Chronique du jour : DIGOUTAGE
Paysage matinal


Par Arris Touffan
Faut pas désespérer ! Pas totalement en tous cas. Rien n’est perdu. Pas totalement non plus. Dieu merci, ce pays ne sera pas jeté avec l’eau du bain. Tu vois, je me réveille ce matin gonflé d’optimisme. Dopé d’espoir. Boosté par la lumière.
Et pourtant, à vue de nez, il n’y a pas vraiment de quoi. Dans ce paysage post-atomique, d’où peut-on puiser de l’optimisme, franchement ? Que vois-je dès les premiers coups d’œil auroraux ? Eh bien une bonne et belle crise économique qui promet de laisser de la casse sur son passage. Je vois aussi un premier ministre se démener pour nous faire avaler l’indigeste. D’ailleurs, je vois qu’il n’y a que lui dans ce gouvernement. On parle du président de la République comme de l’absent. On l’invoque plus qu’on l’évoque. On ne voit aucun ministre. Aucun haut responsable. Il n’y a personne. Il n’y a que le vaillant Ouyahia que l’on voit, le yatagan brandi et l’écume aux lèvres, parti à l’assaut de la crise, des opposants, du monde entier. Voilà, ce que je vois dès les premières lueurs du jour. Le dinar rabaissé au stade quasiment de monnaie de singe. Les cantines scolaires qui ferment pour que le pays ne coule pas. Et ainsi de suite. Que du négatif. De l’anxiogène. Du chaos. Et le pire dans tout ça, c’est de voir, ou de redécouvrir, que nos gouvernants ne gouvernent rien du tout, ne prévoient rien du tout, ne programment rien du tout. Bref, ils ne savent pas gouverner. Bref bis, ils sont incompétents. Voilà, c’est dit ! Faut être vachement nullatre pour fiche en l’air des milliards de dollars pour se retrouver in fine à fermer de malheureuses cantines scolaires ! Si ce n’est pas de l’incompétence, ça !
Et voilà donc, ce que je vois de bon matin. Les journaux regorgent de traces de crise, de morosité, des taches de cette insigne incompétence qui continue et continue. Mais, et c’est peut-être ça qui me gonfle d’optimisme, le FLN est là, toujours, ouallah on dirait Goldorak ! Et il prépare les élections ! Et ça bataille là-dedans comme de beaux diables. Et ça discute comme s’il s’agissait de refaire un autre 1er novembre 1954. Ça, ça te donne du punch ! On peut encore, dans ce paysage à la Mad Max, où tout est déglingué et où personne n’est à sa place, penser à des élections ! Je te dis que le pays n’est pas perdu tant que la soif de pouvoir est aussi forte et intense ! Pouvoir même si c'est sur un morceau de désert...
A. T.
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