Mardi 18 octobre 2016
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Chronique du jour : SOIT DIT EN PASSANT
La Casbah et le reste !


Par Malika Boussouf
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Il est des jours comme ça où alors qu’avec des amis nous évoquons l’état d’esprit des nouveaux Algérois, mes pensées font un bond vers La Casbah qui, et je n’en démordrai pas, ne se serait jamais écroulée si elle avait été occupée autrement. Ce monde à part dans la grande ville que je chéris pour y avoir passé une petite partie de mon enfance, la plus belle et la plus riche en imagination, je crois ! Nous nous y rendons, régulièrement, en famille, histoire d’en respirer les odeurs, qui, quelque part, n’ont rien perdu de cette originalité totalement subjective. Déambuler dans ses ruelles et se laisser porter par le souvenir de murs passés à la chaux et d’escaliers nettoyés à grands jets d’eau. Je reconnais qu’aujourd’hui, les maisons, à de rares exceptions près, sont défigurées. La Casbah ressemble, hélas, à un immense bidonville que l’on a du mal à maintenir sous perfusion. Pour ne pas voir leurs souvenirs voler en éclats, les familiers détournent le regard. Ils ont peur, surtout, que le reste ne s’écroule et n’emporte avec lui le peu de magie dont les lieux sont encore investis. Que le tout ne cède, définitivement, le pas à un terrible sentiment d’abandon. Il y a un comportement qui reste, pourtant, de mise dans ces hauts lieux de la bataille d’Alger. Là-bas, on ne craint pas d’aller et venir même si beaucoup gardent en mémoire l’affreuse décennie au cours de laquelle la dame âgée a connu un bain de sang. Un jour, je raconterai ces balades mémorables au cœur de la vieille ville. Aujourd’hui, je voulais juste évoquer cette fausse impression selon laquelle certains quartiers nous seraient interdits à nous les femmes. Djamaâ Lihoud, la rue Randon où ce sont plus les hommes qui occupent la rue mais où ce n’est, pourtant, pas là que l’on vous arrache vos boucles d’oreilles. C’est, au contraire, là où l’on prend le temps de bavarder avec vous et c’est étrangement là que vous vous sentez le plus en sécurité. Lorsque vous entrez dans un café populaire exclusivement masculin pour y prendre un thé et vous rire de ceux qui ont fabriqué les barrières, personne ne s’intéresse à vous. A l’exception du serveur.
M. B.

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