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Sports : CONTRIBUTION
Football, une discipline dans la tourmente


Par Abderrahmane Zerouati*
Sujet au centre de toutes les discussions. Le football, qu’on le veuille ou non, constitue de nos jours un véritable pôle d’attraction. On y va sans rechigner, sans même se poser des questions, en dépit des risques qui nous guettent après chaque rencontre. La foule y est importante en nombre et ceux qui la composent essentiellement jeunes ne sont pas forcément empreints de pacifisme. Elle est là à se décomposer en courants ennemis les uns contre les autres. Parce que les uns déçus par le rendement de leur équipe s’en prennent aux autres triomphateurs du jour. Dans un stade, il y a autant de personnes que d’intentions et arriver à tout contenir n’est pas chose facile certes mais que fait-on depuis qu’on en parle pour y mettre fin ou tout au moins pour y mettre des balises sécurisantes ? La fédération fait-elle de belles choses, ceux qu’on a désignés pour prendre en charge les destinées de cette institution sont-ils à la hauteur ? Qu’en est-il de leur parcours après tant de mandats passés à la tête de cette institution ? Autant d’interrogations qui nous taraudent l’esprit sans qu’on parvienne à entrevoir la moindre lueur. Ce silence qu’on a tendance à observer est-il justifié ou doit-on laisser les choses se faire d’elles-mêmes ? La fédération dans sa dernière sortie nous apprend qu’elle a décidé de mettre fin aux transferts de joueurs étrangers. Pourquoi une telle mesure et que cache-t-elle ? Pourquoi la fédération décide d’interdire aux autres ce qu’elle a toujours souhaité pour elle-même ? Nos formations à travers un tel apport (renforcement) visent à obtenir ce que la fédération s’emploie à réaliser depuis toujours. C’est-à-dire de meilleurs résultats qu’elle est sûre de n’obtenir qu’en faisant appel à des joueurs opérant dans des championnats européens. Quel paradoxe ? L’équipe nationale, parlons-en, composée essentiellement de joueurs issus de championnats étrangers payés eux aussi en devises. Faut-il parler de crise (effondrement du prix du baril du pétrole) ? Si on évoque cette raison pour les uns et que pour les autres on n’en fait pas usage quel raisonnement faut-il retenir ? Doit-on continuer à procéder avec hésitation ? Ceux qu’on a préférés à d’autres pour redresser la situation ne semblent pas avoir trouvé la formule pour hisser le football à la hauteur des moyens qui lui sont consacrés pour le mettre aussi à l’abri d’une mésaventure supplémentaire. Si problèmes il y a, ils doivent impérativement être montrés et débattus. Aujourd’hui, la situation est telle qu’elle ne peut susciter de l’optimisme. Dès lors qu’on a tendance à relever un flottement au niveau de l’exécution. Depuis quelque temps, on a décidé bien des choses mais on a montré peu d’enthousiasme à les mettre en application. Des sommes colossales sont chaque année mises au service du football. Des techniciens bardés de diplômes riches en enseignement président à sa destinée. Que faut-il donc de plus pour espérer un renouveau enchanteur ? Pourquoi avons-nous échoué là où presque tout le monde a réussi ? Pourquoi tant de déploiement de moyens pour qu’à la fin, on accouche d’un championnat de piètre qualité et d’une équipe nationale peu convaincante. Entre le manque de professionnalisme des uns et la cupidité des autres, c’est tout notre football et l’amateur en quête de spectacle de qualité qui en pâtissent. Des techniciens de haut rang engagés à coups de millions pour mieux faire observent un football rendu moribond incapable de se frayer un chemin dans ses propres bases. Le football algérien doit se mettre impérativement au sérieux pour conquérir d’autres espaces particulièrement africains. En venir à être heureux pour un classement Fifa ne peut pas être le but recherché pour une équipe qui ambitionne d’aller le plus loin possible. Un classement Fifa n’est pas une fin en soi. On ne doit pas encourager une situation qui n’engendre que des échecs. Le réalisme impose de s’en débarrasser. La formation, on en parle beaucoup. On ne se lasse pas de vanter ses bienfaits et on est nombreux à reconnaître qu’elle reste et restera la clé de la réussite. Mais que fait-on pour qu’elle ait véritablement des assises solides et sûres ? Combien sont-ils à vouloir réellement et sincèrement s’engager dans cette voie, existe-t-il une règle bien établie dans nos clubs sportifs, cette méthode entre-t-elle dans leurs mœurs ? Autant de questions dont les réponses s’avéreront à coup sûr très utiles. Quelques clubs ont certes tendance à vouloir travailler dans ce sens mais tout porte à croire qu’ils s’y attachent parce que leur trésorerie souvent peu conséquente les y oblige. La formation à grande échelle n’existe donc pas et à petite échelle elle reste une alternative qu’on exploite conjoncturellement pour pallier un déficit. Peut-on véritablement parler de formation dans ces conditions ? On sait qu’on en fait peu pour aider les jeunes à s’épanouir, il est remarqué une nonchalance dans la manière dont les choses sont organisées. La légèreté avec laquelle on procède a fini par s’imposer aidée en cela par un comportement peu accommodant et souvent indifférent. Tout est ignoré ou presque : les jeunes auxquels on accorde peu d’importance, le joueur local qu’on a tendance à diminuer pour justifier son exclusion des grandes circonstances de l’argent et beaucoup pour des objectifs qu’on a peu de chance d’atteindre parce que mal définis. Où est donc cette déontologie qui doit inciter à faire abstraction de toutes les considérations autres que sportives celle qui doit susciter un environnement où la raison prendra toutes ses lettres de noblesse. Etre encadreur, grand responsable revêt un caractère particulier. Cela suppose être à la hauteur de la confiance placée en soi. Encourager une situation au détriment d’une autre, plus concluante, est contraire à l’esprit sportif. Doit-on continuer à s’autoriser ce genre de comportement sans courir le risque d’être à la limite rappelé à l’ordre ? Quel remède devrait-on prescrire pour mettre fin à ces méthodes peu reluisantes de travail ? Tous s’accordent à reconnaître les méfaits qui rongent l’éthique sportive. On en parle partout. Ces cris ne suffisent-ils pas à éveiller les consciences ? Ne peuvent-ils pas suffire pour inciter tout le monde du football à réagir pour construire et bien construire une fois pour toutes ?
A. Z.

*Ancien sportif, ayant évolué au NAHD puis à l’ex- USMMC durant les années 1970, Abderrahmane Zerouati a été international junior au sein de l’EN ayant pris part au tournoi de Bruxelles en 1972. Il a été, par ailleurs, ancien rédacteur sportif au quotidien El Moudjahid entre 1980 et 1982.

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