Lundi 15 février 2016
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Chronique du jour : SOIT DIT EN PASSANT
Les oranges d’ailleurs


Par Malika Boussouf
[email protected]

J’aime beaucoup, le matin, dès le réveil, allumer la télé, histoire de prendre des nouvelles du monde et commencer ma journée loin de ces choses qui font la morosité ambiante et que je vais, par instinct de survie, m’efforcer d’éviter dans les heures qui suivent.
C’est là qu’une jolie chroniqueuse retient mon attention. Elle s’exprime en direct à partir du plus grand marché de gros européen et énumère, au présentateur du journal télévisé qui l’interroge, le type d’oranges qu’il faut soit presser et boire, soit peler et manger, après les avoir débarrassées de la cire dont elles sont recouvertes. outre les rouges importées de Sicile et autres sanguines d’Espagne, il y a les maltaises de nos voisins tunisiens en proie à la toujours présente menace terroriste.
Dans l’immense variété d’agrumes exposés, il n’y a, bien entendu, rien d’algérien. Et pendant que la journaliste dépêchée sur les lieux explique avec allégresse et félicité comment il faut consommer le fruit en question, je pense à ceux de nos agriculteurs qui, depuis la fameuse réforme agraire des années 70, ont bradé cette raison de vivre essentielle pour une autre activité, il paraît, plus lucrative. Le trabendo, par exemple ! ça rapporte clairement pas mal pour l’effort que cela demande. Et voilà que me revient en mémoire la pitoyable histoire du gars à qui on reproche de ne pas travailler et qui dit ne pas comprendre pourquoi il le ferait puisque son père, encore de ce monde, s’acquittait parfaitement de la tâche ? Et puis, comme il y a le pétrole pour vivre et les maquis pour ruer dans les brancards en cas de besoin, à quoi bon s’user le popotin à en faire plus que ce que l’on attend de nous !
Surtout que l’on ne nous demande rien d’autre que de garder notre calme dans ce pays où chacun joue une partition à la taille de ses besoins. A quoi bon protester et d’ailleurs, on ne proteste plus ou si peu. Pendant que tout le monde s’abrutit à tenter de donner un sens à sa vie, tout reste sous contrôle. La vigilance est à son apogée.
Là-haut, au palais d’El Mouradia, on ne lâche rien.
M. B.

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