Jeudi 30 juin 2016
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Sports : Euro-2016 (quarts de finale)
Frappés du sceau de l’inédit


Le sprint final peut commencer. Ce soir, les quarts de finale de la quinzième édition de l’Euro-2016 débuteront par un inédit Pologne- Portugal. Un duel aux saveurs particulières : les Portugais qui ne sont pas à leur premier Euro (ils ont obtenu leur première participation en 1984 en… France) s’attèleront à démanteler le «rouleau compresseur polonais» qui n’est pas mieux considéré dans de telles manifestations, son admission à une phase finale datant à 2008 durant le tournoi co-organisé par l’Autriche et la Suisse. Le duel Ronaldo-Lewandowski, deux éléments aux visages multiples lors de cette épreuve française, ne sera pas la seule attraction. Le Madrilène s’est réveillé lors de la dernière rencontre des poules face aux Hongrois alors que le Bavarois affiche une affligeante timidité devant les buts adverses. Demain, Pays de Galles- Belgique est une affiche tout aussi inédite. Les Gallois qui ouvrent leurs yeux sur une compétition majeure du football affronteront des Diables Rouges qui retrouvent les terrains européens après 30 années d’éclipse. Les TGV gallois (Bale) et belge (Hazard) n’auront pas que leur vitesse à faire valoir durant cette explication très attendue par les amateurs de sensations fortes.
M. B.

Portugal
Nani, le second couteau coupe aussi

Si Cristiano Ronaldo était Batman, Nani serait Robin. Mais le comparse est sorti de l'ombre en marquant les deux premiers buts du Portugal à l'Euro-2016 et il est prêt à récidiver contre la Pologne, en quarts à Marseille (sud-est), ce soir (20h).
Un éternel espoir ? «Je vois le même Nani que je voyais il y a dix ans, dit Alain Giresse l'ancien milieu de terrain français à l'AFP. Il a beaucoup de talent mais mal exploité, il n'a pas réussi la carrière qu'il aurait pu accomplir». Et Cristiano Ronaldo n'y est pour rien. «Il n'a pas passé sa vie à Manchester United avec lui, s'il se retrouve à Fenerbahçe ce n'est pas la faute de Ronaldo, il faut assumer, il n'a pas pu ou pas su faire mieux», poursuit le vainqueur de l'Euro-1984 avec la France. En effet, Nani, formé au Sporting, comme son capitaine, a passé sept saisons à ManU (2007-2014), mais seulement les deux premières dans l'ombre de Cristiano. Quand en 2009 la star est partie au Real Madrid, Nani a d'ailleurs vécu ses meilleurs moments avec les Red Devils. Mais ensuite il est retombé dans ces excès d'individualisme et n'a plus été un joueur indispensable. Louis van Gaal l'a laissé partir en lâchant un cinglant commentaire : «Nous n'avons pas d'ailier de très haut niveau, il va falloir qu'on en achète un.» Nani avait été prêté dès le début de saison au Sporting, avant d'être transféré à Fenerbahçe à l'été suivant, en 2015.

«Un intermittent»
Il s'est vengé en critiquant van Gaal dans les médias anglais. Le Néerlandais «criait sur les joueurs comme s'ils étaient des enfants», disait Nani, «difficile de jouer quand quelqu'un vous dit : il faut passer la balle comme ça, bla-bla-bla. Le foot c'est l'instinct, c'est des décisions à prendre». Mais il n'a pas toujours fait les bons choix. Dans les cœurs des supporters de Manchester United, sa cote n'a jamais approché celle de Cristiano. Ils se souviennent surtout de lui pour une action pleine d'insolence, pas même un but, une série de jongles de la tête et du genou pour chambrer Justin Hoyte et Arsenal, un soir de février 2008 où ManU passait une correction aux Gunners (4-0). La vidéo, qui se termine par une tentative de découpage de Nani par Mathieu Flamini, égaye toujours les forums.
«C'est un intermittent», résume Giresse. Du coup Nani a connu une carrière «en dents de scie, poursuit Gigi. Il est très talentueux, mais le constat est là, on en attendait plus de lui, un peu comme Quaresma d'ailleurs», l'autre surdoué de l'attaque portugaise. Pendant l'Euro, Nani «a été correct», estime Giresse, dans son rôle de dribbleur côté droit. Il a ouvert le score contre l'Autriche (1-1) puis égalisé contre la Hongrie (1-1), avant... le doublé de Cristiano Ronaldo (3-3 score final).

