Mercredi 18 janvier 2017
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Faits divers : La direction du commerce ouvre une enquête
Faux herboristes et autres charlatans sévissent à Boumerdès


Un terroriste repenti s’est installé au milieu de la ville de Boumerdès pour vendre au prix fort à des malades crédules et naïfs moyennant de grosses sommes d’argent des guérisons miracles mais surtout de faux espoirs aux souffrants désemparés et sevrés d’oreilles attentives à leurs maux.
60 000 dinars est le montant à débourser pour un traitement, indiquent nos sources, et la liste de ces traitements est aussi longue qu’un bras. Plus grave, ce charlatan se donne, à travers la publicité qui parait régulièrement sur les colonnes d’un quotidien réputé pour être le suppôt de tels charlatans, le titre d’expert.
Dans 5 publicités parues dans une même page de ce journal, cet «expert» soigne, tenez-vous bien, l’infertilité chez les hommes et les femmes, l’éjaculation précoce, l’impuissance sexuelle, l’hernie discale et la prostate. Il «prodigue» d’autres soins qui ne figurent pas dans ces publicités comme le traitement du diabète, du cancer et bien d’autres pathologies. Enfin il soigne toutes les maladies existantes. Ce bonimenteur n’est qu’un exemple de cette foule d’individus dangereux qui agissent en toute impunité à travers plusieurs localités de Boumerdès pour détrousser des malades inquiets. «Ces guérisseurs qui n’en sont pas en réalité, développent des capacités d’écoute. C’est ce que recherchent bien des malades», affirme Samia Ababsa, directrice du commerce et de la concurrence de la wilaya de Boumerdès (DCCWB).
Notons que cette direction réalise une enquête relative aux herboristes installés dans la région. Lors de leurs 32 interventions sur le terrain, les inspecteurs de cette direction ont dressé 9 P-V d’infractions avec 8 propositions de fermeture d’herboristeries.
Les mêmes inspecteurs ont saisi chez ces derniers de grosses quantités de produits pouvant constituer un danger pour la santé des consommateurs. Les infractions relevées se rapportent à des situations pouvant mettre en danger la santé des consommateurs ou des violations de la loi en matière de pratiques commerciales. Cependant, dans son rapport, la Direction du commerce de la wilaya de Boumerdès, ne coupe pas toutes les amarres avec la corporation des herboristes. C’est en effet un métier qui existe depuis des millénaires à travers le monde.
La DCCWB préconise la formation de ces distributeurs des remèdes traditionnels voire des conseillers sur cette forme de médecine traditionnelle et surtout l’adaptation de la législation en la matière.
En effet, c’est l’imprécision de la législation qui laisse le champ libre à des individus comme celui cité plus haut de continuer à arnaquer des malades. C’est connu, ils mêlent religion et sorcellerie pour terroriser des malades fragilisés et les mettre sous leur domination en vue de leur soutirer le maximum d’argent. Qui doit contrôler ces guérisseurs d’un autre âge, l’APC, les services de la santé, du commerce ou de sécurité ? Malheureusement, dans ce dossier, l’esprit archaïque de certains hauts responsables rend la lutte contre de tels individus difficile.
La wilaya en avait fait l’expérience avec un wali qui a présidé l’exécutif après Bedrici. Il a confondu le rôle de commis de l’Etat avec celui d’émir. Comment pouvait-on lui demander de lutter contre des pratiques sectaires alors qu’il se rendait régulièrement dans une zaouia pour recevoir non seulement la bénédiction mais aussi une roqia qui, pensait-il, le rendraient plus fort et plus intelligent ? Ce même wali, avait laissé la wilaya de Boumerdès exsangue lorsqu’il a quitté son poste alors qu’il avait fait l’objet, durant sa mandature, de plusieurs roqias et bénédictions de la part d’un «cheikh» qui traîne une multitude de casseroles auprès des services de sécurité pour divers délits.
Espérons que la démarche de Samia Ababsa, bénie par ses responsables, n’est que le premier pas menant vers l’éradication de ces pratiques moyenâgeuses.
Abachi L.

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