Jeudi 7 septembre 2017
Accueil | Edition du jour
 
Actualités
Périscoop
Sports
Femme magazine
Régions  
Faits divers  
Monde  
Culture  
Haltes Estivales
Ce monde qui bouge
Soit dit en passant
Pousse avec eux
Edition du jour
Nos archives en HTML


Chronique du jour : HALTES ESTIVALES
L’improbable voyage des Verts en Russie


Par Maâmar Farah
[email protected]
J’étais bien tranquille cette semaine parce que je n’attendais rien de ces Verts édulcorés. En fait, je savais depuis ce fameux nul contre le Cameroun qu’il n’y avait plus rien à attendre d’une phase qualificative qui n’aura qu’un seul gagnant : le Nigeria ! Ma chronique du 20 octobre 2016
Parlons football et particulièrement de l’équipe nationale. J’ai déjà écrit qu’il était exagéré et absolument grotesque de faire monter «victorieusement» une sélection de football sur un bus défilant dans les rues de la capitale pour une simple qualification au deuxième tour de la Coupe du monde (édition 2014) ! De nombreuses équipes africaines sont parvenues à ce stade, et même plus loin, sans céder à ce «voyeurisme» déplacé ! Même le finaliste de cette épreuve ne l’a pas fait ! A tout seigneur, tout honneur : seul le Onze allemand était à sa place sur le car paré aux couleurs de la Mannschaft. A ce moment-là, les patrons du football national – et certainement les responsables politiques – avaient poussé le bouchon un peu trop loin. Certes, il y eut un précédent : la qualification d’Oum Dourman. Mais on pouvait considérer que cette joute héroïque et qui nous remettait sur selle après une longue absence au Mondial – et dans les conditions que l’on sait – valait ce tour d’honneur dans les rues de la capitale. En fin de compte, il serait peut-être utile de tout relativiser en se penchant sur le bilan des Verts de ces dernières années. Deux qualifications successives à la Coupe du monde après une parenthèse de plus de trois décennies donnent, certes, du baume au cœur et des ailes aux rêves les plus fous mais ce n’est ni le sacre, ni la preuve que tout baigne dans notre football, obligé de faire appel aux Algériens formés et jouant en France pour bâtir un Onze valable. A moins de considérer que se qualifier est une fin en soi ! Au cours de ces deux phases finales, qu’avons-nous réalisé qui vaille d’être cité comme une œuvre grandiose ?
Avons-nous, par exemple, gagné une coupe d’Afrique ? En Coupe du monde : aucune victoire en 2010 (un nul et deux défaites). Un match héroïque contre l’Angleterre mais sans résultat positif et puis, plus rien… En 2014, le bilan fut légèrement meilleur en phase éliminatoire (une défaite, une victoire et un nul). C’était suffisant pour nous envoyer en huitièmes de finale et puis ce fut ce grand match contre l’Allemagne, ce moment inoubliable de combativité, de générosité dans l’effort et de solidarité dans le jeu qui ont ébloui le monde. Mais tout cela n’a pas suffi à rééditer le coup de 1982 face à la République fédérale d’Allemagne ! Au final, triste bilan pour deux participations : quatre défaites, deux nuls et une pauvre victoire ! Les chiffres sont impitoyables ; ils ne frissonnent pas quand retentit l’hymne national, ils ne brandissent pas les drapeaux, ne se colorent pas le visage de vert sur les gradins enflammés: ils sont froids mais tristement authentiques ! Une petite victoire pour sept matchs ! Et le paradoxe est que nous avons pavoisé pour ces maigres résultats ! En Coupe d’Afrique, rien à signaler, hormis cette qualification en demi-finales contre l’Égypte où les Verts furent étrillés par les vaincus d’Oum Dourman, dans un match-revanche typique. Evidemment, nous nous en prenions à l’arbitre et nous agréâmes la sortie des Algériens pour saluer les Verts et dénoncer le parti-pris du referee mais, avec le recul, il faut reconnaître que les Verts n’étaient guère brillants à un stade de la compétition où seuls les «puissants» peuvent forcer les portes de la qualification. Et ce classement de la FIFA ? Il fut certes justifié car, sur tous les matchs qu’elle a disputés, en phases qualificatives africaines comme en joutes pré-mondiales, les victoires se succédaient aussi bien sur le terrain fétiche de Blida (l’est-il toujours ?) qu’à l’extérieur.
