Mardi 19 septembre 2017
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Chronique du jour : DIGOUTAGE
Assia Djebar et les autres


Par Arris Touffan
Et l’éternel débat reprend ! Parce qu’à Paris, on a décidé d’octroyer à une bibliothèque le nom de «notre» Assia Djebar, ici, nous faisons de nouveau des gorges chaudes. Deux types de réactions.
1. Celles qui laissent entendre que, consacrée en France, l’auteur des Alouettes naïves n’a qu’à y rester pour la postérité. Qu’elle ait été une nationaliste convaincue, et une écrivaine typiquement algérienne, ils n’ont en cure.
2. Celles qui expriment un désappointement. On l’a laissé partir, et maintenant, on ne la reconnaît même pas comme une des nôtres. Donner son nom à une bibliothèque algérienne est vraiment la moindre des choses.
Evidemment, on voudrait qu’Assia Djebar donne son nom à une institution culturelle ou universitaire dans ce pays qui est le sien et qui est resté, en dépit de toutes les vicissitudes, le sien. Toute son œuvre le démontre.
On a la même chose avec Mohamed Arkoun, ignoré officiellement et de son vivant et après sa mort. Qu’une bibliothèque parisienne porte son nom n’a même pas titillé notre amour-propre national, en dehors de quelques associations. Pareil d’ailleurs pour Assia Djebar qui fait l’objet de sollicitude de la part d’associations.
D’ailleurs, c’est l’occasion de remarquer que c’est autour des écrivains, vivants ou disparus, que se mènent les débats de fond dans ce pays. C’est une absolue faillite de la sphère politique.
Et voilà Assia Djebar devenue, à son corps défendant, si j’ose dire, l’enjeu d’une vieille querelle du rapport à l’ancien colonisateur. Et voilà Kateb Yacine, décédé depuis presque trente ans, présent dans tous les débats, que ce soit en littérature, dans la question des langues, celle de la religion et concernant la place de l’intellectuel par rapport au politique. Mouloud Mammeri, dont on fête le centenaire cette année, revient plus que jamais dans l’espace de débat national sur la question berbère et le regard critique de l’artiste sur le politique dévoyé. Enfin, les vivants. Rachid Boudjedra, Boualem Sansal, Kamel Daoud et bien d’autres condensent, sur des méridiens différents, et pour des raisons différentes, autour d’eux des questions fondamentales qui devraient, peut-être, être débattues ailleurs et autrement que par la polémique amère.
A. T.
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