Mardi 10 octobre 2017
Accueil | Edition du jour
 
Actualités
Périscoop
Sports
Femme magazine
Le Soir Retraite
Contribution
Régions  
Culture  
A fonds perdus  
Soit dit en passant  
Digoutage
Pousse avec eux
Edition du jour
Nos archives en HTML


Y aller ? Ou pas ?

Par Hakim Laâlam  
Le ministre de l’Intérieur l’a promis : «Les élections de
2022 seront électroniques» Et la…

… fraude, elle sera digitale ?

Chaleur torride sur la caserne. On est pourtant au mois d’octobre. Mais les mois d’octobre sont comme ça en principauté de Dézédie, à faire pâlir de jalousie tous les tour-opérateurs de la planète. Une escouade est dans la cour centrale. Barda au pied : «Alors, chef ! On y va, ou on n’y va pas ?» lance d’une voix déjà fatiguée le sergent à son supérieur. De l’estrade, le chef, les doigts en paravent sur les yeux, scrute au loin, au-delà des murs de la caserne : «Pour l’instant, non ! On reste là. Assis. Pas bouger !». Les hommes en bas grognent un peu. Pas trop. Juste pour la forme. L’un d’eux ose pourtant une question au sergent : «Dis sergent ! On ne nous avait pas dit, il y a une heure, qu’il fallait nous préparer à y aller ?» Le sergent, ainsi sorti de sa torpeur, regarde le bidasse d’un œil torve, et lâche, presque à regret : «Oui, mais ça, c’était y a une heure. Maintenant, t’as bien entendu le commandant, nous, pas bouger.» La radio grésille. Dans ce décor lunaire, on dirait des brindilles qui auraient pris feu sous l’effet du soleil. Le commandant se raidit un peu plus, presque au garde-à-vous, dit «oui M’sieur» trois fois de suite et s’adresse à nouveau au sergent : «Dites aux hommes de se tenir prêts. On nous confirme qu’une… confirmation de mouvement serait en… mouvement.» Le sergent, visiblement ennuyé par ce ménage, s’exécute malgré tout, en bon soldat : «Colonne par deux. On vérifie le matériel et on se prépare. Il se pourrait qu’on bouge bientôt.» Le sergent allait rajouter «enfin !», mais il se retint. Discipline ! De nouveau, la radio. Et à nouveau le commandant au garde-à-vous devant un talkie ! «Sergeeeeent ! Fausse alerte ! On repose le barda, et on attend !» Un frémissement secoua l’escouade. Comme une vague mauvaise. Une mauvaise vague secouant les dunes alentour. Des hommes lourdement équipés, laissés là sous le soleil, au milieu de nulle part, sans savoir s’il faut y aller ou pas, même Dino Buzatti ne l’aurait pas tenté. Aussi longtemps. Je fume du thé et je reste éveillé, le cauchemar continue.
H. L.

Nombre de lecture : 1

  Édition papier
Voir la une du journal en PDF
     

Dernier sondage 
Pensez-vous qu’il faut un véritable plan Marshall pour lutter contre la déperdition scolaire ?
Oui : 84,10%
Non : 12,70%
Sans opinion : 3,20%


La copie partielle ou totale des articles est autorisée avec mention explicite de l'origine
« Le Soir d'Algérie » et l'adresse du site