Dimanche 11 juin 2017
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Actualités : IL SE RENDRA BIENTÔT À ALGER
Macron débloquera-t-il le dossier Peugeot ?


La visite qu’effectuera «dans les toutes prochaines semaines» en Algérie le Président français, Emmanuel Macron, sera marquée du sceau économique comme cela est de coutume à chaque venue d’un chef d’Etat français. Le dossier Peugeot, qui traîne encore, devra occuper les discussions entre les deux parties française et algérienne.
Younès Djama - Alger (Le Soir)
- Entre les deux pays, il existe plusieurs points de satisfaction en matière de coopération bilatérale, en témoigne le projet Renault ainsi que d’autres partenariats autrement réussis. Mais, tant d’un côté comme de l’autre, a-t-on réellement la même vision ? Pas si sûr, à en croire l’expert Ferhat Aït Ali.
«Du côté algérien, il semble que le politique a pris le dessus sur l'économique, mais du côté français, c'est l'inverse. Pour l'instant, les gros des contentieux commerciaux entre les deux parties a été réglé par Sellal, soit par compromis, soit au profit des thèses françaises. Il reste le dossier Peugeot, qui butera sur un obstacle de taille, dans la mesure où c'est toute cette industrie de montage qui est à revoir, et pas uniquement ce dossier ou un autre, Macron va tenter de le faire passer, mais cela va être assez difficile, si toute la vision algérienne sur ce secteur est revue, dans un sens plus conforme aux intérêts algériens», relève-t-il.
Mieux, la vision française des relations avec l'Algérie, en matière économique, daterait, selon Aït Ali, des années 1970, et «celle-ci considère l'émigration même de deuxième ou troisième générations comme une sorte de carte économique ou de service rendu à l'Algérie, qu'un phénomène interne à la société et à l'Etat français».
Dans l'état actuel des choses, croit durement l’économiste, et sauf changement de vision localement, avec un plan économique précis, il n’y a aucune chance de voir la vision française évoluer dans le sens d'une coopération sans arrière-pensées, ou d'une relation neutre et sans préjugés de départ. «Je ne pense pas que Macron, lié directement aux intérêts des entreprises françaises, impliquées dans le marché algérien comme exportatrice, aura une vision différente de celle de ses prédécesseurs, tant qu'il n'aura pas en face une vraie vision économique, dans laquelle la France sera invitée à jouer un rôle positif aux côtés d'autres puissances, ou à céder la place, si tel n'est pas son projet chez nous», dit-il.
L’économiste aimerait voir la partie algérienne mettre sur la table la révision de l'accord d'association avec l'UE, en demandant aux Français de se positionner avec ou clairement contre les thèses algériennes. «Dans notre demande, on saura au moins qui fait quoi et qui est qui, vis-à-vis de nous en Europe», explique-t-il. Il ne manque pas de rappeler qu'en 1995, alors que l’Algérie était durement touchée par le terrorisme, la France, à travers sa compagnie aérienne, avait été «aux avant-postes de l'embargo aérien qui s'en est suivi et que toute l’Europe a appliqué, avant de conditionner son retour chez nous par des conditions de quasi-monopole sur le ciel, vers la France, sachant à cette époque qu’Air Algérie ne faisait pas le poids toute seule». Il reste que les entreprises françaises consolident leur place en Algérie, devant leurs homologues d’autres nationalités.
Une récente étude dévoilée par la Chambre de commerce et d'industrie algéro-française (CCIAF) révèle que l’investissement français est le plus diversifié et plus important parmi les sociétés étrangères hors hydrocarbures. Ce travail, basé sur les bilans de l’année 2014, est fondé sur une analyse des comptes sociaux des 50 plus grandes sociétés étrangères hors hydrocarbures de chacun de 6 pays partenaires implantés en Algérie, que sont la France, l’Espagne, l’Italie, la Chine, la Turquie et l’Allemagne. En termes de chiffres, le total net des IDE français en Algérie, à fin 2014, est de l’ordre de 2 019 millions d’euros.
Y. D.

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