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Actualités : Le principe de son installation est retenu
Quel rôle pour le mufti de la République ?


Longtemps restée au stade de la simple proposition devant être approuvée par le président de la République, la création du poste de mufti de la République semble enfin se préciser. Le ministre des Affaires religieuses dépoussière le dossier et le remet au goût du jour dans un contexte marqué par une montée en puissance de courants de pensée totalement étrangers au référent religieux national.

Nawal Imés - Alger (Le Soir)
Ghoulamallah disait attendre le feu vert de Bouteflika, Mohamed Benaïssa l’a visiblement eu. Le projet de création d’un mufti de la République se précise. Ce dernier sera finalement issu d’une académie de la fetwa qui devra voir le jour bientôt.
Aucune date officielle n’a pour le moment était retenue mais son installation officielle ne devrait plus tarder. Le processus de sélection des membres de ladite académie a commencé.
50 imams, issus de différentes wilayas du pays, ont déjà été choisis. Ils bénéficieront d’une formation supérieure», devant avoir lieu soit à la mosquée El Azhar, en Égypte, soit en Algérie sous la supervision de formateurs d’El Azhar. Après cette formation, les imams seront détenteurs du diplôme d’imam mufti et pourront alors accéder à l’instance de la fetwa.
Y siégeront également les secrétaires généraux des conseils scientifiques des wilayas, des exégètes et des spécialistes de différents domaines dont la médecine, l’économie, le droit et l’astronomie. Pour l’heure, rien n’a filtré sur l’identité de celui qui aura à endosser la responsabilité du mufti de la République.
Le département de Mohamed Aïssa est à la recherche de la personne «consensuelle» qui puisse faire l’unanimité mais qui soit également être reconnue par les siens comme une référence en matière d’exégèse et d’interprétation. Le créneau a été trop longtemps déserté par les personnes détenant le savoir.
Face à ce vide, des pseudo-muftis ont proliféré. Extrémistes, fanatiques, ils ont envahi tous les espaces pouvant être occupés. Sur le net ou à l’intérieur des mosquées, ils distillent leur fetwas en totale contradiction avec le référent religieux national, introduisant de nouvelles mœurs et induisant en erreur les personnes qui les sollicitent.
L’absence d’une autorité de référence pousse également de nombreux algériens à solliciter des «cheïkhs» qui officient sur des chaînes de télévision des pays du Golfe. Là aussi, ils sont orientés selon des croyances qui ne sont pas partagées par la grande majorité des Algériens.
L’installation d’un mufti aura pour but de réconcilier les Algériens avec un islam ancestral mais surtout de donner une visibilité et d’éviter des polémiques stériles, qui, sans arbitrage, prennent souvent une ampleur injustifiée.
Le challenge réside cependant dans la restauration de la confiance. Trop souvent, ce qui est considéré comme «l’islam officiel» suscite bien des réserves et de la méfiance.
Le futur mufti de la République devra réussir le pari de s’imposer comme la référence nationale à suivre pour mettre progressivement fin aux fetwas fantaisistes.
N. I.

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