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Actualités : Office national des publications scolaires (ONPS)
Un scandale à 400 milliards de centimes ?


Le Syndicat national des éditeurs du livre (SNEL) a vigoureusement réagi, hier, à la publication, le 29 octobre 2015, du cahier des charges lancé par l’Office national des publications scolaires (ONPS) et portant sur les manuels de première année moyenne. Dans une conférence de presse tenue hier au siège du syndicat, le président du SNEL, Ahmed Madi, a indiqué que ledit cahier des charges dénote «une volonté délibérée de reconduction pure et simple de contrats déjà signés en 2003 avec certains éditeurs pour une durée de 3 ans».

Younès Djama - Alger (Le Soir) - Pourtant, ajoute encore M. Madi, depuis cette date à ce jour, «ces mêmes éditeurs ont continué à approvisionner l’ONPS sans interruption et de manière illégale». «Nous réagissons à ces agissements et exigeons une transparence totale de ce dossier qui pose problème à plusieurs niveaux : financier (opacité du dossier), réglementaire, culturel par l’aspect mécanique de l’apprentissage et humain avec le non-respect des droits de l’enfant», a protesté Ahmed Madi qui a annoncé qu’une correspondance «expresse» sera envoyée incessamment à l’adresse du Premier ministre pour l’interpeller à ce sujet. Il a rappelé qu’une lettre a été envoyée à la ministre de l’Education, Nouria Benghebrit, qui n’a toujours pas réagi. «Personnellement, je ne pense pas que Mme Benghebrit soit mêlée à ce dossier», a précisé le président du SNEL qui, au passage, a déclaré que les syndicats de l’Education et les associations des parents d’élèves seront contactés en vue d’envisager des actions communes pour le gel pur et simple dudit cahier des charges. Le président promet de «ne pas se taire» face à ce qu’il désigne comme «les manœuvres dommageables» de l’ONPS. Il dénonce tant sur la forme que sur le contenu le cahier des charges de l’ONPS.
«La loi sur le livre est claire dans son article 15 : seul le ministère de l’Education est habilité à lancer des appels d’offres. Or, il n’est pas normal que l’ONPS, qui est un prestataire comme l’ensemble des éditeurs, se donne ce droit», s’insurge M. Madi.
Sur le contenu, le président du SNEL relève des incohérences graves. Entre autres que l’objet même du cahier des charges «n’est pas mentionné». En plus de la qualité d’éditeur et imprimeur exigée, le document ne précise pas les quantités et besoins en matériels et outils.
D’autre part, relève le SNEL, le timing choisi par l’ONPS pour lancer l’appel d’offres suscite des questionnements. «Alors que légalement, il faut 45 jours, le délai de remise des offres a été réduit à 15 jours à partir de la date de publication (29 octobre). Or, ce délai est impossible à respecter dès lors que les éditeurs étaient présents au Salon international du livre d’Alger (SILA-2015).
Outre que cette échéance a coïncidé avec la fête du 1er Novembre soit 5 jours non ouvrables que les responsables de l’ONPS n’ont pas pris soin de compenser en prolongeant le délai», s’étonne Ahmed Madi.Plus virulent, Fayçal Houma, gérant des éditions Al-Maârifa, a accusé l’ONPS de favoriser un opérateur privé, en l’occurrence Al Hilal, lequel, selon lui, passe allègrement du statut d’importateur de papier, d’imprimeur à celui d’éditeur.
«Depuis 7 ans, un nouvel acteur est venu, il s’agit de l’opérateur Al Hilal qui, à la fois, porte la casquette d’importateur, d’éditeur et comme imprimeur. Il empoche indûment sur le dos des parents d’élèves une moyenne annuelle de 400 milliards de centimes — et je pèse mes mots —, qui plus est représente un surplus». Il explique : «Un livre est imprimé chez un imprimeur privé à 99,20 centimes, est vendu à l’Office national des publications (ONPS) lequel le revend au public à 240 DA, si on compte uniquement 100 DA, cela représente 400 milliards de centimes annuellement. Et en plus, ce qui est plus grave, le livre n’est pas disponible.» Il a rappelé qu’en 2012, l’ONPS a acheté auprès de l’imprimerie Al Hilal 12 000 tonnes de papier, l’Algérie n’étant pas productrice de papier.
«Une rame de papier est achetée au détail à 90 DA, l’ONPS l’a achetée à 120 DA, soit 30 DA de plus. Les 12 000 tonnes peuvent faire fonctionner l’ONPS pour une période de 5 années (2012/2016) avec 4 millions de livres moyennant 160 pages. Cela s’est passé du temps de l’ancien directeur Abdel Fatah Hemani. L’ONPS, passé entre-temps sous la direction de Samir Boubekeur, récidive en achetant 3 000 tonnes de papier auprès de l’importateur Al Hilal. Le procédé se passe comme suit : l’Office lance un appel d’offres au mois de juin qui est vite déclaré infructueux, puis un autre appel est lancé en décembre également infructueux. Comme par miracle, Al Hilal apparaît au bon moment pour fournir l’ONPS en papier, aux quantités et au timing qu’il faut. En 2014, Ali Hilal a vendu le papier à 125 DA au lieu de 98 centimes.»
Y. D.

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