Ayant acquis une rigueur tactique remarquable et une bonne défense sous Saâdane, les Verts se remettaient à croire en leurs possibilités offensives sous Halilhodzic. Le dernier épisode avec Gourcuff fut celui du renforcement des acquis, d’une maîtrise presque parfaite du jeu collectif et d’un généreux penchant pour l’offensive, point fort de l’entraîneur breton. On était donc sur la pente ascendante et, au moment où l’on s’attendait à voir Gourcuff continuer le travail admirable de Saâdane et Halilhodzic et en tirer le meilleur profit, voilà que le coach français décide de partir, interrompant l’immense chantier entamé une décennie auparavant. Au lieu d’agir vite – on était à quelques encablures de la première rencontre contre le Cameroun ! –, en faisant appel à un entraîneur de haut standing pouvant communiquer avec les joueurs, la FAF, qui a parfois des choix hasardeux, fit appel à un coach certes qualifié mais qui a besoin d’un… interprète pour parler à ses poulains ! Il semble aussi que le courant ne soit pas bien passé entre lui et certains joueurs. En tout cas, il y a quelque chose de cassé au sein de cette équipe. Le match qu’on na pas remporté contre un Cameroun facilement prenable car n’étant plus ce team tant redouté par le passé, fut justement le match à gagner à tout prix ! Dans un groupe de la mort qui n’est certainement pas sorti par hasard (a-t-on idée de ne pas mettre ces puissances du football africain que sont l’Algérie, le Nigeria, le Cameroun et même la Zambie, dans le même pot du tirage au sort ?), chaque rencontre vaut son pesant d’or mais il s’agit surtout d’éviter les faux-pas à domicile. Un maigre point dès le premier match at home, ça devient une vraie catastrophe quand, au même moment, le Nigeria – grand favori – glane trois points à l’extérieur.
Mais cette situation a un avantage certain. Nous n’allons pas perdre notre temps à compter les points et à faire des calculs inutiles ! Le hasard a fait que le tout prochain match se jouera au Nigeria et là, mes frères, l’équation est toute simple : on perd – ce serait logique – et nous voilà à cinq points du premier, donc ce sera foutu pour Moscou ; on gagne et nous passons devant le Nigeria : l’espoir d’y arriver resterait intact ! Donc, tout se jouera au cours de ce prochain duel et si l’on perd, il ne faut surtout pas croire ceux des plateaux TV, hyper-nationalistes mais nuls en foot, qui nous diront que c’est encore jouable ! En fait, ce qui attend les Verts le 7 novembre à Uyo est un véritable «quitte ou double» ! Personnellement, je ne crois pas que le Nigeria se laissera faire. Cette puissante machine qui voit arriver, année après année, une pléiade de jeunes joueurs talentueux des catégories inférieures, a tout pour s’imposer. Les Algériens, qui ont multiplié les maladresses à Blida et péché par un «esthétisme» de mauvais goût, en cherchant parfois la manière au détriment de l’efficacité, doivent retrouver la rigueur tactique et un jeu technique dépouillé et sans déchets. Mais ils doivent surtout retrouver l’âme guerrière d’Oum Dourman ! Serait-ce possible avec des éléments dont beaucoup sont parés du titre de «stars» alors que ceux du Soudan étaient des inconnus dans le gotha mondial ? Je suis sceptique parce que je continue de penser que nous avons perdu la qualification face au Cameroun.
M. F.

Nombre de lectures : 1

Format imprimable  Format imprimable

  Options

Format imprimable  Format imprimable

La copie partielle ou totale des articles est autorisée avec mention explicite de l'origine
« Le Soir d'Algérie » et l'adresse du site