Dimanche 11 juin 2017
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Chronique du jour : SOIT DIT EN PASSANT
Terroriste ou victime ?


Par Malika Boussouf
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Il est des jours comme ça où lorsque l’on entend dire qu’en France, un doctorant algérien de 40 ans s’en est pris à un policier et a foncé sur lui en hurlant «c’est pour la Syrie» et qu’il est un «soldat du califat», on se demande à quoi peut correspondre cette folie meurtrière qui, un matin, s’est emparée d’un homme que des personnes qui l’ont fréquenté de près vous décrivent, de façon stupéfiante et convaincues de faire œuvre utile, comme un être pacifique, d’une extrême ouverture et d’une grande douceur. On se surprend, du même coup, à douter que l’universitaire, dont les témoins parlent, ait pu réellement sonner la charge contre un agent des forces de l’ordre du pays dans lequel il a choisi d’aller, sinon végéter, du moins réussir à soutenir sa thèse.
Quand on vous affirme que les services de renseignements ne se méfiaient pas du danger que l’individu représentait et que la famille ne se doutait pas de ce qui se tramait dans la tête du futur soldat, vous comprenez, sans cautionner la paranoïa ambiante, que la crainte de voir se multiplier des actions identiques puisse perturber le quotidien de personnes qui sinon n’auraient aucune raison de s’en prendre à la présence, dans leur pays, d’étudiants et autres profils étrangers. Voilà comment d’indésirables migrants qui espèrent que parmi les portes qui se ferment, il y en aura toujours une qui restera entrebâillée, voient leur futur davantage compromis par un ennemi qu’ils trouvent là où ils ont cru pouvoir bénéficier de protection. Il y a, certes, une différence entre choisir d’aller s’implanter quelque part et s’arracher, la mort dans l’âme, à une terre qui vous a vu naître.
Dans l’affaire du parvis de Notre-Dame de Paris, l’homme, que ses connaissances voudraient transformer en victime, n’a été contraint ni de quitter son pays ni de prêter allégeance à la monstrueuse organisation dont il s’est réclamé. Le dépit, l’amertume et les difficultés de la vie peuvent-ils à eux seuls transformer un homme et en faire un exécutant de Daesh ? Si tel était le cas, rien n’empêcherait les millions de laissés- pour-compte de verser dans un règlement de compte généralisé.
M. B. 

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