Mardi 23 juin 2015
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Cette indéfinissable couleur qui me perdra !

Par Hakim Laâlam  
Email : [email protected]
L’homme qui jurait hier aux médecins du SAMU que son
chardonneret lui avait enfin parlé en arabe classique, à midi
tapante, est toujours en observation. Les médecins préconisent
une rupture du…

Jeûne précoce

Eugène Lacroix et Etienne Dinet, pour ne citer que ces deux-là, en ont abondamment parlé et de fort belle manière. La lumière algérienne ! Ah ! Cette extraordinaire lumière algérienne. Unique. Incomparable. Pourtant, ces deux peintres en ont vu des lumières à travers le monde, s’en sont copieusement servi pour créer leurs chefs-d’œuvre. Malgré cela, c’est la lumière algérienne qui les a marqués à jamais. C’est peut-être, c’est sûrement cette lumière qui donne à cette chose cette couleur elle-même unique. Insensée de déraison pastel. Je tiens l’objet entre mes mains, je le palpe, je le tourne un peu dans tous les sens, et à chaque fois, à chaque rotation, même infime, les tons changent. La couleur frise, cristallise et s’embrase en mille paillettes. Je me précipiterais que je la dirais verte cette couleur. Mais là, hop ! Elle n’est déjà plus verte, elle vire au bleu. Je lève la chose au ciel, lui fait surplomber mes épaules et ma tête, l’offre aux rayons qui dardent et la voilà repartie sur des tons émeraude-intense. Je sens bien qu’elle vit, elle qui a ce formidable pouvoir de muer, de changer d’apparence au gré de ses caprices que je devine immenses. Elle pousse son ascendant sur moi jusqu’à étendre ses teintes sur mes doigts et mes mains qui la tiennent, la pétrissent, mais pas trop de peur qu’elle ne rompe, car forcément fragile d’autant de beauté. A leur tour, mes mains sont vertes ! Bleues. Mélange furieux et instable que même mes rétines n’arrivent plus à lire, à décrypter. Et cette farandole de tons est prometteuse. Elle me dit ces plaisirs à venir. Elle me suggère des extases en gestation, pour l’heure toutes contenues dans mon objet, confinées même en son centre remuant et liquide, mais prêtes à jaillir lorsque l’heure sera venue. Car la chose, en plus d’avoir le don des couleurs indéfinissables, possède aussi cet art presque oublié des hommes de contrôler le temps. De jouer avec. Presque avec sadisme. Je palpite. Passant du vert, au bleu, du gris au presque noir, parfois, lorsque j’agite un peu plus fort son fond, et j’agonise de ne pouvoir encore m’y plonger complètement, crever sa carapace et éventer enfin son mystère. Ah ! Le mystère du sachet de «Cherbat» ! Ah ! Ce «jus» de fabrication artisanale, ce breuvage sorti d’une cave obscure jamais inscrite au registre des commerces des jus et que je tiens précieusement dans mes mimines. Il est comment ? Vert ? Bleu ? Gris-vert ? Rose ? Voire couleur sable ? Qu’importe ! Poison divin, il finira dans ma glotte en glouglous assassins, avec pour seul témoin de mon meurtre l’appel du muezzin. Et si malgré tout cet enchantement à l’issue tellement incertaine, j’en réchappe, alors, et alors seulement je pourrais fumer du thé et rester éveillé à ce cauchemar qui continue. Etienne ! Eugène ! A taaaaable ! Isabelle a fait un couscous de Aïn-Sefra.
H. L.

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