Samedi 30 avril 2016
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Chronique du jour : SOIT DIT EN PASSANT
«Le Silence des Eglises» !


Par Malika Boussouf
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Il est des jours comme ça où lorsque vous commencez à regarder un film et que des nausées vous étouffent à moitié, vous vous interdisez, quand même, d’aller voir ailleurs ou carrément de décrocher. Parce que quelque part au fond de vous, vous pensez que refuser de s’impliquer dans un combat qui vaut la peine d’être regardé de plus près est incontestablement injuste pour ne pas dire culpabilisant. Faire dans le déni ou tenter d’échapper à une situation moralement inconfortable est, pourtant, plus courant qu’on ne le croit.
Il y a quelques jours, je suis tombée sur le début d’un long métrage dont le titre, «Le Silence des Eglises», annonçait la couleur sans vraiment éclairer sur la suite. J’avoue cependant le mal que j’ai eu à tenir jusqu’au bout. Les violences sous-entendues m’ont tellement écœurée que j’ai renoncé à suivre le débat programmé en prolongement de l’horreur condensée qui l’avait précédé.
La force de l’un, le religieux lubrique, confrontée à la fragilité de l’autre, un enfant qui n’ose rien dire parce que l’on ne dénonce pas un prêtre et parce que la parole d’un adulte prime toujours sur celle d’un enfant. Comment, en effet, douter des intentions d’un homme d’Eglise ? Comment décrire le dégoût éprouvé à regarder cet homme partager le lit d’un enfant, balader une main suspecte sur le corps frêle avec la bénédiction d’une maman qui lui aurait donné le bon Dieu sans confession ?
D’autres questions se bousculent. Comment peut-on faire vœu de chasteté et céder à la tentation de la chair ? Une fois adulte et avant même d’avoir la force de laisser le passé refoulé ressurgir et s’imposer au présent, le jeune garçon se vit plus souvent non pas comme une victime mais comme le complice de l’homme d’Eglise. Et c’est cette honte-là qui le ronge jusqu’au jour où quand il ne se donne pas la mort, quand il ne décide pas de s’en prendre physiquement au prêtre qui a abusé de son innocence, il choisit de passer aux aveux. Que vaut la réputation d’une institution qui protège ses hommes et nie les abus et les cris de révolte de ses enfants ? Si elle se construit sur le silence d’un équilibre à jamais perdu ?
M. B.

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