Dimanche 10 avril 2016
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Chronique du jour : SOIT DIT EN PASSANT
Code de conduite


Par Malika Boussouf
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Il est des jours comme ça où l’on regarde, ahuri, remettre au goût du jour une espèce de code de conduite qui ne tolère aucune contestation. On se surprend à écouter discourir des esprits retors dont on ne tarde pas à convenir qu’ils ont égaré quelque part leurs capacités à distinguer la réalité du mensonge. Les voilà donc qui dissertent sur un ensemble de règles à édicter. Une sorte de charte qui voudrait qu’à chaque fois que l’on en énumère les préceptes, au nom d’une morale plus adaptée aux autres qu’à soi-même, on convoque l’islam, les hadiths, la sunna, le Coran, la charia et tout ce qui pourrait renvoyer de soi l’image d’un bon musulman. L’apparence, aussi perfide que trompeuse, nous conduit quelquefois à interroger une évidence qui en dit long et sur la méconnaissance des textes religieux et sur le comportement à épouser lorsque l’on se prétend bon croyant et bon pratiquant. Comment faire l’impasse sur cette bigoterie aussi niaise qu’insolente et sur ces êtres incultes qui prospèrent à coup de débats nauséeux ? Comment rester impassible à proximité de discours qui, dès lors qu’ils s’expriment au nom d’une pensée normalisée et en imposent la vision figée, détournent l’attention des choses essentielles ?
Nous voilà donc confrontés à une pédagogie de l’ignorance qui se fait la main sur tout ceux qui tentent de penser ou d’agir librement. A l’origine, des arguments fumeux, un nouveau mode de pensée et une version perfectionnée de l’hypocrisie, de la mauvaise foi et de l’incompétence à faire face au savoir et à la sagesse. Comment les Algériens si ouverts au monde sont-ils tombés sous influence ? Quand une femme le matin me dit assalamou alaïkoum au lieu de sbah el kheir, ou qu’au début d’un courrier, une autre, qui s’exprime en français, se croit obligée de me servir le même salam alikoum au lieu d’un simple bonjour, ça me donne de l’urticaire ! Quand, le vendredi, je croise ces hommes, en kamis et claquettes, qui se précipitent, le tapis sur le bras, à la mosquée du coin, je me dis que le renoncement à la belle gandoura blanche est révélateur d’une régression loin de la fécondité qu’on lui prévoyait.
M. B.

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