Actualités : TRAITEMENT DE L’ONCOLOGIE
Les nouvelles thérapies de Novartis pour les patients


De notre envoyée spéciale à Bâle, Rym Nasri
Le laboratoire pharmaceutique suisse Novartis développe une forte dynamique dans le domaine du traitement de l’oncologie, en œuvrant à offrir une panoplie de produits beaucoup plus importante. Des thérapies qui visent à répondre mieux aux besoins et aux attentes des patients cancéreux. Un objectif qui a été justement évoqué lors du Forum de Novartis des innovations pour les patients, organisé à Bâle (Suisse) du 29 au 30 juin dernier.
En rachetant la division oncologique du britannique GlaxoSmithKline (GSK), le géant suisse Novartis affiche clairement l’ambition de devenir leader mondial de ce domaine médical. Son directeur général pour la région MENA (Moyen-Orient et Afrique du Nord), Patrick Eckert, explique la vision du laboratoire bâlois : augmenter les chances de guérison des patients, développer des thérapies plus adaptées et plus efficaces. Cette acquisition contribuera, affirme-t-il, à apporter «de nouvelles solutions pour l’accès aux traitements».
Regrouper les connaissances de chacun des deux laboratoires concédera en effet au nouveau groupe pharmaceutique une expertise plus importante, notamment dans ses études cliniques pour déterminer comment mieux combiner les thérapies en associant les produits Novartis et ceux de GSK oncologie. «C’est ainsi, poursuit-il, que nous arriverons à offrir une panoplie de produits beaucoup plus importante. Ça devrait aussi nous booster en tant que communauté médicale à continuer à chercher des thérapies à même de répondre aux nécessités de traitement du cancer, une maladie qui évolue au fil du temps».
Devenir leader mondial dans ce domaine, c'est offrir aux malades des «chances plus grandes» et «une efficacité avérée pour les traitements». Le groupe pharmaceutique de Bâle a ainsi recherché à travers cette acquisition «un portefeuille qui permet une bonne combinaison avec ce dont il dispose». «Nous avons trouvé chez GSK des traitements qui nous aideraient à pousser davantage des combinaisons avec les thérapies de Novartis. Nous avons réalisé avec GSK le mariage parfait pour des investissements en oncologie».
Les solutions Novartis pour les personnes atteintes d’un cancer avancé ne sont pas négligeables. Selon le responsable de la région MENA, la plupart des thérapies mises en place par le groupe pharmaceutique suisse sont «destinées aux stades les plus avancés du cancer. Elles répondent aux spécificités des pays de la région MENA (dont l'Algérie fait partie) où, malheureusement, le diagnostic se fait à des stades avancés de cette maladie». Il soutient que 80% des thérapies de Norvatis sont destinées aux stades avancés du cancer du rein, du cancer du sein, etc. Patrick Eckert indique que «ces thérapies s’adressent aux patients qui sont en fin de leur traitement. Les recherches visent surtout à essayer de prolonger les durées de survie des patients. Avec des traitements qui sont focalisés sur les stades avancés, on obtient immédiatement des résultats. Ces traitements offrent une lueur d’espoir plus importante».
L'intérêt du patient est au centre de la démarche du groupe pharmaceutique. «Depuis que l’oncologie a pris une positon importante chez Novartis, on s’est rendu compte que jusque-là, les protocoles proposés ne prenaient pas assez en compte ce dont le patient a vraiment besoin. Nous, on s’intéresse aux patients, ça fait partie de la thérapie. Depuis quelques années, toutes nos stratégies tentent à mieux cerner ce que le patient attend du traitement et comment mieux lui adapter notre approche».
Le responsable de Novartis détaille ainsi le concept de la responsabilité sociale envers le patient adopté par le géant pharmaceutique suisse. «Nous avons plusieurs programmes. On regarde s’il y a un manque de support soit par une assurance ou un gouvernement pour le traitement du patient. Là, on prend notre responsabilité pour nous assurer que le patient va, non seulement être bien traité avec les médicaments, mais aussi qu’il va bénéficier du suivi psychologique, ainsi que de la pratique de tests permettant d’attester ou non de l’efficacité du traitement administré. Le but est d'atteindre le résultat espéré : de meilleurs soins».
Relevons que le gouvernement algérien estime qu’il n’est pas utile d’investir dans les tests de suivi du patient puisque le cancer est une maladie chronique. Pour le responsable de Novartis, il y a nécessité de réaliser, tous les trois mois, des tests qui permettent de savoir que le patient est en train de répondre correctement au traitement et s'il n'y a pas de rechute.
Patrick Eckert parle alors de ce volet «social» de la démarche de Novartis. En Algérie, il se traduit par la mise en place dans sept hôpitaux de machines afin d’effectuer les tests nécessaires au suivi des patients en traitement dans ces structures médicales. Le laboratoire a aussi assuré la formation du personnel manipulateur. Norvatis est au début de négociations avec le gouvernement algérien, intéressé par la production locale des traitements. Selon le représentant du laboratoire suisse, cette production locale «ne sera pas possible pour tous les produits».
La société Norvatis évoque ces négociations comme une opportunité de «renforcer l’accès des soins pour les patients et surtout les traiter à temps». Un traitement administré six mois ou une année plus tôt permet d’éviter les complications.
Ry. N .

