Lundi 9 mai 2016
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Chronique du jour : SOIT DIT EN PASSANT
Londres, et pour quatre ans !


Par Malika Boussouf
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Il est des jours comme ça où lorsque, dans la course à l’élection à la tête d’une mairie occidentale comme celle de Londres, un fils de riche, né avec une cuillère en argent dans la bouche, est terrassé par celui d’un pauvre, on se réjouit, même de loin, pour le nouvel élu qui, à aucun moment de sa campagne, n’a baissé les yeux ou s’est fourvoyé devant ses compatriotes, issus d’ailleurs ou des Anglais de souche. Pour un grand nombre d’observateurs, il était impensable, jusqu’à son élection, qu’un musulman, avec tout ce que cela suppose en ces temps d’intolérance et d’incompréhension et toutes les confusions sournoisement entretenues et volontairement affichées, se hisse à la tête d’une ville européenne. Et pas des moindres ! Quel magnifique pied-de-nez à ses détracteurs, que les Londoniens se soient montrés indifférents à ses origines ou à sa sensibilité religieuse au profit de convictions politiques et humaines, et de l’engagement citoyen !
Un coup de maître dans des conditions inédites qui incite à croiser les doigts. Que la belle surprise ne se transforme pas en cauchemar pour Sadiq Khan.
Je retiens, pour ma part, que l’on aura beau reprocher à Londres d’avoir abrité des théoriciens du crime et autres chefs intégristes, que l’on aura beau lui tenir rigueur de n’avoir pas réagi à leurs appels au crime, aujourd’hui, la Grande-Bretagne fait montre de constance. Dans le sens où son caractère cosmopolite rend encore plus lisible sa capacité à opter pour ce qui lui convient le mieux et à séparer le bon grain de l’ivraie.
Le petit ton cinglant à son égard était fatalement prévisible. Il n’empêche qu’à celui qui, fier de ses origines, affirme vouloir incarner l’espoir au lieu de la peur, l’unité plutôt que la division, on réfléchira à deux fois avant d’oser lui demander de s’excuser à chaque fois qu’un égaré de la foi se fera exploser quelque part dans le monde ou de se désolidariser de ses coreligionnaires. Voilà une chose qui ne pourra jamais arriver en Algérie où il faut être adoubé par un clan au pouvoir pour changer de statut et devenir, non pas utile, mais enfin «fréquentable».
M. B.

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