Jeudi 9 juillet 2015
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L’état d’urgence !

Par Hakim Laâlam  
Email : [email protected]
Que reprochent les Affaires étrangères au dernier rapport
américain sur l’Algérie ? Son manque…

… d’alacrité !

Non ! Je n’irai pas ce jeudi sur cette hallucinante interview de Saâdani au quotidien Al-Khabar, sur ses réponses psychédéliques concernant son appartement parisien, un bien qu’il aurait été, selon ses dires, obligé d’acheter pour y installer de manière permanente sa fille malade et contrainte à un suivi médical à Paris. J’irai encore moins sur cette information relevant de l’intergalactiquité psychosomatique, Si Ammar affirmant avoir mis au courant Toufik de l’acquisition de ce bien à Paris et lui avoir transmis tous les documents inhérents à cette transaction. Saâdani parlait bien du même Toufik qu’il avait couvert quelques semaines auparavant de tous les noms d’oiseaux dans des interviews à la pelle électronique ! Non ! Au moment où les bilans s’affolent à Ghardaïa, les élucubrations «Century 21» de Saâdani me dégoûtent, tout simplement. L’Etat d’urgence ! Voilà ce qui reste lorsqu’une journée, celle de mercredi, s’est transformée en enfer pour la vallée du M’Zab. On peut, on doit pouvoir déclarer un état d’urgence local quand la situation atteint ce seuil d’«intolérabilité», et surtout, le dépasse de manière aussi mortifère. Des citoyens de Ghardaïa m’ont transmis des photos insoutenables d’Algériens brûlés vifs dans plusieurs localités. Je ne peux me résoudre à rendre publics ces clichés. Il y a une limite au journalisme que je m’impose, même dans le cadre d’une chronique d’humour et d’humeur. Et ces photos-là relèvent de l’horreur, tout bonnement. De l’indicible. Je ne peux me résoudre à l’idée taraudante que des Algériens aient brûlé vifs d’autres Algériens en 2015. Des bêtes du GIA et de l’AIS l’ont fait dans les années 1990. Mais à aucun moment je n’avais considéré qu’il s’agissait à l’époque d’un conflit entre Algériens. Abadan. Des bêtes. Au sens criminel du terme. Par contre, à Ghardaïa, c’est un affrontement entre Algériens. Il y a une ligne de fracture sanglante dans la citoyenneté. On ne peut pas la considérer comme une simple succession d’émeutes, comme des chahuts de gamins, comme des règlements de comptes entre bandes et gangs rivaux. Sinon, on passe à côté et on attend des bilans encore plus lourds. L’état d’urgence comme réponse immédiate à la fracture. Comme une première admission aux… urgences pour pose d’attelle de fortune. En attendant l’hospitalisation, l’intervention chirurgicale, la guérison et la convalescence. L’état d’urgence pour l’autorité républicaine. La seule au-dessus de tous. Ensuite, ensuite seulement, les parties en conflit pourront se mettre à table et discuter. Sans avoir à suffoquer des fumées, des gaz et des râles des mourants parvenant de l’extérieur. Comme c’est le cas aujourd’hui. Je fume du thé et je reste éveillé, le cauchemar continue.
H. L.

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