Mardi 13 décembre 2016
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Chronique du jour : SOIT DIT EN PASSANT
Ah bon ? Et pourquoi tout casser ?


Par Malika Boussouf
[email protected]

Il est des jours comme ça où lorsqu’au marché, où je fais mes courses pour le dîner du Mouloud, une dame d’un âge raisonnable me demande le prix des aubergines puis des tomates et des poivrons et que je lui dis combien coûtent les légumes qu’elle hésite à acheter, elle me regarde d’un œil à travers lequel je devine une colère difficilement contenue. Elle se mord les lèvres, sans prêter attention à ma réplique, avant de me dire : «Ma parole, ceux-là cherchent à soulever le peuple. Vous allez voir ce qui va arriver. Ils vont tout casser !»
Je lui réponds que non, qu’il n’arrivera rien, que l’Algérien a pris l’habitude d’encaisser sans rien dire. «Bien sûr que si ma fille. Vous verrez ! Les algériens, vous pouvez les priver de tout et ils ne réagiront pas, mais si vous les affamez, ils se soulèveront.
Et là, ça va arriver. Je vous le dis ! Regardez ce qui se passe, comment tous les grossistes sont en train de stocker les denrées alimentaires et même les appareils électroménagers pour en augmenter les prix en janvier. Ils sont malhonnêtes et à eux personne ne dit rien. Mais cette fois, c’est le peuple qui leur dira», a-t-elle conclu en hochant la tête, convaincue de tenir là la certitude que des évènements futurs n’ont pas encore livré leurs secrets.
Comment prendre ces affirmations ? Faut-il les mettre sur le compte de la flambée des prix qui n’épargne quasiment personne ou sur celui d’un ras-le-bol qui peine à s’exprimer autrement que par les mots ?
Je me demande si je ne ferais pas mieux d’appliquer les conseils de ce lecteur qui manifeste une certaine amertume à l’égard de ce que je raconte aux lecteurs sur les sacrifices de nos ministres. Mieux que la zakat qui ne représente que 2,5%, il y a le geste louable, selon lui, qui consiste à céder 10% de son salaire et que je critique avec la mauvaise foi qui caractérise mes écrits. Quand je lis ça, je repense à la vieille dame et à ses prédictions. Je me demande surtout combien ils sont à s’extasier devant les petits sacrifices de nos responsables ? Que penser du fait que nous vivions dans un monde où l’on applaudit ceux qui refusent de quitter la scène élégamment ?
M. B.

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