quant à ses prévisions pour le délibéré attendu pour aujourd’hui, Me Medjhouda avoue que «ce sera difficile de rendre une sentence juste pour tout le monde» tant, selon lui, le procès a été «très long» et a concerné «beaucoup de personnes». «Le travail du juge est extrêmement difficile vu que l’instruction de l’affaire a été bâclée», dit-il, ne dissimulant pas son espoir de voir son client bénéficier de la relaxe. Car, justifie-t-il, «nous avons démonté toutes les accusations. Donc, on est en droit d’espérer la relaxe. D’espérer que le tribunal va répondre non à toutes les questions relatives à l’accusation. Les réponses qui seront apportées à certaines questions vont nous permettre d’avoir une idée sur la peine qu’encourt mon client. Lorsqu’il y a circonstance aggravante, la peine peut aller jusqu’à la perpétuité». L’autre avocat de Moumen Khalifa, Nasr-Eddine Lezzar dit nourrir des appréhensions. Depuis le déclenchement des poursuites en 2003 jusqu'au début du deuxième procès algérien en passant par le séjour anglais et les procédures en France, beaucoup de mythes se sont construits autour du personnage et de l’affaire. Durant treize ans, en l’absence de l’accusé, un portrait a été fabriqué par les médias alimentés par un discours accusateur unilatéral sans appel et sans défense.
Le contact et l’analyse de cette affaire m’ont permis de mesurer la capacité de prestidigitation de l’information ou plutôt son traitement, la facilité avec laquelle la mauvaise information peut leurrer et duper, la transformation rapide et commode d’une rumeur et d’un bobard en une source généralement bien informée. J’ai pu aussi comprendre comment la presse et les médias, parfois manipulés, fabriquent et manipulent, à leur tour, une opinion malléable», écrit-il dans une contribution parue dans nos colonnes, hier lundi.
Et à Me Lezzar d’évoquer les préjugés qui se sont sédimentés et accumulés durant les treize ans que Moumen Khalifa a partagés entre l’exil et la prison contre lesquels il a dû lutter durant ce procès. «Nous avons senti la réticence des témoins qui voulaient déposer en sa faveur. Des préjugés — plus difficiles à désintégrer que des atomes — se sont constitués et se sont sédimentés, pendant plus d’une décennie, dans l’esprit de ceux qui vont juger», ajoute-t-il. D’où sa «grande inquiétude» que cette opinion publique et populaire pèse sur les juges notamment les jurés populaires, mais aussi les professionnels qui, comme nous tous, demeurent encore et toujours, quelque part, humains.
Il est dangereux de juger par l’opinion publique et/ou pour l’opinion publique». Surtout que la condamnation antérieure constitue de son côté, un «handicap psychologique». «Il est très difficile de lutter et détruire un préjugé mais aussi remettre en cause un jugement antérieur. Il est aussi compliqué de détruire une condamnation dans les esprits que dans un jugement. Un juge n’hésite-t-il pas à désavouer les siens ? s’interroge-t-il.
A cela, faudra-t-il, mentionne Me Lezzar, «une instruction exclusivement à charge, un procès somme toute inéquitable, non pas quant à son déroulement, mais pour son péché originel d’être basé sur un dossier unilatéralement et exclusivement à charge».
Revenant sur les chefs d’inculpation retenus contre son client (constitution d’association de malfaiteurs, d’escroquerie, d’abus de confiance), Me Lezar lance plusieurs interrogations pour démolir l’argument selon lequel la banque a été créée délibérément pour piller l’argent public.
Si tel était le cas : pourquoi tous ces investissements ?
Un voleur crée-t-il quinze entreprises, 65 000 emplois directs, autant sinon plus en emplois indirects ?
Un voleur laisse-t-il une traçabilité de l’argent volé ? Et de préciser que la vocation d’une banque est d’investir l’argent des déposants qu’elle rémunère, faisant remarquer fort-à-propos que les capitaux dormants dans les caisses des entreprises et institutions publiques déposés à Al Khalifa Banque ont été investis dans des sociétés et filiales de son groupe ; dans une flotte aérienne payée à 40%, une société de location de voitures, une imprimerie sophistiquée, une société d’informatique, un laboratoire de monétique, une société de médicaments, un investissement en partenariat avec Saidal pour la fabrication de médicaments pour les sidéens qui aurait été le second en Afrique après celui de l’Afrique du Sud (un projet économiquement non lucratif mais fondamentalement humain) et quatre autres sociétés de droit étranger.
Et de l’aveu même de l’administrateur provisoire, la banque n’a jamais été en cessation de paiement et n’a jamais enregistré d’incident de paiement.
Les difficultés de retrait n’ont commencé qu’avec l’administration provisoire. Et de s’interroger encore : où est le vol ? Où est l’escroquerie ? Où est l’abus de confiance ? L’argent de Khalifa n’est ni dans les banques étrangères, ni dans des sociétés offshore ni dans des paradis fiscaux ! Peut-on soutenir qu’il a été volé ? Alors là où est-il ? S’il avait volé tout cet argent, pourquoi n’a-t-il pas payé la caution prévue par la loi pour rester en liberté durant son exil londonien ? Tout son argent ne lui a-t-il pas suffi pour acheter une résidence patrimoniale et juridique en Angleterre ou ailleurs ? Ne pouvait-il pas acheter une situation, une nouvelle identité et une disparition des vues et des mémoires quelque part dans le monde ?
M. K.

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