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Actualités : SON GROUPE PARLEMENTAIRE RÉCUSE PUBLIQUEMENT UN DÉCRET DU PREMIER MINISTRE
Le FLN embarrasse Sellal


A peine entré en vigueur, officiellement depuis hier mercredi 1er juillet, le décret exécutif de Abdelmalek Sellal imposant le chèque bancaire pour toute transaction financière substantielle, fait réagir violemment le chef du groupe parlementaire du parti… majoritaire ! Ce décret serait-il d’ores et déjà un mort-né ?
Kamel arni - Alger (Le Soir)
«Au groupe parlementaire FLN, nous refusons de manière claire l’application de la mesure relative au paiement par chèque parce qu’elle portera préjudice à la vie des citoyens d’un point de vue social, économique et commercial. J’interpelle à ce propos, le Premier ministre Abdelmalek Sellal, pour qu’il y ait de véritables études sur la réalité économique de l’Algérie.»
Le propos qui précède est de Mohamed Djemai, chef du groupe parlementaire du FLN à l’Assemblée et, par ailleurs, homme d’affaires qui s’exprimait ainsi mardi dernier dans un entretien accordé au journal électronique Tout sur l’Algérie. Il faut d’abord préciser une chose élémentaire : étant question d’un décret exécutif, publié au Journal officiel de la République algérienne démocratique et populaire, cela vaut un texte de loi applicable sur tous les citoyens algériens et sur toute l’étendue du territoire national. Il ne s’agit pas d’un projet de loi soumis à l’appréciation des parlementaires, mais bien d’une loi que le groupe parlementaire du FLN, donc le parti majoritaire dans son ensemble, s’engage à violer publiquement. Un cas de figure qu’il est difficile de trouver ailleurs, y compris dans les républiques bananières les plus «accomplies» !
Sellal, l’auteur du décret en question, va-t-il rappeler à l’ordre le chef du groupe parlementaire du FLN ? Le FLN, lui-même, le fera-t-il ? Ce qui demeure certain, en l’état actuel des choses, est la position de premier plan que le chef du groupe parlementaire occupe au sein de son parti, davantage depuis le 10e congrès de fin mai dernier.
Le rôle qu’y avait joué Mohamed Djemai était particulièrement important. Dans la préparation et les coulisses surtout. Un 10e congrès qui s’était aussi distingué par un autre phénomène : l’adhésion massive de la majorité des ministres technocrates du gouvernement Sellal au comité central du parti.
Le Premier ministre lui-même le cautionnera en sa qualité de «militant». L’on se retrouve ainsi avec un parti, le FLN, qui a comme président Abdelaziz Bouteflika en personne, son Premier ministre comme «militant», et pas moins de quatorze ministres, dont le directeur de cabinet du Premier ministre, en plus du secrétaire général de la présidence, du président de l’APN, et d’une multitude d’autres hauts cadres de l’Etat entre ambassadeurs, dirigeants de grandes institutions comme les Douanes, etc. et qui, comme première action politique d’après le congrès, s’engage à ne pas respecter la loi !
Le Premier ministre ne peut céder, cette fois, devant des «caprices» de députés entrepreneurs (au sens entreprise du terme !) sans risque de se discréditer définitivement et, avec lui, tout un Etat qui ne se fait plus respecter ou craint y compris par des chaînes de télé ou des groupuscules de salafistes qui font la pluie et le beau temps dans certains endroits, qui lancent des appels au meurtre en public, sur des médias entretenus par l’argent public sans jamais être le moins du monde inquiétés !
Un «cheïkh-terroriste» s’indigne d’une note du ministre du Commerce ? Le gouvernement la retire ! Deux ou trois misérables petits groupes de parlementaires islamistes font un peu de bruit à l’Assemblée parce qu’une loi qu’on leur soumettait interdisait la violence contre les femmes ? Le gouvernement bloque tout avec instruction au Sénat de faire «oublier» ce texte ! Alors, qu’en sera-t-il cette fois que cela vienne d’un chef du groupe parlementaire du parti majoritaire ? Il serait d’ailleurs intéressant de connaître la position de Amar Saâdani sur cette question…
K. A.

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