Samedi 6 mai 2017
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Soirmagazine : ATTITUDES
L’alerte


Par Naïma Yachir
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Bien installée derrière son bureau, Fadéla est bien décidée à entamer sa journée de travail dans la joie et la bonne humeur. Matinale, elle commence à vérifier le courrier qu’elle doit signer ; elle feuillette son parapheur et, d’un geste machinal, farfouille dans son porte-stylo pour prendre le feutre qu’elle affectionne particulièrement afin d’apposer sa signature. Mais voilà, point de stylo ! Elle cherche encore. Toujours rien. Elle entre alors dans une colère noire. «Mais ce n’est pas possible, je l’ai posé moi-même hier soir avant de quitter le bureau.» Elle appelle sa secrétaire qui confirme l’avoir vu.
Elle ne comprend pas pourquoi les stylos disparaissent. L’alerte est donnée et tout le département lance des recherches. Son collègue, qui lui-même a perdu plus d’un, disserte sur tous ces stylos que l’on égare sans jamais savoir comment.
- J’ai le même problème. Hier, j’en ai prêté un pour l’émargement, on ne me l’a plus rendu. Je ne sais pas par quelle magie ils se volatilisent.
Fadéla revient à la charge :
- moi, ce stylo je ne le prête jamais. C’est un cadeau d’un être cher et je ne voudrais, en aucun cas, m’en séparer.
- c’est bizarre, mais ça me renvoie 30 ans en arrière, lorsqu’on était môme et, en classe, on volait tous les stylos qui nous tombaient sous la main. Le bleu était le plus coté. Le rouge, réservé à la maîtresse, ne se perdait jamais.
Fadéla ne lâche pas prise et demande gentiment aux employés s’ils n’avaient pas vu son fameux stylo. Et chacun y va de son histoire. «Pas plus tard qu’hier, un client m’a offert un très beau stylo à bille bleu. Je n’ai pas écrit une lettre avec, lorsque mon collaborateur qui partage mon bureau me l’emprunte pour faire les mots fléchés. Une fois la grille terminée, le stylo a disparu. Il jurera par tous les dieux qu’il l’avait déposé sur mon bureau. Il se confond en excuses et ne s’explique pas la disparition.»
Un autre renchérit : «Moi, j’avais pris des notes lors d’une réunion de travail pour rédiger le PV ; je ne sais pas comment je me suis arrangé, mais de retour à mon bureau, je cherche mon instrument de travail, je ne le trouve plus.» Fadéla poursuit ses recherches et, en désespoir de cause, fouille dans son sac à main.
Le stylo était à l’abri, bien au chaud dans son fourre-tout. Elle ne cache pas sa joie de l’avoir retrouvé. «Je te promets que plus jamais tu ne m’échapperas.» Comme quoi, même à l’ère des hautes technologies, on ne peut se passer du stylo. Il faut croire qu’il a encore de «vieux» jours devant lui.

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