Patrick Eckert, directeur général MENA-Novartis :
«Nous étudions l’extension de la production locale»

Le laboratoire pharmaceutique Novartis s’intéresse aux opportunités de développement des études cliniques en Algérie et œuvre à consolider le partenariat avec le gouvernement dans ce domaine, indique le directeur-général de MENA-Novartis. Dans un entretien, Patrick Eckert assure que son entreprise étudie la possibilité d’élargir la production locale en Algérie.

Le Soir d’Algérie : Pouvez-vous nous dire si vous faites des essais cliniques en Algérie ?
Patrick Eckert
: Nous avons réalisé des essais cliniques dans toute la région MENA. Nous travaillons pour évoluer mais nous n’avons pas encore atteint le niveau voulu. Nous aimerions voir la région MENA et l’Algérie notamment réaliser beaucoup d’essais cliniques. Un certain nombre de patients pourraient bénéficier et être incorporés dans nos études cliniques. C’est un travail qui se fait avec les hôpitaux et le gouvernement algérien pour être sûr que les gens soient bien préparés à ces études cliniques.

Où se situe l’Algérie dans la région MENA par rapport à votre stratégie ?

Le système dont dispose l’Algérie est un des plus évolués avec accès à la plupart des thérapies. Nous voyons cela de manière positive. Le gouvernement a cette volonté de couvrir tous les patients en Algérie. Ce qui offre une plus grande opportunité pour développer des études cliniques parce que les produits sont disponibles. D’ailleurs, l’Algérie est le troisième marché le plus important dans la région MENA.

Qu’en est-il de l’investissement en Algérie ?
En Algérie, il n’y a pas assez d’études pour les phases beaucoup plus avancées. Je pense que nous avons une grande opportunité dans ce domaine. Il s’agit d’abord de développer les centres de recherche pour qu’ils puissent recevoir ces thérapies sophistiquées. C’est le partenariat que nous envisageons avec le gouvernement.
Ensuite permettre aux patients d’avoir accès à ces traitements comme cela se fait aux Etats-Unis d’Amérique et dans d’autres pays, d’autant que le système algérien qui couvre tous les patients devrait nous faciliter la tâche. Les hôpitaux existent, il faut juste voir avec le gouvernement pour identifier les lacunes à combler afin d’entamer cette phase des études cliniques.
Quant aux produits déjà commercialisés, nous voulons conclure des accords avec le gouvernement. Il n’est pas question de regarder, produit par produit, mais de déterminer le coût global d’une thérapie. Pour le cancer du sein, à titre d’exemple, nous avons les différentes phases de son traitement et on pourrait peut-être parvenir à un accord où on ne paye plus par thérapie mais par la prise en charge du patient, sans regarder à quel stade se situe son cancer, et ce en commençant par le diagnostic nécessaire, le traitement et le suivi du traitement.

Comment comptez-vous renforcer votre présence en Algérie ?
Nous avons déjà acquis la facilité de production en Algérie à travers Sandoz, notre partenaire de générique. Nous sommes en train de voir s'il faut ouvrir une nouvelle usine ou s’il faut juste agrandir celle dont nous disposons aujourd’hui en Algérie. Nous sommes donc en négociations avec le gouvernement algérien. Notre volonté est de renforcer d’une façon ou d’une autre notre présence en Algérie. Nous sommes en train de regarder le traité qui existe entre l’Algérie et la Tunisie, et voir si ça pourrait devenir un pôle de distribution pour les autres pays.
Ry. N.



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