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Actualités : DU FAIT DE LA DÉPRÉCIATION DU DINAR ET DES DÉPARTS EN VACANCES
L’euro bat des records


Que ce soit pour les vacances ou pour la période du Hadj, les Algériens accourent aux banques et aux marchés parallèles pour acheter les euros. Si la banque propose l’allocation touristique à 125 euros par an, à la contre-valeur de 15 000 DA, au marché parallèle, l’euro vaut 194 DA.

Mounira Amine-Seka - Alger (Le Soir)
- Selon les dernières déclarations des responsables de la Banque d’Algérie, le montant de l’allocation touristique est fixé, depuis quelques jours, à 125 euros, à la contre-valeur de
15 000 DA par an. Ce petit montant qui ne permet pas une seule nuitée dans un hôtel décent oblige les citoyens à se diriger vers le marché parallèle. Seulement, au vu de la période du Hadj, l’euro flirte avec la barre de deux cents dinars, au square Port-Saïd ; et la demande atteint un pic que «nous ne ressentons que lors de cette période», confie un cambiste au square.
Le marché parallèle flambe et le dinar reste au plus bas. Un homme passant avec son épouse devant un cambiste demande la valeur de l’euro et, sans même attendre la réponse, continue son chemin. Plus loin, il confie qu’«il n’est plus possible de voyager. Avant, quand nous n’étions qu’à deux, ça allait, mais là, avec deux enfants, c’est vraiment inaccessible. Il faut aussi comptabiliser les frais du visa, le prix du billet, l’allocation touristique… C’est de la folie ! Même avec un salaire de près de 100 000 DA chacun, nous n’y arrivons plus !» regrette-t-il.
Si l’euro est aussi cher, «c’est également dû au grand retour des trabendistes, depuis la restriction des importations», dit un cambiste, ajoutant qu’«ils arrivent parfois à acheter des montants allant de 2 000 à 3 000 euros. Sinon, les ménages ne dépassent pas les 500 à 700 euros au change», précise-t-il.
Si le 28 juin dernier, l’euro avait progressé de 1,24% à 122,94 dinars, dans les cotations officielles de la Banque d’Algérie, applicables dans les transactions officielles, sa hausse s’explique par l’appréciation de l’euro face au dollar américain qui s’affiche à 1,13 usd l’euro.
Selon les conclusions de la mission d’observation du Fonds monétaire international (FMI), si l’euro est aussi cher, ce serait à cause de «la croissance qui a ralenti dans le secteur hors hydrocarbures en partie, sous l’effet de la réduction des dépenses». Selon les estimations du FMI, l’Algérie a enregistré un taux de croissance de 2,9% du PIB, en 2016. Seulement, le taux d’inflation est passé de 4,8% en 2015 à 6,4% en 2016, et a atteint les 7,7%, en février dernier. Face à ces chiffres, le FMI a préconisé aux autorités algériennes de relever leur taux directeur.
En ce qui concerne les réserves de change, le FMI a fait observer que bien qu’abondantes, elles chutent rapidement, sachant que, selon Mohamed Loukal, gouverneur de la Banque d’Algérie, elles étaient au-dessus de 100 milliards de dollars, début avril.
La mission d’évaluation de l’économie algérienne a encouragé le pays à «une plus grande flexibilité du taux de change», chose qui permettrait le développement du secteur privé. Pour cela, des mesures pour développer le marché des changes et réduire l’activité sur le marché parallèle qui est estimé à plus de 5 milliards de dollars par an doivent être mises en œuvre, mais le gouverneur de la Banque d’Algérie trouve que l’ouverture des bureaux de change était «prématurée».
M. A.-S.

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