Excuses à Ronaldo
Décidément, Nani retombe dans l'ombre du maître. Il ne pèse pas le même poids, malgré ses 100 sélections (20 buts), tout de même à 29 ans, loin de CR7 et ses 60 buts en 130 capes. Avec l'équipe nationale, il avait pourtant commencé par un but sur corner direct dès sa première sélection! Mais le Portugal s'était incliné contre le Danemark en amical (4-2), le 1er septembre 2006, bref: un coup d'éclat pour rien. Né à Praia au Cap-Vert, Luís Carlos Almeida da Cunha, surnommé Nani par sa grande sœur quand il était petit, a appris à se contenter des entrées annexes dans la grande histoire du football, comme le 600e but de l'Euro, marqué contre l'Islande, comme il a appris à vivre dans l'ombre du triple Ballon d'Or. Il avait même dû s'excuser publiquement auprès de Cristiano pour l'avoir privé d'un triplé contre l'Espagne (4-0), en amical en novembre 2010, en touchant le ballon qui allait entrer dans le but. Il avait été signalé, à tort, hors-jeu, et le but avait même été refusé. Robin s'est d'ailleurs lui-même chargé de défendre Batman après son doublé contre la Hongrie: «Tout le monde devrait la fermer ce soir sur Cristiano.» Contre la Pologne, on reparlera peut-être de Nani.

Programme du week-end (en heure algérienne)
Jeudi 30 juin (20h)
A Marseille : Pologne-Portugal
Vendredi 1er juillet (20h)
A Lille : Pays de Galles-Belgique

Pologne
Fabianski : «Bambi» a les crocs

l Il est réservé, modeste, poli, à tel point qu'en Pologne on le surnomme parfois «Bambi», comme le petit faon de Disney.
Le gardien Lukasz Fabianski, sur qui l'ogre Ronaldo jettera des regards affamés aujourd’hui en quart de finale de l'Euro, se bat depuis des années pour montrer qu'il n'est pas trop gentil. L'image est rarissime. Après la qualification aux tirs au but contre la Suisse en 8e samedi dernier, Fabianski l'introverti a explosé de joie. Car ses parades de grande classe ont largement contribué à l'accession en quarts, alors même que cet éternel second ne doit sa place de titulaire qu'à la blessure de Wojciech Szczesny après le premier match de poules. «Fabianski ou le triomphe d'un joueur discret», a titré le quotidien polonais Rzeczpospolita avant le quart très attendu contre le Portugal jeudi à Marseille.

Humilité, discrétion, gentillesse...
Ce qu'on considère comme des qualités chez le commun des mortels peut vite sonner comme un reproche pour un sportif de haut niveau. C'est ce qui est souvent arrivé à Fabianski, en club comme en sélection. La moindre petite erreur et c'est son supposé manque d'assurance qui ressurgit, au profit d'un rival plus extraverti ou spectaculaire. «Les gens m'ont toujours jugé sur mon comportement en dehors du terrain, aimable, bien élevé...», reconnaît dans une rare interview le gardien de 31 ans, marié à une amie du lycée, père d'un enfant et dont le nom n'est jamais apparu dans les rubriques à scandale.

Sur le banc d'Arsenal
Fabianski a porté pendant sept ans les couleurs d'un des plus gros clubs du monde, Arsenal, de 2007 à 2014, période durant laquelle son humilité est mise à l'épreuve. Il passe l'essentiel de son temps sur le banc des remplaçants, d'où il regarde jouer Jens Lehmann puis Manuel Almunia. Idem en sélection, où il est souvent numéro deux, derrière Artur Boruc ou Szczesny. En 2014, Fabianski quitte les «Gunners» pour Swansea où il devient enfin le numéro un incontestable. «Il est très dévoué à son travail, chaque jour il s'attache à perfectionner des éléments de son jeu, à devenir meilleur», soulignait l'an dernier Garry Monk, à l'époque manager de Swansea. Né en 1985 à Kostrzynnad Odra, à la frontière avec l'Allemagne de l'Est, Fabianski a commencé son parcours au Polonia Slubice. «Mon premier entraîneur Jerzy Grabowski était très exigeant. Il nous a appris à être droits et travailleurs», se souvient-il. Après la qualification contre la Suisse et alors qu'on lui parlait de sa performance remarquable, il a, sans surprise, loué le collectif. De quoi entretenir encore son image mais dans un sens positif cette fois-ci, puisque les résultats suivent et que la Pologne a atteint ses premiers quarts de finale d'un tournoi majeur depuis le Mondial 1982 (3e). «Fabianski est un jeune homme normal, qui ne cherche pas à être célèbre, à exhiber des tatouages, des voitures, des petites amies ou une épouse-célébrité», s'est félicité le journal Rzeczpospolita. Hasard ou allusion subliminale, cela sonne un peu comme l'antiportrait de la mégastar Cristiano Ronaldo. Le gentil «Bambi» sera-t-il assez féroce pour résister au loup ce soir ?

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