Jeudi 6 octobre 2016
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Actualités : FLN
Saâdani charge le général Toufik et Belkhadem


C’est à partir de l’hôtel Ryadh, à Alger, que le très attendu secrétaire général du FLN, Ammar Saâdani, a donc effectué, hier mercredi, sa véritable rentrée, après quatre mois d’absence. «Je me suis absenté un mois, et, aujourd’hui, je vais parler ouvertement » avertira-t-il d’emblée, face à une assistance composée des mouhafedhs ainsi que des cadres supérieurs du parti et de l’Etat.
Kamel Amarni - Alger (Le Soir) - Outre une centaine de mouhafedhs, en effet, l’on comptait parmi l’assistance presque un tiers des membres de l’actuel gouvernement de Abdelmalek Sellal, en plus de hauts cadres comme le secrétaire général de la présidence de la République, Haba Okbi, le conseiller du président de la République, Benamar Zerhouni, ou encore le directeur d’Air Algérie et bien d’autres. Ne manquaient à l’appel que le ministre de la Justice, Tayeb Louh et, surtout, le ministre du Tourisme, Abdelouahab Nouri, ainsi que le président de l’Assemblée populaire nationale, Larbi Ould Khelifa. La sortie de Ammar Saâdani était d’autant plus attendue par l’opinion que l’homme, connu pour ses déclarations fracassantes et dévastatrices, n’est plus apparu en public depuis fin mai dernier, pratiquement. «Je dirai tout mercredi», avait-il promis dimanche dernier lors d’une sortie inhabituellement «pacifique». Et, effectivement, il reprend avec son discours. «Ceux qui misent sur l’échec du FLN se trompent. Je m’adresse à ceux qui veulent mettre le FLN au musée. Eh bien, qu’ils sachent que ce sera eux qui le seront.» Avec un mépris royal, il citera le fameux groupe des 14, composé d’anciens membres de l’ALN comme Fatma- Zohra Drif, le Commandant Azzedine, etc. «Ces 14 ou 19 ou 12, ou je ne sais quoi encore, ne sont en réalité qu’une seule et unique personne. C’est cette même personne qui se prend pour Dieu !» Un peu plus loin, il nommera carrément sa cible : «Vous savez qui est derrière ce groupe des 14 ? C’est Si Toufik.» Encore une fois, l’ancien patron des services, le général Mohamed Médiène, est accusé d’être derrière tous les maux du pays par Saâdani. «Derrière tout cela, il y a Si Toufik. C’est lui qui rédige toutes les lettres. Vous savez pourquoi ? Car c’est lui qui est le pivot des officiers de la France en Algérie. Aujourd’hui, il faut dire la vérité et cette vérité, il n’y a que le FLN qui peut la dire. Il est le meneur des officiers de l’armée que la France a implantés en Algérie. Ce sont ces mêmes officiers qui ont fomenté un coup d’Etat contre le FLN en 1988 et qui ont géré toutes les périodes de transition. Ce sont les représentants de la France en Algérie. Mais après la venue du Président Bouteflika, que reste-t-il à la France en Algérie ? A la présidence de la République ? Il y a un Président moudjahid. A la tête de l’armée ? Un autre moudjahid. A la tête des services de sécurité ? Un patriote qui, d’ailleurs, connaît tout sur chacun d’entre eux.» Après un long réquisitoire contre la France, chose du reste inhabituelle chez lui, Saâdani revient à la charge : «C’est Si Toufik qui est derrière un certain Nekkaz. Il l’a ramené de France pour parasiter la présidentielle et la candidature de Bouteflika. Comme par hasard, dès qu’il y a un foyer de tension, Si Toufik y dépêche Nekkaz. C’était le cas à Ghardaïa, puis, Ouargla, puis In Salah, etc.» Le général Toufik ne sera, toutefois, pas la seule cible du jour pour Ammar Saâdani. Il consacrera, en effet, quelques phrases d’une rare violence pour son prédécesseur et ancien chef de gouvernement, Abdelaziz Belkhadem. Il y a aussi des militants traîtres, des militants au FLN qui sont les représentants de la France. A leur tête, ce Belkhadem. Vous voulez savoir qui est ce Belkhadem ? Vous n’avez qu’à vous rendre chez lui, dans son village à Aflou, et vous verrez que sa famille est composée de traîtres qui servaient la France. Voyez également qui le soutient au FLN. Pour cela, il faut vous rendre à Barika, à Biskra. Tous issus de familles de traîtres. Ce Belkhadem est un vrai charlatan. Il a utilisé l’islam puis la chkara (la corruption, Ndlr) et, aujourd’hui encore, il prétend qu’il est soutenu par le Président. Il me donne envie de rire. Au fait, il me rappelle cette anecdote : dans les années 1970, un homme, qui s’appelait Messaoud, prétendait à Touggourt qu’il était le nouveau prophète. Il a fallu que la population lui donne une bonne correction et, roué de coups, il finira par dire qu’il n’avait agi que pour le bien de la communauté. » Pour Saâdani, Belkhadem n’est plus qu’un vulgaire fabulateur. Sur sa lancée, il ne manquera pas d’évoquer, avec un mépris souverain, «l’opposition des hôtels», puis «Soufiane». Pour parler de Soufiane Djilali. «J’ai entendu dire que Soufiane va boycotter les élections. A croire qu’on a affaire à une puissance. Il faut vraiment mettre un microscope pour chercher ses troupes. C’est du vrai mépris pour le peuple.» Tirant sur tout ce qui bouge, avec la même férocité, Saâdani évitera pourtant, cette fois-ci, d’évoquer Ahmed Ouyahia. A aucun moment, ni dans son discours, ni lors de sa conférence de presse, Saâdani n’a eu le moindre mot déplaisant à l’égard de celui qui, pourtant, il y a à peine quatre mois, était sa cible privilégiée et qu’il attaquait régulièrement. Par ailleurs, la session du comité central du parti a été fixée au samedi 22 octobre 2016 et ce, en une journée.
K. A.

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