Mardi 9 février 2016
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Chronique du jour : SOIT DIT EN PASSANT
Culture citadine sous chapiteaux


Par Malika Boussouf
malikaboussouf@yahoo.fr
Il y a des jours comme ça où, dès le réveil, un air joyeux vous trotte dans la tête. Réconfortante perspective que celle de cette sympathique obsession qui va vous éviter de débattre inutilement du sexe des anges. Oui, mais il y a aussi ces autres matins où la simple écoute d’une chanson vous plonge dans une tristesse aussi profonde qu’inattendue, au lieu de vous vider la tête des désagréments quotidiens que vous savez devoir affronter.
Inutile de vous interroger sur la capacité d’une chanson à embellir votre journée ou à vous la rendre détestable en la déviant de ce que vous avez projeté d’en faire. Ce billet s’adresse aux âmes rêveuses et sensibles qui aiment, dès leur réveil, faire le plein de musique pour mieux défier la mauvaise humeur, version locale, quand elles la sentent inévitable. Exemple : je sais qu’en traversant la rue, tout à l’heure, pour aller m’approvisionner en terreau auprès des charmants pépiniéristes de la Grande-Poste et m’abreuver, au passage, de leur nonchalance matinale, je longerai inévitablement ces affreux chapiteaux !
Je regarde depuis des mois, impuissante et désespérée, ce beau quartier se clochardiser et je me dis que je déteste décidément l’idée que cette si jolie place, sans doute, à l’origine, conçue pour accueillir gracieusement le visiteur étranger, ait été rétrogradée au titre de marché de province.
Non pas que je méprise les marchés en question, mais s’ils pouvaient restés là où ils ont été improvisés, la culture du village et celle de la capitale ne s’en porteraient que mieux et la mémoire des lieux n’en serait, elle, que plus avantageusement respectée. A la place du 1er Mai, même combat.
La détermination à défigurer la capitale ne fait aucun doute tandis qu’une partie du patrimoine maltraité est là et qui nous fait un pitoyable pied-de-nez. J’ignore ce qui a pu inspirer les maires du Grand Alger, mais si l’intention de départ était de faire exotique, c’est gagné sauf que l’exotisme en question est d’un goût passablement douteux.
M. B.

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