Mardi 18 octobre 2016
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J’me sens libyen,
c’est grave toubib ?

Par Hakim Laâlam  
Email : [email protected]
Bizarre ! Dès que Mokri dit que la participation du MSP
aux élections n’est pas encore tranchée, je suis aussitôt
pris d’une furieuse envie de me…

… tâter le cou et la carotide !

Depuis une semaine, je passe devant, tous les matins, vers 6 heures 45 minutes. Un chantier de construction d’immeubles LSP, ou social ou relevant d’une quelconque autre formule d’habitat, le panneau le précisant étant à moitié arraché. Le propos n’étant pas la nature des appartements qui sortiront de terre, je reste sur ce sentiment bizarre que j’éprouve chaque matin lorsque je longe ce chantier : je me sens de plus en plus… libyen ! Oui, vous avez bien lu. Libyen ! De ce profil de Libyens du temps du colonel Kadhafi. Une personne «assistée», prise en charge par le Palais, de bout en bout. 4 000 dollars de rente perso, prise sur les rentrées de pétrole et de gaz et distribuées aux Libyens, lesquels les empochaient et poursuivaient leur activité préférée, voir les Tunisiens, les Égyptiens et d’autres ouvriers d’autres pays leur construire des villes. Et donc moi, je me sens de plus en plus «ça» à chaque fois que je passe à proximité de ce chantier. Pour la simple et bonne raison que sur ces lieux s’est opérée depuis un petit moment une sorte de «jonction travailleuse» entre les entreprises chinoises en charge de ces nouvelles barres d’immeubles et une forte main-d’œuvre… subsaharienne, voire plus généralement d’Afrique, dans ses différentes régions de provenance. Et juste à côté du chantier, il y a un café. Oh ! Pas le grand luxe. Non ! Juste un local en contrebas d’une mocheté de villa et qui fait office de café. A la «terrasse» duquel, dès 6h45, des compatriotes, des Algériens comme vous et moi, sont déjà attablés, un gobelet de liquide goudronné fumant dedans et le regard aussi vide que la station de tramway, en face. A 6 heures 45 minutes, et me dirigeant vers le bureau, je n’ai pas le temps de rédiger sur place un traité sur «L’oisiveté et l’aliénation de la valeur travail en terre algérienne ». Un jour, peut-être. Lorsque le chantier aura été terminé par les «Frères sino-sub-sahariens». En attendant, je roule le restant du trajet avec en travers de la gorge ce sentiment étrange, voire franchement désagréable, de devenir libyen. De cette Libye des 4 000 dollars d’alloc’, contrée aujourd’hui disparue, engloutie, réduite à l’état de poussière de… chantier ! Je fume du thé et je reste éveillé, le cauchemar continue.
H. L.

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