Jeudi 19 octobre 2017
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Chronique du jour : SOIT DIT EN PASSANT
Entre malaise et compromis !


Par Malika Boussouf
[email protected]
Je n’ai pas encore décroché de cette histoire de harcèlement qui, en à peine quelques jours, a largement débordé des frontières d’Hollywood, parce que tout le monde semble s’être pris d’engouement pour elle. Je me garderai bien de dire qu’il n’y a aucune raison d’en faire autant. Que tellement de voix s’élèvent en même temps pour exprimer sympathie pour les unes et rejet pour l’autre n’est pas surprenant.
Au contraire, cela rassure. Ce qui est déconcertant, par contre, c’est le fait que les langues se délient à un moment plutôt qu’à un autre. Presque trop tard, diront certains ! Comment expliquer, en effet, que tout le monde sache mais que personne ne dise rien pendant des dizaines d’années et qu’un matin, une victime qui ne supporte plus de garder le silence décide de hausser le ton et en pousse d’autres, jusque-là dans la soumission et le compromis, à faire pareil ? Parce que se taire équivaut quelque part à composer avec le violeur et avec la société que l’on craindrait trop puritaine pour encaisser et montrer de la compassion lorsque pareils scandales viennent troubler son ronron. Elles sont quand même incroyables ces femmes qui ont la force des projecteurs pour elles, mais qui se taisent par peur de ternir leur réputation ou de compromettre leur carrière, jusqu’au moment où le silence qui conforte le traumatisme devient impossible à vivre. Elles ne parlent pas alors qu’il suffit que l’une d’elles oublie ses ambitions, mette de côté les risques encourus dans le cas d’un témoignage de sa part et le fasse pour que sa vie change de ton et prenne une tournure plus apaisée. Parce que rester discrètes sur les assauts d’un monstre lubrique, au pouvoir certain, renforce indéniablement le malaise.
Qu’est-ce qui fait qu’une actrice qui a la notoriété pour elle et bénéficie de la crédibilité nécessaire pour se faire entendre et se retourner contre son violeur ne le fait pas au moment où cela se passe et attend de s’assurer que personne ne la jugera avant de monter au créneau ? Et pourtant, la dénonciation, quand elle est relayée par un média qui a pignon sur rue, permet de rompre avec l’invivable compromis.
M. B.

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