Samedi 6 août 2016
Accueil | Edition du jour
 
Actualités
Périscoop
Régions
Sports
Femme magazine
Le soir numérique & Sat
Culture
Contribution
Lettre de province  
Soit dit en passant  
Digoutage
Soirmagazine
Pousse avec eux
Edition du jour
Nos archives en HTML


Chronique du jour : SOIT DIT EN PASSANT
Patience, il y en aura pour tout le monde !


Par Malika Boussouf
[email protected]
Il est des jours comme ça où lorsque j’entends dire que des milliers de familles vont enfin être relogées, je me réjouis à l’idée que l’environnement perde quelque peu de sa laideur. Quand les pouvoirs publics prétendent éradiquer l’habitat précaire et disent vouloir en finir avec la façon hideuse dont les bidonvilles ont ceinturé la capitale au fil du temps, vous pensez à tous ces couples qui, depuis des années, ont versé de l’argent à l’AADL ou au LPP. Tous attendent depuis des lustres qu’on veuille bien leur annoncer la fin du calvaire. Patienter encore et toujours ! Lorsque l’on s’engage dans une aventure pareille, on ne se figure pas que l’on aura à attendre d’avoir les cheveux blancs avant d’affirmer avec certitude que le meilleur reste à venir. L’objet de ce billet n’était pas de critiquer la lenteur mise à satisfaire les prétendants à une vie plus décente. Parce que pour accéder à l’objet de leurs rêves ils devront attendre, comme nous l’avons sus-évoqué, de vieillir un peu plus et surtout que l’argent investi par eux génère du profit et permette de loger aussi une partie de ceux qui n’ont pas les moyens de payer et qui n’en réclament pas moins de s’élever socialement. Je ne sais pas pourquoi je pense du coup à cette anecdote rapportée, un jour, par un couple de cadres supérieurs de mon entourage. Un homme et son épouse qui ont choisi de ne pas faire plus de deux enfants de façon à répondre plus aisément à leurs attentes. Un matin, l’ami croise un voisin dans les escaliers de l’immeuble. Il s’arrête pour les politesses d’usage et voilà qu’au cœur de l’échange, celui qui, contrairement à lui, a bien agrandi sa famille au fil du temps, s’exclama sur un ton dépité : «Quelle chance tu as quand même, tu vis bien, tes enfants ne manquent de rien. Nous, à la maison on a perdu jusqu’au goût de la viande. La vie est vraiment injuste !» Ce qui est injuste en vérité, c’est de vouloir culpabiliser ceux qui planifient plus sérieusement leur avenir. Mais comment en convaincre les parasites qui gravitent autour ? Et dire que je voulais parler de ces cités jolies et hideuses à la fois !
M. B. 

Nombre de lectures : 1

Format imprimable  Format imprimable

  Options

Format imprimable  Format imprimable

La copie partielle ou totale des articles est autorisée avec mention explicite de l'origine
« Le Soir d'Algérie » et l'adresse du site