Samedi 6 mai 2017
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Soirmagazine : Enquête-Témoignages
Les amis d’enfance, un lien naturel, indéfectible


Par Sarah Raymouche
On a fait avec eux les premières bêtises, on a échangé les premiers secrets, les premiers rires et les grandes peines.
On a tous quelque part une amie ou un camarade avec qui nous avons partagé de bons souvenirs. Ils sont toujours dans nos cœurs. Malgré la distance et une longue absence, ils demeurent un lien naturel, invisible et indéfectible.

Malek, la trentaine :
«Je n’ai pas besoin de l’appeler souvent.»

«J’ai trois amis d’enfance. On ne se voit pas souvent pour ne pas dire quasiment jamais. On donne de nos nouvelles de temps en temps. Mais je sais qu’en cas de besoin, ils seront les premiers à qui je ferai appel. Et je suis convaincu qu’ils répondront présent. Tout comme moi. Cela s’est déjà produit auparavant. Je pense que c’est la chose la plus importante que nous gardons de notre enfance. C’est un lien plus fort que la fraternité, à mon sens. Ce sont les personnes avec qui nous passons nos journées dans l’insouciance. Je considère qu’ils sont les piliers de ma vie. Il y a qu’eux qui peuvent me comprendre au simple regard. Nous avons partagé nos plus beaux souvenirs. Nous nous sommes construits ensemble. Vous savez, dès que j’ai un moment de blues, le fait de savoir que si je les appelle ils m’apporteront aide et réconfort me remonte le moral. Ils sont tout simplement présents dans mon cœur.
Ce sont mes VRAIS AMIS, en lettres majuscules. Je sais qu’ils ne me trahiront jamais. il n’y a que de la sincérité entre nous.»

Ghania, grand-mère :
«Nous nous sommes quittées à la vingtaine pour se retrouver à la soixantaine.»

«J’ai été la première à me marier à 17 ans. J’étais admise au lycée et mes parents ont décidé que le plus important pour moi était de fonder un foyer. Cela a été pour moi une double peine : le fait de ne pas poursuivre mes études et, surtout, quitter mes amies. Dans les années 70, nous étions un peu fofolles. Nous étions dans l’air du temps. En quelques années, nous avions déjà eu tellement de souvenirs, notamment chez moi. Nous avons partagé nos rêves, nos secrets et nos peines. Dès que j’ai convolé en justes noces, et avec les aléas de la vie, nous nous sommes perdues de vue. Seules quelques photos que j’avais faites le dernier trimestre de ma scolarité avaient résisté au temps. Une trentaine d’années plus tard, par un pur hasard, nous nous sommes revues en pleine rue. Cela a été une véritable effusion d’émotions et de larmes de joie. On s’est échangé nos numéros de téléphone et promis de s’appeler régulièrement. Cela a tenu quelque temps avant de nous éclipser encore une fois, pour se retrouver une dizaine d’années plus tard. Mes amies m’ont fait la surprise de venir chez moi un beau matin, avec un grand sourire et la tête pleine de souvenirs.
Depuis dix ans maintenant, nous avons toujours vingt ans et on ne sent plus les années passer. Nous nous retrouvons de façon régulière et en plus on s’est initiées aux réseaux sociaux, donc le contact est permanent. Ce qui est incroyable est que chacune de nous, dans nos rencontres, redevient une jeunes adolescente d’il y a quarante ans. Sans les soucis des adultes. Une véritable source de jouvence. On n’a pas besoin de se faire du chichi parce qu’on sait d’où l’on vient. On oublie le monde d’aujourd’hui pour se remémorer avec plaisir les moments de nostalgie. Pour moi, ce sont les meilleurs moments de ma retraite.»

Nora, retraitée :
«Vive Facebook, j’ai retrouvé mon amie !»

«J’ai une amie avec qui j’ai passé toute mon enfance. Nous étions inséparables. On se chamaillait, on se disputait puis on oubliait tout. Il n’y avait que de bons souvenirs entre nous. Je n’aurais jamais pu imaginer qu’un jour je puisse passer deux jours sans la voir. Lorsqu’elle s’est mariée, cela a été pour moi un déchirement. Et, en plus, elle est partie vivre à l’étranger. J’ai deux sœurs, mais ce n’était pas la même chose. Nous nous sommes perdues de vue du jour au lendemain. Elle est restée présente dans mon cœur. Avec les années, la distance, la vie et tout ce qu’il y a autour, je n’ai plus eu de ses nouvelles, même si, au départ, je me rendais chez ses parents pour savoir comment elle allait.
Après mon mariage, il restait un vague souvenir d’elle. Je savais qu’elle se portait bien et je me demandais quand on allait pouvoir se reparler. J’étais certaine que notre amitié ne pouvait pas s’évaporer de cette façon. Jusqu’au jour où je reçois un message sur mon profil : «Si tu es née à telle date et que tu habites à tel endroit et que tes parents se nomment…, tu es mon amie.» Mon cœur n’a fait qu’un bond. C’était elle, ma Sarah, qui a cherché après moi. Pour moi, c’était comme une seconde naissance, une vague de joie et d’émotions. Depuis, on se parle de façon régulière avec autant d’innocence qu’à notre enfance. Pour moi, vive Facebook, juste pour le fait qu’il m’a permis de retrouver mon amie !»

Meriem, maman :
«Mes copines d’avant, mes copines de toujours»

«Pas besoin de faire de longs discours ; pour moi, mes copines d’enfance sont mes amies de toujours. Je n’ai pas besoin de les voir tous les jours et de leur raconter mon quotidien. Je pense à elles, je revois quelques photos et cela me remonte le moral. En cas de problème, je n’ai qu’à les appeler et c’est la même chose pour elles. Mes copines d’avant sont mes copines de toujours.»

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