Mardi 6 septembre 2016
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Chronique du jour : SOIT DIT EN PASSANT
La tenue qui fait fureur et divise l’opinion !


Par Malika Boussouf
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Il est des jours comme ça où lorsque l’attention de tout un pays se fige sur ce qui se passe sur ses plages, où tous les journaux font leur une sur les tenues que quelques femmes ont décidé de porter pour se protéger, se démarquer, s’identifier ou dire leur appartenance à un camp bien déterminé, où toute l’actualité tourne autour de l’urgence d’interdire un déguisement pour sauver la république, cela renseigne sur la fragilité de toutes ces raisons qui font que des pays voisins s’en amusent quand ils n’en font pas des gorges chaudes.
L’intolérance cultivée par les uns s’empare d’esprits inaptes à faire la part du bien et de l’inadmissible ou de comprendre pourquoi on les manipule et dans quel but on le fait. Tout le monde parle de cette photo qui a fait le tour de la planète, de cette femme voilée, sur une plage française, que des policiers ont contrainte à se dévoiler sous peine de la verbaliser. Beaucoup ont été choqués que des agents de la force publique, censés veiller sur la sécurité des estivants, aient osé s’en prendre à une citoyenne, couverte, venue se poser là, et pourquoi pas, au milieu de baigneurs qui ne semblaient pas plus inquiets que cela du fait qu’elle se soit installée parmi eux.
La plage n’a pas été désertée pour autant, alors pourquoi en faire l’évènement de l’été ? Je ne défendrai pas le port du voile pour ce qu’il suppose comme soumission d’un côté et volonté d’enfermement de l’autre. Mais je ne porterai pas, non plus, aux nues cette atteinte aux libertés des unes sous le fallacieux prétexte qu’elles portent ombrage à la liberté des autres.
Si le malaise au sein de la communauté musulmane est tel qu’il encourage un retrait par rapport à ce qui est différent, pourquoi cette femme se trouvait-elle en terrain «hostile» ? Pourquoi a-t-elle accepté de se dévêtir si ses croyances le lui interdisaient ? J’aurais, bien sûr, préféré que l’on s’interroge, aussi, sur le fait qu’une femme qui estime de son devoir de se protéger des regards extérieurs se permette, pour mieux les mater, de s’installer là où se prélassent hommes et femmes aux corps dorés offerts à tous !
M. B. 

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