Lundi 5 octobre 2015
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Chronique du jour : Kiosque arabe
Souad Salah, loin de «l'oiseau bleu»


Par Ahmed Halli
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Les Russes s'invitent au festin syrien, mais comme ce sont des originaux, ils ont apporté leurs propres victuailles, et les Occidentaux n'arrivent plus à savoir si c'est du lard ou du cochon. Comme au bon vieux temps où la kasma de Draâ-al-Mizan sommait l'impérialisme américain de déguerpir du Viêtnam, notre ami François Hollande donne de la voix contre Poutine, le trouble-fête. Émoi de troisième type des Saoudiens qui ne veulent pas être en reste et retrouvent leur verve d'antan, après avoir exhumé la panoplie, dont une grue à prosternation giratoire, qui a si bien servi jadis en Afghanistan. Avec cette différence que les Russes ne sont plus une puissance athée occupant un pays musulman, mais des mécréants volant au secours du chiite Bachar Al-Assad. L'Histoire bégaie en psalmodiant. Résumons : le dictateur de Damas qui commence à devenir sympathique dénonce les «frappes» françaises, initialement destinées à conjurer le péril du moment, à savoir Daesh. Toutefois, les «Mirages» de Hollande, on les voit venir de loin, et on devine clairement quels sont leurs véritables objectifs. Pendant ce temps, les Turcs ne font plus mystère de leur volonté de se débarrasser des Kurdes, plus dangereux à leurs yeux que le califat de Mossoul.
Du coup, on a presque oublié que ces Turcs, version Erdogan, étaient des alliés de l'Occident, et principalement des Américains. Ah ces Américains ! À moins qu'ils fassent l'âne pour avoir du son, ces Américains-là, et principalement depuis l'arrivée d'Obama, nous déroutent à bien des égards. Ainsi, ils s'entêtent à nous persuader, nous musulmans, qu'il y a des «islamistes modérés» parmi nous, alors que nous les cherchons en vain depuis des décennies, et même au-delà, ceci sans vouloir faire allusion à l'endroit où ils voudraient nous envoyer. Obama qui n'a pas encore fait un pli, comme à la belote, pour mériter son prix Nobel et prendre le «dix de der», interpelle lui aussi Poutine. Le «Tsar» de toute la Russie, qui fait tout en ce moment pour nous être agréable, a le droit d'envoyer ses «Migs» en Syrie, mais pas contre les «islamistes modérés». Ce qui veut dire que notre encombrant ami Poutine ne doit pas bombarder ces gentils barbus, formés et armés de pied en cap par les Américains, un quart d'heure avant qu'ils n'aient rallié Daesh, avec armes et bagages. Car, voyez-vous, les Américains, qui ont étudié notre guerre de Libération en voyant et en revoyant un seul film La Bataille d'Alger, ont oublié ce qui aurait pu être un autre chef-d'œuvre, «L'Oiseau bleu».
Pour ceux qui ne connaissent pas cet épisode de la guerre de Libération, l'opération «Oiseau bleu»(1) est en résumé une opération de noyautage des maquis en Wilaya 3, où tel est pris, qui croyait prendre. L'administration colonialiste a armé et financé en 1956 plusieurs dizaines de combattants de l'ALN, sous le nom de «Force K», et destinés selon ses plans à combattre le FLN (1). De fait, ces hommes, menés par Mohamed Yazourène, Saïd Mehlal et Ahmed Zaïdat, exhibaient des corps de «combattants du FLN» tués, mais c'était en réalité des collabos et des militants du MNA. Lorsque le commandement de l'armée française commença à avoir des soupçons, la «Force K» fut intégrée aux unités de l'ALN, avec les remerciements de Krim Belkacem(2). Comparaison n'est pas raison, mais c'est la même mésaventure qui est arrivée à Obama, à une échelle beaucoup plus grande, même si la cause l'est moins. Il est de notoriété publique aujourd'hui que la majorité des éléments armés de l'opposition syrienne ont rejoint les milices islamistes, ou ont été phagocytés par elles. Quant à la cruauté des méthodes et aux horreurs, elles se ressemblent et obéissent aux mêmes principes, même si elles sont moins médiatisées que pour Daesh.
Après «l'oiseau bleu s'est envolé» des Américains, c'est une autre facette de «l'islamisme modéré» que les médias arabes nous ont fait découvrir récemment, avec «l'opération Souad Salah». Cette dame qui hante les plateaux de télévision, et dont l'aspect physique peine à rappeler la perfection de la divine providence, lors de la création d'Ève, ne fait pas dans la dentelle. Cette prédicatrice ayant minbar à Al-Azhar, peu soupçonnable de féminité et encore moins de féminisme, a pour mission d'incarner le wahhabisme à visage humain, mais il suffit de la regarder un temps pour se convaincre qu'il y a des sorts plus enviables. Souad Salah qui émet à l'écran autant de phéromones qu'un esquimau glacé s'est donné pour mission de façonner la femme musulmane, selon les désidératas, et surtout le désir de l'homme. Ainsi une femme n'est pas autorisée à «contrôler» le téléphone portable de son mari pour vérifier qu'il ne la trompe pas avec une autre.
Elle tomberait ainsi dans le péché d'espionnage qui est proscrit en Islam, mais autorisé selon «Sainte Souad», si c'est le mari qui le pratique aux dépens de son épouse. Souad Salah aurait pu se contenter d'apprendre la soumission aux midinettes d'Égypte et du monde arabe, mais fidèle à sa quête du bonheur, au profit exclusif de l'homme, elle vient de franchir un nouveau palier. Désormais, tous les violeurs et esclavagistes du califat islamique peuvent se référer à Souad Salah, pour justifier leurs crimes. Tout en autorisant les djihadistes à «prendre du plaisir» avec tout ce qui porte jupon, la prédicatrice rouvre la porte au «djihad sexuel» en y encourageant implicitement les femmes. Une condition à laquelle il est certes difficile de la rattacher, puisque le premier réflexe est de la cataloguer dans le masculin singulier, avec surcharge pondérale, mais sait-on jamais !
A. H.

(1) L'histoire de cet épisode glorieux, trop peu connu des jeunes générations, mérite d'être mieux connue et étudiée, tout comme celui de la «Harka» de Kobbus, dans l'Ouarsenis, qui devait servir le même objectif, et qui a été démantelée par Omar Oussedik et le Commandant Azzedine.
(2) L'inanité des manœuvres françaises et l'échec de la contre-révolution sont illustrés par cette courte mais édifiante lettre de Krim Belkacem, au Gouvernement
général : «Vous avez cru introduire, avec la “Force K” un cheval de Troie au sein de la résistance algérienne. Vous vous êtes trompés. Ceux que vous avez pris pour des traîtres à la patrie algérienne étaient de purs patriotes qui n'ont jamais cessé de lutter pour l'indépendance de leur pays et contre le colonialisme. Nous vous remercions de nous avoir procuré des armes qui nous serviront à libérer notre pays.»

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