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Actualités : Sidi-Moussa
On a pensé à tout sauf au vote !


De notre envoyé spécial à Sidi-Moussa, Abder Bettache
Jeudi 4 mai 2017. 10 h 30 mn du matin. Journée printanière à Sidi-Moussa, une des principales agglomérations de la périphérie Est de la capitale. Fait marquant, rien n’indique dans cette localité que ce jour, des Algériens sont appelés à choisir leurs élus pour la Chambre basse. Au centre-ville, tous les cafés sont bondés de monde. On parle de l’accession de l’USM Blida en Nationale une, de la visite effectuée du nouvel entraîneur de l’équipe nationale de football au complexe sportif. En somme, dans cette partie de la Mitidja, on parle de tout sauf des élections.
La localité de Sidi-Moussa, distante d’Alger de 25 km, comme d’ailleurs ses voisines de Baraki, de Bentalha ou encore des Eucalyptus, n’offre plus le décor qu’elle offrait durant les années 1990 ou encore au milieu des années 2000.
A l’entrée de la ville, les voitures avancent lentement. Un barrage de la police régule la circulation. La plupart des automobilistes sont venus d’Alger pour faire leur marché hebdomadaire dans cette localité de la capitale. A une centaine de mètres du point de contrôle, un point de vente des fruits et légumes. Le prix de la pomme de terre est affiché à 50 DA. «Je préfère faire mes courses ici à Sidi-Moussa que de subir le diktat des commerçants de la capitale», nous explique un citoyen résidant à la cité des Bananiers de Mohammadia. Et de lancer à notre adresse : «Ana Mansoutich.» (Moi je ne vote pas). Notre interlocuteur est un enfant de la localité. Ses propos sont annonciateurs de l’ambiance qui règne à Sidi-Moussa. Première halte : un centre de vote se trouvant non loin d’une permanence électorale du FLN. A l’intérieur, c’est le calme plat. Rien n’indique que cette école doit accueillir durant toute la journée des votants.

Ambiance mitigée
A deux cents mètres du centre du vote, se trouve le café «El Djazira». A l’intérieur et contrairement aux années passées, la télévision est branchée sur une chaîne satellitaire nationale spécialisée dans le football.
Les quelques personnes présentes suivent avec beaucoup d’intérêt le reportage traitant de la grève des joueurs de l’USMH. Ici à Sidi-Moussa comme partout en Algérie, on respire pleinement le football. Et à la différence des autres jeunes de la capitale, ceux qui résident à Sidi-Moussa sont quelque peu gâtés. «Nous sommes toujours les premiers à croiser les joueurs de l’équipe nationale au niveau du centre de préparation. C’est notre droit après avoir vécu la terreur durant des années», déclare-t-on. Mais à l’intérieur du café, l’ambiance est mitigée.
Un jeune militant du FLN, par ailleurs adhérent de l’UNJA, tente de convaincre deux de ses copains d’aller voter. Subitement, un débat houleux est engagé entre les trois personnes. Un quatrième fait une incursion. «C’est incroyable ce qui se passe dans notre pays. Même les footballeurs sont touchés. C’et le flou et l’impasse partout», lâche-t-il.

1 000 à 2 000 DA pour surveiller l’urne
Contrairement aux scrutins passés, rien n’indique que ce jour il y a vote à Sidi-Moussa. Démobilisation citoyenne ? Les quelques personnes que nous avons rencontrées ce jour évitent de parler politique.
Karim, gérant d’un cybercafé, livre son témoignage. «Ce n’est plus l’ambiance des années 1990 et du milieu des années 2000. Il n’y a plus la mobilisation citoyenne d’avant.
Vous savez que le match ayant opposé deux jours avant le Real à l’Atlético a dominé la discussion de la population plus que le discours des 15 partis représentés ici à Sidi-Moussa.» Et d’ajouter sur un ton d’amertume : «Vous savez que la notion de patriotisme que cette localité avait connue durant les années noires a totalement disparu. Des partis ont acheté la «mobilisation» des jeunes pour être leurs représentants au niveau des bureaux de vote.
On a payé entre mille et deux mille dinars pour porter le badge du parti.» Il est 11h45, un soleil de plomb s’abat sur la ville. On commence à déserter les rues.
L’indifférence de la population vis-à-vis du scrutin est totale. Prémices d’un désintéressement généralisé, alors que lors des scrutins des années 1990 et du milieu des années 2000, l’ambiance était tout autre.

Pas de patriotes sur les listes électorales

Tous les partis engagés dans la bataille électorale au niveau de la capitale se disputent le lectorat de la localité de Sidi-Moussa. Toutefois, un fait particulier caractérise le scrutin du 4 mai. Sur les listes électorales, on trouve un pourcentage minime de candidats ayant eu le statut de patriote. Et pourtant, dans un passé récent, cette frange de la société occupait les premières places des listes électorales. «Même les partis traditionnels se revendiquant du combat démocratique ont tourné le dos à ces valeureux citoyens qui ont payé de leurs vies pour le bien et la sécurité de notre pays», nous dira un sexagénaire ayant vécu les pires moments de la décennie noire. Et de poursuivre : «J’ai comme l’impression que je suis dans une autre Algérie.» A l'école Daoud-Mouloud, au centre-ville, le niveau de participation à la mi-journée est de 5,70% pour 6 589 inscrits. «Echaâb m'rag we ennessba qlila.» (Le peuple a compris et le taux est faible), dit un représentant du PT. Il est 16 h passées. Le taux de participation est toujours faible. A Sidi-Moussa, comme partout dans le Grand-Alger, on pense à tout sauf au vote.
A. B.

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