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Actualités : RELATIONS ALGÉRO-MAROCAINES
L’étrange sortie de Lakhdar Brahimi


Lakhdar Brahimi s'est lancé dans un nouveau plaidoyer pour l'ouverture des frontières algéro-marocaines. Cette fois, cependant, le message a été adressé en présence de trois ministres et peu de temps seulement après son entrevue avec le Président Bouteflika.
Abla Cherif - Alger (Le Soir) - Se peut-il qu'il y ait du nouveau dans le dossier Algérie-Maroc ? La ferveur avec laquelle l'ancien diplomate et ministre des Affaires étrangères a remis, dimanche, sur le tapis la question de la réouverture des frontières laisse perplexe. Lakhdar Brahimi, homme très écouté et fréquemment reçu par Abdelaziz Bouteflika, a profité d'une occasion particulière pour se laisser aller à des déclarations surprenantes.
Invité à une cérémonie de commémoration des événements du 11 Décembre, il a «expliqué» aux ministres présents la nécessité de procéder à la réouverture des frontières, condition sine qua non à l'évolution du Maghreb, estime-t-il. Plus encore : il évoque carrément le risque de régression des pays de la région et de la région en elle-même si des «mesures effectives pour concrétiser l'UMA, comme la réouverture des frontières, ne sont pas prises».
Aux ministres présents, dont celui de l'Intérieur, il a affirmé que cette fermeture a «bloqué l'esprit de l'Union maghrébine». «Il faut, poursuit-il, mettre de côté le conflit du Sahara occidental pour l'intérêt suprême des deux pays et de la région».
Pour ce, Lakhdar Brahimi propose un plan d'action bien surprenant. L'Algérie et le Maroc doivent, selon lui, suivre l'exemple de la Chine et de l'Inde qui sont parvenus à la signature d'un traité mettant fin à un problème frontalier. Bizarrement, cet ancien ministre des Affaires étrangères, reconnu pour ses qualités de diplomate, assume sans sourciller un amalgame flagrant entre le conflit sino-indien qui s'arrête à un différend frontalier et un problème d'autodétermination d'un peuple.
Le dossier du Sahara occidental a, comme on le sait, été qualifié par les Nations-Unies comme étant l'un des derniers cas de décolonisation dans le monde et œuvrent depuis de longues années pour laisser aux Sahraouis la chance de choisir leur avenir. Dans cette affaire, l'Algérie a un statut d'observateur au même titre que la Mauritanie, et l'ancien ministre n'est pas sans le savoir. Reproduire l'exemple sino-indien reviendrait à dire que l'Algérie se doit d'abandonner son soutien au principe d'autodétermination des Sahraouis et entraver le plan onusien.
Sa déclaration singulière n'est pas sans rappeler les étranges propos tenus il y a près d'une année par l'ancien secrétaire général du FLN au sujet de l'existence d'une volonté algérienne de mettre de côté le dossier du Sahara occidental.
Présenté comme étant proche du cercle de décision, Ammar Saâdani avait soulevé un tollé qui a poussé le président de la République à recevoir le défunt Mohamed Abdelaziz et à réaffirmer la position de soutien de l'Algérie en présence des membres les plus importants du gouvernement. Cela, les ministres présents lors de l'intervention de Lakhdar Brahimi ne l'ont pas oublié.
Le ministre de l'Intérieur a, d'ailleurs, manifestement tenté d'éloigner l'orateur de son thème en voulant élargir le débat sur la relation de l'Algérie avec le reste des pays du monde. Mais Lakhdar Brahimi ne se laisse pas
détourner : «La priorité est aux relations avec nos voisins», martèle l'homme qui apparaissait, il y a trois semaines, avec le président de la République.
A. C.

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