Jeudi 16 juillet 2015
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Hakima !

Par Hakim Laâlam  
Email : [email protected]
MSP. Qu’est-ce qui sépare Mokri de Soltani ? Disons qu’ils sont un…

… poil différents !

L’histoire de Hakima de Tizi-Ghenif n’en prend que plus de dimension épique, s’installe résolument dans un panthéon de l’humain dans ce qu’il a de plus beau, surtout lorsqu’on replace ce récit dans le contexte actuel de vilenie institutionnalisée. Lorsqu’on voit, qu’on lit et que l’on endure les frasques des gens qui font ce système, les appartements parisiens qui se vendent et s’achètent à coups de millions d’euros entre les copains et les coquins, les motifs ridicules et limite offensants pour 40 millions d’Algériennes et d’Algériens, avancés pour justifier ces acquisitions crapuleuses, les «grands travaux» du pays confiés à des pousseurs de brouettes devenus soudain oligarques ayant dépendances au château, Hakima bachelière post mortem, lauréate à cet examen après avoir subi, deux ans durant, les affres d’un cancer qui l’a rongée, qui l’a physiquement tuée, mais qu’elle a réussi symboliquement à terrasser par la postérité à laquelle elle vient d’accéder, les vilains, les «monstrions» qui nous gouvernent apparaissent dès lors tels qu’ils sont, des nains regardés de haut par les lilliputiens eux-mêmes ! Minables parasites suceurs de rente, incapables pour beaucoup d’aligner une phrase correcte, quelle que soit la langue, même en tamazight ! Hakima a réussi au bac sciences. Elle se savait condamnée. Elle aurait pu lâcher prise, se dire finalement «qu’importe ce bout de carton que l’on remettra à mes parents, puisque je ne serai déjà plus là, que je n’entendrai même pas les youyous ni ne mangerai mon gâteau». Eh bien non ! Dans cette Algérie des Amar Bouzouar, ce pays transformé en veste kermesse du déchiquetage généralisé, ce pays du passe-droit, des enfants de la nomenklatura percevant bourses d’études à l’étranger, de la crèche jusqu’à leur… retraite, dans ce pays où les gosses de riches et de «hauts cadres de la nation» font la queue chez leur dealer parisien pour se payer à coups de milliers d’euros des vols planés et des moments d’extase payés par le contribuable algérien, dans ce pays-là précisément, une gamine a fait un énorme pied-de-nez à la logique rentière, au vol systémique, en s’arcboutant de toutes ses forces finissantes à la seule chose qui comptait à ses yeux, les études, le bac, le savoir. Quand je pense, pôvre Algérie, qu’au même moment, d’autres, des parents pourtant, utilisent leurs enfants comme bouclier humain, les plaçant d’autorité dans des SCI, des Sociétés Immobilières des bords de Seine, surfant même sur leur état de santé, je n’en suis que plus fier de me sentir algérien en mode Hakima, et surtout pas en mode Ammar ! Je fume du thé et je reste éveillé, le cauchemar continue.
H. L.

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