Lundi 25 janvier 2016
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Actualités : DES PARTIS VOIENT UNE SIMILITUDE ENTRE LA CRISE TUNISIENNE ET ALGÉRIENNE
«Nous allons vivre des moments difficiles»


L’incapacité du gouvernement tunisien à endiguer la crise socio-économique a de nouveau plongé la Tunisie dans une phase d’instabilité qui s’est exprimée par un important soulèvement populaire. Des émeutes, parfois violentes, ont très vite progressé à travers toutes les villes du pays. Une nouvelle révolution aux portes d’une Algérie enlisée elle aussi dans des problèmes économiques similaires qui font craindre que l’exemple tunisien fasse tache d’huile. L’avis des personnalités politiques interrogées laisse très peu de doutes sur la question.
Que se passe-t-il d’abord en Tunisie ? Il faut savoir que ce pays, en proie à une sévère crise économique, est secoué depuis plusieurs jours par de violentes manifestations. Les manifestants réclament du travail et de meilleures conditions de vie. D’où est partie la colère ? De cette même ville, Kasserine où ont éclaté les premières émeutes de 2011 ayant conduit à la célèbre révolution du jasmin. Un jeune Tunisien de 28 ans, Rédha Yahiaoui, s’est donné la mort par électrocution pour dénoncer l’injustice dont il avait été victime de la part d’un haut fonctionnaire de l’administration qui a éliminé sa candidature à un emploi de la fonction publique au profit d’une autre personne. Sa candidature avait été déposée suite à un concours public. Très vite, la nouvelle fait le tour de Kasserine. La ville s’embrase en dépit de la décision de limoger l’auteur de l’injustice. La colère se propage un peu partout en Tunisie et gagne y compris la capitale où se déclenchent de violents affrontements entre les manifestants et la police. Vendredi, les autorités tunisiennes ont été forcées de décréter un couvre-feu allant de 20h à 5h du matin. Réagissant à ces évènements, le secrétaire général du syndicat tunisien a tenu à rappeler les mises en garde lancées au cours de ces dernières années et les appels lancés en vue d’une prise en charge sérieuse du dossier du développement et de l’emploi. Il ne faut pas s’en cacher. La situation qui prévaut en Tunisie est similaire sur beaucoup de points avec celle qui existe dans notre pays. La crise économique qui frappe de plein fouet l’Algérie, les retombées de la loi de finances 2016 et l’aggravation des conditions sociales des Algériens sont au cœur de tous les discours des partis politiques et associations. Trois partis, Jil Jadid, le RCD et le Parti des travailleurs ont analysé pour nous la situation et donnent un avis très éloquent sur les risques similaires qu’encourt notre pays. Sofiane Djillali estime ainsi que «toutes les conditions sont aujourd’hui réunies pour donner lieu à un éclatement». L’Algérie, dit-il, est «atteinte de maladie à plusieurs foyers» au point où «le gouvernement a pris sans l’annoncer, la décision de reporter l’augmentation des factures d’électricité à plus tard, en avril probablement. Cette décision a été prise car les autorités ont eu un retour d’écoute très inquiétant, très mauvais ». Le leader de Jil Jadid poursuit : «Aujourd’hui, toutes les conditions sont réunies pour aller vers un éclatement. La situation est intenable pour les Algériens. Nous sommes au tout début d’un processus qui aboutira incontestablement vers la contestation. » Le RCD lui estime que l’Algérie est déjà «en plein processus d’émeutes». Pour M. Maâzouz, «nous vivons une contestation quotidienne. Les derniers exemples ont eu lieu à Batna, Sétif, Annaba où des émeutes ont éclaté. Sur le front social, la contestation est partout et les répercussions de la loi de finances 2016 se font déjà sentir. En face, poursuit- il, nous avons un pouvoir qui n’écoute pas (…) Oui les menaces sont sérieuses, nous allons vivre des moments difficiles». Enfin, le Parti des travailleurs (PT) s’est exprimé sur la question par la voix de M. Taâzibt estimant là aussi que «notre pays est malheureusement dans le même cas que la Tunisie. Plusieurs régions du pays enregistrent des soulèvements contre la rupture avec la privatisation. Des wilayas sont secouées par des émeutes, des protestations liées au refus de la loi de finances 2016, je pense que cela ne s’arrêtera pas là si rien n’est entrepris». Depuis plusieurs jours, des réactions sont enregistrées un peu partout à travers le pays suite à la hausse des prix. On se souvient que dimanche dernier plusieurs centaines de personnes avaient pris part à une marche contre la cherté de la vie à Tigzirt, dans la wilaya de Tizi-Ouzou. Au même moment, des échos des manifestations qui secouaient la wilaya de Batna se faisaient de plus en plus forts. Plusieurs localités de cette zone, Ksar Bellezzema, Oued El Maa, Marouana et Ras El Aayoune ont été le théâtre d’affrontements violents entre les forces de l’ordre et les manifestants qui tenaient ainsi à réagir suite à une rumeur faisant état de la délocalisation d’un projet de construction d’une centrale électrique de Batna vers une autre wilaya. Les esprits n’ont retrouvé leur calme qu’après un démenti des autorités concernées.
A. C.

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