Dimanche 21 février 2016
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Chronique du jour : SOIT DIT EN PASSANT
Chut ! ça viole en Afrique


Par Malika Boussouf
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Il est des jours comme ça où j’éprouve une certaine amertume à reprendre une information qui, à l’époque de sa publication, avait suscité beaucoup d’émotion. Un grand malaise était palpable, notamment, auprès de ceux qui découvraient en leurs soldats dépêchés, en Afrique, pour assurer la paix à ces populations en proie à des conflits permanents, des monstres en treillis d’un genre nouveau.
Aujourd’hui encore, l’abjection, rendue publique par la presse occidentale, il y a plus d’un an déjà, n’a pas encore été punie. L’infamie n’est pas décrite en tant que telle, parce que les faits dénoncés seraient encore hypothétiques. Ils ne sont pas encore «avérés» ! «Avéré» est l’un des termes que l’on emploie souvent quand on veut, entre autres, noyer le poisson et faire oublier le délit. De décembre 2013 au printemps 2014, des soldats ont trompé leur ennui en agressant sexuellement des enfants et autres adolescents.
Au début du mois en cours, on parlait encore d’allégations de viols alors qu’un petit garçon de 7 ans et sa sœur à peine plus âgée que lui venaient d’enfoncer le clou en affirmant qu’ils avaient, eux aussi, été abusés en échange d’une bouteille d’eau et de biscuits. Encore une fois, les doigts accusateurs ont été pointés en direction de militaires français de la mission Sangaris, stationnés à proximité d’un camp de réfugiés près de l’aéroport de Bangui.
Ce qui est terriblement injuste, c’est que l’on en parle de façon épisodique. Je n’arrive même pas à me représenter l’image de ces Rambo, envoyés spéciaux pour y protéger des populations sans défense et qui se paient en retour de façon aussi infâme.
Des Casques bleus français mais aussi des soldats de quatre ou cinq autres nationalités sont pointés du doigt. Et plutôt que de tenter d’en finir avec les déviances qui se multiplient là où l’on pense pouvoir agir à l’abri des regards, c’est le chef de la mission de l’ONU en Centrafrique que l’on démet de ses fonctions pour avoir fait fuité l’affaire. La sanction a été exécutée par Ban Ki-moon en personne. L’honneur est-il sauf pour autant ?
M. B.

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