Jeudi 19 octobre 2017
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S’il te plaît, ne me dessine surtout pas un mouton !

Par Hakim Laâlam  
Harcèlement sexuel ! Ça y est ! C’est décidé ! Moi aussi,
je lance mon mouvement…

… #balancetonmouton !

Alger. Alger Capitale. 15 heures 45 minutes. Rue Didouche-Mourad. Rue Michelet, pour la famille du bachagha Bengana. Un jeune, cheveux gominés, survêtement Lacoste «chin’wi». Le pas alerte. La démarche altière. L’œil en aguet panoramique, surfant sur la foule. Il tient en laisse… Oui, là, à ce niveau de ma description, je suis bien obligé de marquer une pause. D’abord, j’ai une envie furieuse de ménager mes effets. Peut-être qu’un éditeur remarquera «mon ménagement d’effets spéciaux» et me proposera un contrat. Ensuite, il n’est pas question que je vous épargne le choc que j’ai reçu et vécu moi, lorsque j’ai découvert ce «qui était tenu en laisse» par ce jeunot. Mon cœur en a souffert. Le vôtre doit aussi souffrir ! Je reprends donc après ce préambule tout plein de suspense sirupeux. Au bout de la laisse, en plein rue Didouche, dans Alger Capitale, à 15 heures 45 minutes, tenu en laisse par un jeune aux cheveux ruisselants de gel un… bélier de combat ! Oui, Messieurs et Mesdames. Pas un p’tit mouton chétif. Pas un mouton normal. Non ! Un bélier énorme, tout bourré de biceps, de triceps et visiblement d’hormones de croissance. Les cornes à l’infini, teintes au henné. Les sabots manucurés, et les sourcils, à l’image de ceux de son maître, épilés en courbe élégante. J’vous jure que je n’ai rien pris. Du moins pas ce mardi, jour où j’ai eu à vivre cette scène. Pas un brin de thé en sus de ma ration quotidienne. LUCIDE ! Arrivé plus bas, place Audin, place Maurice-Audin, place du Maréchal Lyautey pour la ch’tit fille du bachagha Bengana, je me suis attablé à une terrasse de café. Pour y prendre un café. Normal. Pour y reposer mes vieilles guibolles. Normal, là aussi. Mais aussi pour digérer. Digérer ce bélier de combat déambulant en laisse dans l’une des artères emblématiques de la capitale de la Dézédie. Et c’est là que j’ai réalisé un truc qui m’a encore plus dérangé que le mouton lui-même : les passants ne semblaient pas outre mesure choqués, interloqués ou même juste étonnés par ce passant à quatre pattes. Je crois que de cette histoire que l’on ne m’a pas rapportée, contée ou décrite, mais que j’ai vécue en live, c’est cette indifférence, cette passivité, cette accoutumance mortifère à la paranormal-activité ambiante qui m’a le plus «achevé». Je fume du thé et je reste éveillé, le cauchemar continue.
H. L.

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