Dimanche 11 juin 2017
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Actualités : CRISE DU GOLFE
Les islamistes algériens au secours de Doha


La crise entre l'Arabie Saoudite et le Qatar semble avoir modifié la perception de la mouvance islamiste algérienne à l'égard du régime wahhabite. Avec des mots durs, ses alliés d'hier émettent des critiques sans limites et avouent avoir des craintes pour l'avenir de certaines questions centrales du monde musulman.
Abla Chérif - Alger (Le Soir)
- Et c'est comme si ce monde musulman avait basculé cette dernière semaine lorsque, contre toute attente, l'Arabie Saoudite annonçait la rupture de ses relations avec le Qatar. Elément indissociable des monarchies du Golfe qui font locomotive avec le reste des Etats arabo-musulmans, le petit voisin est soudain mis au banc des accusés, cloîtré dans une muraille bien fragile où la présence des deux plus grandes bases américaines de la région ne semble plus signifier grand-chose en ces temps.
Les émirs régnant sur ce minuscule territoire sont accusés de financer les groupes terroristes qui menacent dangereusement tout l'équilibre géopolitique de la sphère. Les pistes émises par les plus grands analystes de la planète pour tenter de comprendre les enjeux en cours sont pourtant balayées d'un revers de la main par ce qu'il est convenu d'appeler les gardiens de la pensée islamiste en Algérie.
Allié il y a encore quelques jours, le régime wahhabite est soudain vu sous un autre jour. Celui du grand frère qui a failli à ses obligations, trahi la «famille» en se pliant aux volontés de satan. Pris dans ses obligations, Abderrezak Mokri n'hésite pas à prendre le temps d'expliquer son point de vue. Le patron du Mouvement de la société pour la paix (MSP) assène ses vérités : «C'est une position désolante, irresponsable, une soumission inconcevable.
Cette crise va se dissiper sans nul doute, mais elle laissera incontestablement des séquelles dans le monde musulman qui a besoin d'union. Cette position risque de jeter davantage le trouble et accentuer les dissensions dans le monde arabo-musulman. Comment prendre une telle décision sans tenir compte de ses conséquences sur le peuple qatari lui-même, sans tenir compte de tous les citoyens de ce pays bloqués un peu partout, et il y en a beaucoup ?» L'origine de la crise est une question qui ne se pose pas, soutient Mokri. «En tant que politiciens, nous nous en tenons aux faits et aux déclarations publiques. Les premiers responsables de cette situation ont exigé du Qatar qu'il cesse de soutenir le Hamas palestinien. Tout a été dit...»
Doubi Mohamed Salah, secrétaire général du Mouvement Ennahda, développe : «La nouvelle en question nous a réellement inquiétés. Nous sommes face à un travail diplomatique étrange. Tous ces Etats qui ont rompu leurs relations avec le Qatar coopèrent avec l'Arabie Saoudite. Les raisons de cette démarche ont un lien indéniable avec les groupes qui agissent pour modifier l'équilibre régional au profit d'Israël. Le but est de stopper l'aide fournie par le Qatar au mouvement palestinien. C'est le résultat de la visite de Trump, il l'a dit lui-même. L'administration américaine l'a contredit en appelant au dialogue, mais le mal est fait. Pour toutes ces raisons, nous soutenons totalement la position officielle de l'Algérie qui a su, une nouvelle fois, garder sa neutralité et faire preuve de sagesse en appelant au dialogue.»
Benkhelfellah du FJD (Front pour la justice et le développement) saisit l'opportunité de la question qui lui a été posée pour placer un commentaire taquin. «Vous savez, on nous a fait la même chose ici. On a coupé toutes relations avec nous en nous empêchant d'entrer à l'APN en dépit de tous les dossiers réglementaires et le travail sans faille que nous avons fournis.
Mais notre position à l'égard de la crise qui sévit dans le Golfe est la même que celle des officiels algériens. Nous sommes pour le dialogue, nous ne voulons pas d'affrontements, les peuples en pâtissent trop. Les responsables de cette situation ont démontré qu'ils obéissent à Trump et aux Etats-Unis. Réalisez-vous que cette décision a été prise en plein mois de Ramadhan, sans se soucier des répercussions qu'elle pourrait avoir sur le système alimentaire du Qatar. La logique n'aurait-elle pas été de régler cette crise entre pays musulmans ?»
A. C.

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