Chronique du jour : Tendances
Revue de presse


Youcef Merahi
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Je souhaite faire ma revue de presse avec vous ; en vous prenant à témoin, je souhaite que mes commentaires soient le reflet de mon humeur de ces derniers jours ; humeur qui est au diapason de la météo. Il pleut ; il fait froid ; il neige. Et je me renferme davantage au fond de ma quotidienneté. Normal, me dit une voix intérieure, la nature dans son ensemble se recentre dans l’attente des beaux jours. De l’espoir. Et du rêve. Je m’éloigne de ma revue de presse qui n’est pas sans rappeler, un peu, la physionomie de ce jour finissant. Voyons voir !
La waâda est un rituel, propre à cette partie de l’Afrique, qui vient consacrer un partage. Dans une intention de bienfaisance. Un événement heureux. Après une guérison. C’est selon ! Aussi, à Chorfa, c’est chez nous, en Algérie, une waâda a tourné à l’émeute des esprits. Le couscous de Yennayer a causé une intoxication alimentaire à près de 600 convives. Waouh, rien que ça ! Après un couscous au poulet, le plat pour notre Nouvel An, des symptômes d’intoxication se font sentir à l’aube, dit-on. Pas qu’un seul convive, non, ils étaient des dizaines. La nouvelle se répand comme une traînée de poudre. Ce fut la contagion ! De ce fait, ce sont tous les présents qui, dans une véritable opération d’évacuation, type Samu, se rendent dans les hôpitaux de la wilaya.
La waâda, en plus de l’intoxication, génère une cellule de crise au niveau de la mairie. Tita-ti, tita-ti, tita-ti ! J’entends d’ici les sirènes. Allez oust, tout le monde à l’hosto ! Heureusement, plus de peur que de mal ! Des vomissements. Une diarrhée. Un mal de crâne. Tu te marres, me dit une voix intérieure. Non, du tout ! Sur le coup, c’est douloureux et angoissant. J’ai connu ça, moi aussi. Lors d’une waâda, non. Dans un resto, oui. Plus tard, une fois les choses rentrées dans l’ordre, on en rigole. C’est ça de gagné. Les générations futures raconteront l’histoire de la waâda de Yennayer 2967 qui a provoqué la chiasse à tout un village.
Une autre information qui n’est pas loin de ce qui précède, mais plus en grave, le Syndicat national des praticiens de santé publique (retenez bien le mot : santé publique) lance un appel aux autorités publiques, afin de connaître les résultats de l’enquête sur le Pentavalent et le RHB. Le premier est un vaccin ; le second, un complément alimentaire (je n’ai jamais compris ce concept de complément alimentaire) censé soigné le diabète. Pour le Pentavalent, c’est le ministère de la Santé qui le retire ; alors que pour le RHB, c’est le ministère du Commerce qui arrêta net son méfait. Le clou de l’information, ici, n’est pas au niveau de notre syndicat qui souhaite connaître la vérité ; non, il réside au niveau de l’intervention des deux ministères. Qui s’occupe de la santé chez nous ? Le ministère du Commerce ou celui de la Santé ? Pour toute réponse juste, je vous propose une waâda au couscous à Chorfa pour le Yennayer 2968. Quant à notre syndicat, j’ai bien peur qu’il n’attende encore quelques années pour qu’il puisse disposer des résultats de «l’inkit». Une bonne nouvelle pour nos praticiens de la santé : la clinique de la rokia (ouais monsieur, elle a existé) a été, après des années de rokiologie, fermée. Au fait, par quel ministère ?
Les élections font battre le cœur des partis politiques, y compris les nôtres. Surtout ceux de l’opposition. Les partis traditionnellement satellites du pouvoir, eux, n’ont aucun souci à se faire ; ils y vont la fleur à la boutonnière, le cœur gai, le vent en poupe et la marche saccadée, sûrs de leur fait ; comme s’ils avaient déjà la majorité écrasante. Il y a même ce parti qui se positionne comme troisième force politique du pays ; comme si cela avait un sens chez nous. Mais les partis d’opposition, qu’ont-ils tous (pardon, sauf un) à rejoindre les rangs, le doigt sur la couture ? En rangs serrés. Mais dans une fuite en avant assumée. Comme si une dizaine de députés allait consacrer la démocratie définitivement. Comme si l’alternance était conséquente à ces élections. Les partis d’opposition font chorus ; sauf le PT qui, lui, a entretenu le suspense des semaines entières. Personnellement, je guettais le moindre signal. Puis, la chose s’est faite : le PT y participe, mais garde une issue de secours à son avantage. Au cas où ! Le PT peut retirer ses billes à tout moment. Mais quel est donc ce moment ? Il y a «comme ça» des moments où le coup de foudre cesse de faire son effet ; alors là, on se retire sur la pointe des pieds. Mais l’urne est tellement transparente qu’on y voit déjà les résultats. Alors, chers électeurs, à vos bulletins !
Une information a retenu mon attention. Drôlement. Vachement. Mais alors, grave. Ce qui manque à la ville de Tizi serait le téléphérique pour relier Redjaouna, un village du piedmont Belloua. N’y a-t-il pas autre chose qui nous manquerait, ici, au col des Genêts ? Un peu moins de circulation, peut-être ! Des trémies à boucher. Un peu moins de trottoirs encombrés. Un peu plus de culture. Un peu moins de «lugubrité» dans la ville, de jour comme de nuit. Surtout la nuit. Mais le téléphérique nous manque terriblement. Je vois d’ici les câbles suspendus au-dessus de nos têtes et les cabines qui font le va-et-vient, comme des bourdons. Puis, ce téléphérique du diable qui se permet de faire du retard ! Allez, mon vieux, du nerf ! Je veux voir tes cabines faire le vol altier de l’hirondelle.
Et, je voudrais te proposer, cher téléphérique qui manque tant à la ville de Tizi, une halte à Harrouza, cette forêt qui s’ignore, pour décrasser mes poumons enfumés par ces infos du café maure du coin. Je pourrais continuer à vous proposer des infos de cette nature, à longueur de pages. Au kilomètre. A n’en plus finir.
Mais, il faut que je rende ma copie. A une date précise. En fait, la seule info qui en vaille la peine, c’est cette neige et cette pluie qui viennent ragaillardir mes guiboles pour, encore, onze mois à tenir.
Y. M.



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