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Actualités : Générant beaucoup de dépenses et source d’injustice sociale
Les subventions devraient être «mieux ciblées», recommande le FMI


Les subventions des produits de nécessité coûtent cher à l’Etat. Cependant, aussi salutaires qu’elles soient, celles-ci ne profitent souvent pas aux personnes défavorisées et auxquelles elles sont supposées être destinées potentiellement.
Younès Djama - Alger (Le Soir) - Le Fonds monétaire international (FMI), dont une délégation conduite par Jean-François Dauphin a récemment séjourné en Algérie, estime que les subventions devraient être «mieux ciblées». «On imagine que les subventions généralisées constituent un appui à l'action sociale alors qu’elles profitent, à l'inverse, aux ménages les plus riches qui consomment, par exemple, beaucoup plus de carburants par rapport aux ménages pauvres», avait déclaré le conseiller au département Moyen-Orient et Asie centrale auprès du FMI, à l’issue de sa visite en Algérie.
Et d’affirmer que les subventions telles que distribuées en Algérie sont «contre-productives et extrêmement rémunérées en plus». D’où l’appel de l’institution monétaire internationale vers une «action sociale plus ciblée» à l’avenir. Il a jugé insoutenable le fait que les subventions de produits relevant de différents secteurs dont celui de l'énergie aient dépassé, en 2015, le double des dépenses cumulées des secteurs de l'éducation nationale et de la santé.
Beaucoup d’observateurs s’accordent sur le fait que parler du système des subventions en Algérie est un sujet relativement sensible, délicat et complexe. Mais qui reste extrêmement important pour la rationalisation des dépenses budgétaires et pour plus de justice sociale. «Le système de subventions en Algérie est une vraie catastrophe nationale», estime Abdelkrim Harchaoui qui prône «une réforme rapide et urgente qui peut avoir un caractère progressif sur une période déterminée, vers laquelle il va falloir aller le plus tôt possible».
Invité en février dernier du plateau de Radio M, l’ancien ministre des Finances a déclaré que le prix à la consommation en Algérie représente 10 à 12% du prix international des produits, ce qui entraîne des fraudes. «C'est urgent. On ne peut plus négliger le dossier des subventions. Il n'y a pas d'autres formules. Il faut recenser les familles dans le besoin et les aider. Les subventions implicites et explicites coûtent 45 milliards de dollars à l’Algérie. Cette politique est une catastrophe nationale », avait martelé M. Harchaoui qui n’est pas le seul à appeler à une réforme de ce système générateur de gaspillage et autrement antisocial.
D’après l’ancien ministre des Finances, Abdellatif Benachenhou, la partie la plus pauvre de la population profite de 60% des subventions d'origine budgétaire (logements sociaux, alimentation, etc.). Cependant, cette même population ne reçoit, selon lui, que 20% des subventions assurées par les grandes entreprises, notamment Sonatrach et Sonelgaz (carburants, électricité, gaz...).
Benachenhou fustige le système des subventions pratiqué par le gouvernement algérien, dans la mesure où, par exemple, la fiscalité pétrolière ( de l’ordre de 3 690 milliards de dinars en 2013) est intégralement reversée aux citoyens, sans contrepartie, sous forme de subventions (3 600 milliards de dinars pour la même période).
Une enquête qu'il a menée en 2013 avec une équipe de chercheurs sur ce système des subventions conclut que ce système est la «source d'une injustice sociale colossale».
Selon Benachenhou, 48,9% des Algériens ont une dépense par tête et par an inférieure à 86 000 dinars tandis que les 51,1% restants ont une dépense par tête par an de plus de 175 000 dinars. Une répartition qui donne lieu à deux catégories de populations : les 49% de pauvres et les 51% de riches.
Poussé il est vrai par la chute des recettes budgétaires de l’Etat, le gouvernement s’est empressé par la voix du ministre des Finances d’annoncer qu’un travail était actuellement en cours sur la maîtrise à moyen terme de sa politique des subventions. «Nous continuerons à protéger les couches défavorisées. C’est notre vision à moyen terme», avait déclaré Benkhalfa devant les membres du Conseil de la nation à l’issue du débat sur le texte de loi de finances de 2016.
Y. D.

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